Invaincus mais déjà éliminés, voilà le drôle destin des Italiens dans cet Euro. Quatre ans après le dénouement de la finale de Rotterdam, la Squadra rêvait d'une éclatante revanche. Il ne lui reste, une fois de plus, que des regrets à ruminer. La victoire arrachée aux Bulgares aurait pu sauver l'Italie, mais le duel scandinave s'est soldé sur ce fameux score de 2-2 que tout le monde redoutait de l'autre côté des Alpes, puisqu'il condamnait les Azzurri, quoi qu'il arrive.

En une poignée de secondes, les hommes de Trapattoni sont donc passés d'une joie libératrice à une immense frustration. "Je ne peux pas y croire. Deux pays si fiers de leur fair-play qui font 2-2. Après le but de Cassano, je me suis tourné vers nos supporteurs pour célébrer le but et j'ai pu voir sur leur visage le résultat de l'autre match. C'est une très grande déception", confie le gardien Gianluigi Buffon, irréprochable tout au long de ce premier tour.

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Aigreur et déception

Inévitablement, l'aigreur s'est donc ajoutée à la déception. Elle est rarement bonne conseillère, mais les Italiens ne pouvaient s'empêcher de flairer une entourloupe. "Ce soir, on a vu que la célèbre sportivité nordique, c'est vraiment de la blague ", lâche Marco Di Vaio. "Quand j'ai appris que le Danemark menait 2-1, j'étais encore sur le banc et j'ai commencé à avoir peur ". Simone Perrotta, "très amer", préférait "ne pas trop parler" de crainte de dire des choses que, selon lui, il "pourrait regretter".

Alessandro Nesta, lui, s'en tenait à des critères purement sportifs. "Etre éliminés sans perdre un match, avec cinq points, cela me rend très amer. C'est difficile de terminer troisième du groupe derrière deux équipes moins fortes que nous", juge le défenseur du Milan AC. Moins fortes, vraiment? L'Italie s'est pourtant montrée incapable de mater les deux formations scandinaves sur le terrain. Et personne n'a autant peiné que la Squadra pour écarter une équipe bulgare pourtant déjà hors course.

"L'Italie ne peut s'en prendre qu'à elle-même"

En rejetant la faute sur les autres et la malchance, les Transalpins évitent de se regarder dans la glace. Une attitude déjà adoptée au soir de l'élimination face à la Corée du Sud en 2002. Le grand favori de l'Euro 2004 ne doit pourtant s'en prendre qu'à lui-même. A cette préparation mal négociée, que Buffon stigmatisait d'ailleurs il y a deux jours, sur ses problèmes offensifs récurrents, que la suspension de Totti n'a pas arrangé.

Il va maintenant falloir tourner la page, repartir avec un nouveau sélectionneur, de nouvelles têtes, car les trentenaires ne manquent pas dans cette équipe, de Vieri à Del Piero en passant par Cannavaro ou Panucci. Tous ne rempileront pas. Mais surtout, quoi qu'il arrive, l'Italie ne pourra se dispenser de faire enfin son auto-critique. On laissera le mot de la fin au co-sélectionneur suédois, Lars Lagerback, qui renvoit les déçus à leur propres responsabilités: "Qu'ils regardent la vidéo de notre match, ils verront que c'était un duel très dur. L'Italie, si elle est éliminée, ne peut s'en prendre qu'à elle-même ". Elle a pourtant du mal à l'accepter...

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