A force de tweets aux hashtags sans équivoque (charbon, focus, working hard, never give up, ce-for), à force de gagner des Ligues des champions, à force de porter le Real Madrid sur ses épaules, on avait fini par le croire indestructible. C'était un peu vite oublier son histoire tourmentée avec l'équipe de France. Karim Benzema est revenu chez les Bleus après plus de cinq ans d'absence et après 264 minutes de jeu et quatre matches, il n'a toujours pas marqué. Soit sa plus longue disette de la saison. Tout ne s'est pas passé comme prévu. Tout ne pouvait pas se passer comme prévu. Pour tout un tas de raisons.
La première, la plus évidente sans doute, il a beau être entouré de la crème de la crème, son intégration ne se décrète pas en un claquement de doigt. Didier Deschamps a pris le risque de le rappeler juste avant le début de l'Euro et l'animation offensive reste aujourd'hui expérimentale. La seconde, l'avant-centre du Real Madrid a eu beau débarquer à Clairefontaine avec confiance et sérénité, il a été rattrapé par l'attente, immense, suscitée par son retour. Alors qu'on ne parle que de lui depuis un mois, Benzema s'applique presque trop à ne pas décevoir. Résultat, il déçoit.
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Benzema, le poids trop lourd du maillot bleu ? "On est loin du Benzema du Real"

Le maillot bleu plus lourd que le maillot merengue

Ce fut particulièrement saisissant face à la Hongrie. Au-delà de sa reprise ratée, qu'il aurait sans doute réussie dans un contexte moins pesant, il a peu apporté dans le jeu. Le maillot bleu est plus lourd à porter que le maillot merengue. Parce que sa première vie en équipe de France reste un souvenir contrasté entre jolies promesses, grandes attentes, longue disette et compétitions frustrantes (0 but à l'Euro en 30 tirs). Et que sa seconde doit lui permettre de se rabibocher avec sa sélection, laisser enfin un souvenir majestueux à condition de ne pas se rater, car le temps file.
Il fallait voir l'euphorie déclenchée par son but, finalement refusé par le VAR, à Munich pour comprendre la tension qui entoure sa situation. Tous ses coéquipiers, remplaçants compris, se sont jetés dans ses bras. Une attitude qui traduit tout autant l'ampleur du soulagement que la place de Benzema dans le groupe. Son intégration fait assez peu de doute. Souvent flanqué de Kylian Mbappé, Raphaël Varane voire Paul Pogba, le Madrilène est comme un poisson dans l'eau.

Karim Benzema (France)

Crédit: Getty Images

Le banc éroderait une confiance déjà atteinte

Ses coéquipiers, avant la compétition, sont venus au micro pour témoigner de leur admiration. Et désormais, ils le défendent bec et ongles contre le doute qui commence à poindre. De Lucas Digne ("Je ne sens personne affecté par ça, on connait tous sa qualité. Il fait énormément pour l’équipe.") à Antoine Griezmann ("Il ne doute pas. Il nous aide beaucoup dans la relation offensive. Quand le robinet sera ouvert, ça va couler. Il a l’appui du staff, des joueurs").
Deschamps lui a martelé sa confiance. A deux reprises : en conférence de presse d'après-match et le lendemain dans Téléfoot. "Karim a un poids qui est lourd malgré son expérience, son vécu. Il a une responsabilité, la même que Giroud il y a trois ans, a confié le sélectionneur. L’important, c’est qu’il a toute ma confiance et la confiance de l’intégralité du groupe." Un message fort aux conséquences inévitables. Malgré les prestations moyennes de Benzema, malgré l'enchaînement des matches et les chaleurs torrides, le Madrilène devrait débuter contre les Portugais.

Karim Benzema et Kylian Mbappé (France) face à la Hongrie

Crédit: Getty Images

Le rétrograder sur le banc ne ferait qu'éroder une confiance déjà atteinte. Et si Olivier Giroud venait à flamber contre les Portugais, la situation deviendrait particulièrement explosive. Didier Deschamps a décidé de faire confiance à Benzema. Il lui maintiendra tant qu'il pense que les Bleus en ont besoin. Difficile de se désavouer après deux matches mais la compétition ne fait pas de cadeau. Et Benzema serait bien inspiré de marquer mercredi sous peine de faire renaître de vieilles rengaines.
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