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Pas très claire, la Juve
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Publié 05/05/2006 à 10:20 GMT+2
Proche d'un nouveau sacre en Championnat d'Italie, la Juventus Turin se retrouve dans l'oeil du cyclone après la publication dans la presse de conversations téléphoniques embarrassantes entre son directeur général Luciano Moggi et un responsable de l'arbi
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L'étalage depuis plusieurs jours au grand public de retranscriptions d'écoutes téléphoniques ordonnées par la justice en 2004 met notamment en lumière les relations de complicité entre Luciano Moggi, un des hommes les plus puissants du Calcio, et Pierluigi Pairetto, ancien arbitre chargé à l'époque de désigner les hommes en noir pour les rencontres. A plusieurs reprises, Luciano Moggi, 68 ans, indique ses préférences pour des matches amicaux préparatoires à la saison 2004/2005 et Pierluigi Pairetto laisse entendre qu'il fera son possible.
Mais les discussions concernent également des confrontations de la Ligue des Champions 2004/2005, notamment un tour préliminaire où les Turinois affrontent avec succès les Suédois de Djurgarden en match aller-retour en août 2004, puis une rencontre de la première phase, où la Juventus l'emporte 1-0 à Amsterdam, sur le terrain de l'Ajax, en septembre de la même année. Quelques jours avant ce match, M. Pairetto, à l'époque également vice-président de la Commission arbitrale de l'UEFA, fait savoir à M. Moggi qu'il a " mis un grand arbitre pour la partie d'Amsterdam", en l'occurrence le Suisse Urs Meier. "C'est génial", répond alors le directeur général de la Juventus, qui promet à son interlocuteur de ne "pas l'oublier".
Avec rapidité
Ces conversations, publiées notamment par le quotidien sportif de référence La Gazzetta dello Sport et Il Corriere della Sera, n'ont pas permis à la justice d'établir un délit de corruption et le parquet de Turin a classé l'affaire il y a plusieurs mois, mais l'épais dossier de 272 pages a été transmis à la Fédération italienne de football (FIGC) qui a décidé d'ouvrir sa propre enquête. Son président, Franco Carraro, n'a pas caché son agacement vendredi matin, à un mois de la prochaine Coupe du monde, où l'Italie figure parmi les favoris. "Je suis dans le même état d'esprit que des millions de supporteurs, qui sont troublés, tristes et en colère", a-t-il déclaré, avant de promettre: "la justice sportive agira avec sérieux, rapidité, sérénité et rigueur ".
La Juventus Turin, dont les joueurs observent un silence radio rigoureux à deux jours d'un possible 29e sacre en Championnat, s'est défendue vendredi par le biais de son administrateur délégué Antonio Giraudo, selon qui "une analyse objective de la documentation fait ressortir une absence d'irrégularités ". Mais pour beaucoup d'observateurs, l'affaire illustre une nouvelle fois les maux profonds de la Serie A, entrevus par exemple l'été dernier lors d'une affaire de corruption qui avait conduit le club de Genoa de la 1re à la 3e division, où plus récemment avec la mise en examen d'Alessandro Moggi, fils de Luciano Moggi et président de la puissante société d'agents de joueurs GEA, soupçonné de "concurrence déloyale".
"C'est un changement de culture qu'il faudrait, mais je ne sais pas s'il existe la volonté", a commenté l'ancien meneur de jeu de l'AC Milan et premier Ballon d'or italien (1969) Gianni Rivera, aujourd'hui député européen de centre-gauche. Selon lui, les écoutes téléphoniques qui font trembler ces jours-ci l'univers du Calcio sont "une preuve de ce que tout le monde a toujours pensé, mais personne n'a jamais voulu appronfondir parce qu'il n'y avait pas d'intérêt, pas de volonté".
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