Ça doit être cela, le poids de l'histoire. Quand les Anglais vont pénétrer dans un Wembley hystérique, escortés des folles attentes d'un Royaume qui, à force, n'y croyait plus, pour s'offrir le droit de jouer leur première finale internationale depuis 55 ans et la victoire lors de leur Coupe du monde, ici-même à Londres. Forcément, ils vont y penser, forcément, il faudra se battre contre la fatalité pour en venir à bout. La malédiction de ce fichu dernier carré de l'Euro, plafond de verre sur lequel les Three Lions se sont cognés en 1968 et en 1996, déjà à domicile et aux tirs au but, évidemment, face à l'Allemagne.

Angleterre 2021 et le modèle France 2018 : "Les Anglais ont réussi là où les Français ont échoué"

Est-ce que l'Angleterre, immense pays de foot mais sélection moyenne au regard de son palmarès et de son potentiel, est enfin guérie ? On ne le saura que dimanche, mais cette demie face au Danemark fait partie du processus. "On a vaincu tant de malédictions ou de barrières psychologiques que je sens que le groupe prend ça juste comme le prochain défi à relever", s'est avancé Gareth Southgate, sélectionneur d'une équipe gonflée par son sans-faute au premier tour, le triomphe contre la Mannschaft (2-0) en huitièmes, et la balade face à l'Ukraine (4-0) en quarts.
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Le Danemark, portrait-robot de l'empêcheur de tourner en rond

Difficile d'être encore aussi affirmatif que Southgate. Trop de fois, et la dernière en demi-finale face à la Croatie lors du Mondial 2018, l'Angleterre a échoué quand un boulevard se présentait devant elle. Cette fois, ce sont les Danois qui font figure à la fois d'immenses outsiders, et donc de parfaits empêcheurs de tourner en rond. Pas grand-monde n'aurait misé sur eux il y a deux semaines.

Un Euro inéquitable, des demi-finalistes (et surtout les Anglais) avantagés ?

Touché par le malaise cardiaque de son meneur Christian Eriksen au début de l'Euro, coulé par deux défaites initiales contre la Finlande et la Belgique, le Petit Poucet nordique s'est révélé au moment où ne l'attendait plus. Autant dire que tous les éléments sont réunis pour faire vivre une nouvelle désillusion aux sujets de sa Majesté.

Belle histoire vs grande histoire

D'autant que le Danemark a, depuis, semé du rêve par sa résilience et sa qualité de jeu. Et, en octobre, les Rouge et Blanc étaient venus dompter les Anglais (0-1) à Wembley en Ligue des nations. L'histoire danoise serait, elle, absolument inédite. Même s'ils ont déjà remporté un Euro à la surprise générale en 1992, jamais une équipe n'a atteint la finale après avoir perdu ses deux premiers matches et son meilleur joueur dans des conditions si dramatiques. "On n'oublie jamais d'où on vient. Nous allons continuer à être humbles, ce n'est donc pas un problème pour les joueurs de garder les pieds sur terre", a déclaré Kasper Hjulmand, celui qui a transformé une équipe ultra-défensive en machine à buts.

La joie de Gareth Southgate

Crédit: Getty Images

D'un côté la belle histoire, danoise, de l'autre la grande histoire, anglaise. Chacun devra gérer ses émotions pour aller au bout de ses idées et de son rêve dans un Wembley rempli aux trois-quarts, crise sanitaire oblige, et en très grande majorité par des supporters anglais. Finalement, 8 000 billets seront alloués aux Danois, d'après la presse locale. Le petit pays nordique compte sur ses expatriés, au nombre de 30 000 au Royaume-Uni, pour faire basculer cette demie et enfoncer l'Angleterre dans les tourments de son histoire.
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