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Zidane, né un 12 juillet

Zidane, né un 12 juillet
Par Eurosport

Le 12/07/2008 à 10:30Mis à jour

Auteur de deux premiers buts de la victoire face au Brésil (3-0), Zinédine Zidane a connu sa consécration le 12 juillet 1998. Le numéro 10 de l'équipe de France a pris une autre dimension en ce jour historique pour devenir l'idole de tout un peuple et le

"C'est ton match, c'est à toi de jouer." En ce 12 juillet 1998, Laurent Blanc ne croyait pas si bien dire. Suspendu pour la finale de la Coupe du monde, le Président a glissé ces quelques mots à l'oreille de Zinédine Zidane, peu avant le match face au Brésil. Message reçu. A la mi-temps, le numéro 10 des Bleus avait déjà fait la différence. Par son talent, mais surtout par son respect des consignes d'Aimé Jacquet. "C'est lui qui m'avait conseillé d'aller faire un tour au premier poteau brésilien car il avait remarqué l'absence de défenseur, là, exactement", se souvient Zidane dans les colonnes de France Football. Lui, le joueur aux pieds en or, a fait plier le Brésil en deux coups de boule. Le premier, plein de rage, sur un corner parfait d'Emmanuel Petit, après une petite demi-heure de jeu. Le deuxième, plein de réussite, sur un coup de pied de coin plus tendu de Youri Djorkaeff, juste avant la pause. Le Brésil est à terre, les Bleus au septième ciel. Et Zidane sur un piédestal.

Jusqu'ici, le meneur de jeu tricolore avait juste failli être le héros malheureux de ce Mondial. Son expulsion lors du premier tour face à l'Arabie Saoudite, pour avoir piétiné un adversaire, lui avait coûté deux matches de suspension. Dont le huitième de finale si pénible face au Paraguay. Sans son maître à jouer, la France a piétiné à son tour jusqu'au but en or de Laurent Blanc, au bout de la prolongation. En or pour les Français, et en or pour "Zizou", de retour pour le quart de finale contre l'Italie. Il n'y a pas été plus décisif que lors de la demi-finale face à la Croatie. Son heure était pour plus tard.

"Un truc de fou"

Elle est venue en ce 12 juillet 1998. Après un Euro 1996 transparent, un début de carrière plutôt jalonné de places d'honneur que de succès, Zidane devient le héros de tout un peuple. Le symbole d'une France "black-blanc-beur", unie derrière une équipe dont il est l'inspiration, la star. Mais une star discrète. Toujours enclin à mettre le collectif en avant, jamais bavard face aux médias, le fils d'immigrés algériens kabyles n'en renvoie pas moins un certain charisme. Et devient la personnalité préférée d'une France qui ira même jusqu'à scander "Zizou président" au soir de cette victoire historique face au Brésil.

Zidane est né le 23 juin 1972, "Zizou" le 12 juillet 1998. Il était déjà considéré comme l'un des meilleurs joueurs du monde, sinon le meilleur, il évoluait déjà dans un grand club à la Juventus, avec lequel il avait déjà été sacré champion d'Italie. Mais la finale de la Coupe du monde restera à jamais SA consécration, celle qui l'a propulsée au rang d'icône du football et de la France. "Après cette finale contre le Brésil vue par plus de trois milliards d'habitants, ce n'était plus pareil, je n'étais plus le même, forcément. Moi, je n'avais pas changé, mais on me regardait différemment. Ça fait presque peur, en vérité. Quand tu te dis qu'une personne sur deux sur terre t'a vu, c'est presque un truc de fou et ça change bien des choses", reconnaît-il lui même. En l'espace de 90 minutes, Zidane est devenu l'idole de tout un peuple et le grand joueur qu'il aspirait à être. Laurent Blanc ne s'était pas trompé: c'était vraiment son match.

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