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Blanc défend les jeunes
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Publié 25/08/2010 à 10:09 GMT+2
Sur les ondes de France Inter, mercredi, Laurent Blanc a demandé à l'opinion d'être patiente avec les jeunes joueurs. Le sélectionneur a analysé les obstacles qui repoussent l'éclosion des jeunes talents et répété sa conviction qu'il était illusoire de repartir sans les sélectionnés qui ont fauté.
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Laurent Blanc, aujourd'hui sélectionneur de l'équipe de France, avait dans les 27 ans quand il est devenu titulaire indiscutable chez les Bleus. Zidane avait 23 ans quand il l'a vu effectuer ses premiers pas avec le coq en 1994. Sensiblement l'âge de Gourcuff, Ben Arfa, Benzema ou Nasri aujourd'hui. Au pied de son immense entreprise de reconstruction, pressé de questions sur la possibilité de partir à l'assaut de 2012 avec de jeunes joueurs, il a pris le temps, mercredi sur France Inter, d'expliquer qu'il ne fallait pas rêver. "Avec de jeunes joueurs, vous n'allez pas très loin, a-t-il déclaré. S'ils ont l'amour du maillot mais gagnent peu de match, ce n'est pas ma tasse de thé."
L'échec de Knysna et le retard dans l'éclosion de joueurs comme Ben Arfa, mûré depuis deux semaines dans un refus de s'entraîner, justifient à ses yeux de travailler sur les valeurs. "C'est emblématique de ce qui se passe dans la société et rassurez vous, ça se passe dans d'autres équipes. Au Portugal, ils ont les mêmes problèmes. Ce sont des jeunes qui passent de rien à tout. Il faut assumer. A cet âge-là, on fait beaucoup de bêtises. Vous en avez fait aussi (au journaliste), mais les vôtres n'étaient pas médiatisées. Eux, tout le monde le sait. Ce n'est pas pour les excuser, c'est pour comprendre. Des joueurs comme ça ne sont plus habitués à ce qu'on leur dise non. On leur dit oui ou peut-être. Si on leur dit non, ils vous regardent comme si vous étiez des ennemis. Alors, il faut du temps, des mots. Ce qui est préjudiciable en sélection, c'est qu'on n'a pas beaucoup de temps."
Les critiques? "Une réaction d'amour"
"Pour un jeune joueur, a poursuivi Blanc, ce n'est pas facile d'assumer ce statut de star. Ils n'ont pas forcément toutes les valeurs nécessaires pour le faire." C'est pourquoi le public reverra les Ribéry, Evra, Toulalan et autres grévistes du 20 juin en équipe de France, car la sélection ne saurait être un simple rassemblement d'apprentis. "Après ce qui s'est passé, on peut rompre (avec l'équipe précédente), c'est votre point de vue. Mais les supporters aiment la victoire. C'est aussi mon cas. Ce que les gens recherchent vis à vis de l'équipe de France, c'est certes un bon état d'esprit, certes des joueurs qui respectent le maillot, mais ils aiment aussi et avant tout la victoire. Or, elle ne peut être obtenue qu'avec les meilleurs joueurs. En Afrique du Sud, il y avait de bons joueurs, de bons jeunes joueurs, et il faut faire preuve, non pas de pardon, mais à 23 ans, on peut faire en sorte qu'après une erreur commise, un joueur puisse réparer son erreur."
Blanc a évacué d'un revers de la main une question sur l'intrusion de la culture des cités en équipe de France. "La cité c'est pas la France ? C'est quoi alors ?" Il assimile la pluie de critiques qui s'est abattue sur les Bleus après la Coupe du monde à une réaction passionnelle. "C'est une réaction d'amour. Plus ils sont choqués et plus cela veut dire qu'ils aiment. Les gens ne se reconnaissent plus dans l'équipe de nationale. Le foot est le sport le plus populaire, ils ont l'impression que l'équipe leur appartient alors qu'elle n'appartient à personne. Ils ont été déçus." Il a demandé aux médias de ne pas en faire des tonnes sur les règles qu'il a instaurées à son arrivée. "Il faut des valeurs pour jouer en équipe de France et dans la vie de tous les jours, et ce sont souvent presque les mêmes : le respect du copain, de l'entraîneur, du dirigeant grâce auquel vous êtes là. C'est une règle essentielle dans mon mode de fonctionnement. A la limite, ce n'est même pas des règles, c'est naturel". Blanc, particulièrement discret, au micro de la radio publique, sur la possibilité que les suspendus soient amnistiés, livrera demain jeudi sa liste pour France - Biélorussie (3 septembre) et Bosnie - France (7 septembre).
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