"Je suis innocent", clame l'ex-médecin de Maradona, accusé au procès sur sa mort

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"Je suis innocent", a clamé jeudi l'ancien médecin personnel de Diego Maradona, entendu pour la première fois au procès de sept membres d'une équipe médicale sur les circonstances de la mort, en 2020, de l'idole argentine du football. Accusé d'avoir délaissé le joueur et de négligences, le docteur a tenté d'écarter sa responsabilité dans les décisions qui ont amené le décès du champion du monde.

Neuer Prozess um Maradona-Tod beginnt in San Isidro

Crédit: SID

Depuis mardi se tient à San Isidro, à côté de Buenos Aires, le procès de groupe de professionnels de santé accusés d'avoir entraîné la mort de l'idole argentine de football Diego Maradona, en le 25 novembre 2020. Ces sept praticiens (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) comparaissent pour "homicide avec dol éventuel", autrement dit négligences commises en sachant qu'elles peuvent entraîner la mort. Ils encourent entre 8 et 25 ans de prison.
Tous nient une responsabilité dans la mort du joueur, se retranchant pour la plupart derrière leur spécialité, leur rôle segmenté. Voire renvoyant la responsabilité sur les autres. "Je veux dire que je suis innocent, et que je regrette profondément sa mort", a déclaré ce jeudi le neurochirurgien Leopoldo Luque, l'un des principaux accusés et médecin personnel du joueur.

Un témoin attendu

C'est la première fois que l'homme de 44 ans, est entendu au procès, y compris au premier, avorté en 2025 après plus de deux mois, 20 audiences, 44 témoins entendus, sur fond de scandale : une des trois juges, avait, à l'insu de tous, collaboré à la production d'une série documentaire sur l'affaire, avec elle-même en vedette.
Dans un bref exposé de 30 minutes, Luque a défendu jeudi, comme d'autres accusés, la thèse d'une mort naturelle et d'une certaine façon inéluctable de Diego Maradona. "Le diagnostic révélé par l'autopsie (est) une insuffisance cardiaque chronique avec cardiomyopathie dilatée, qui s'est décompensée, et aggravée par l'absence de traitement", a-t-il déclaré citant une des expertises. Insuffisance cardiaque "associée à des substances toxiques", a-t-il souligné. "Je ne viens pas dire ce que je pense, je viens dire ce qui est écrit", a insisté le praticien.

Une convalescence "cruelle, lapidaire", selon le procureur

Pour rappel, Maradona est décédé à 60 ans, le 25 novembre 2020, d'une crise cardiorespiratoire couplée à un oedème pulmonaire, seul sur son lit d'une résidence privée, louée, où il était en convalescence après une neurochirurgie sans complication pour un hématome à la tête.
Au début de ce deuxième procès mardi, l'accusation a annoncé qu'elle démontrerait que la convalescence de Maradona a été "cruelle, lapidaire, dépourvue de tout". Et que l'équipe médicale a "décidé de ne pas écouter de multiples alarmes", et a "abandonné Diego Maradona à son sort, le condamnant à mort", a lancé le procureur Patricio Ferrari. En tant que médecin personnel de l'ancien Napolitain, proche de lui durant les toutes dernières années de vie, Leopoldo Luque a été pointé du doigt lors du premier procès par plusieurs témoignages, comme l'un des principaux décisionnaires dans l'entourage de la star.

Les circonstances du décès en question

Luque a lui rappelé que ce n'est pas lui, pourtant neurochirurgien, qui avait opéré Maradona pour son hématome à la tête. Et qu'il n'était pas médecin de Maradona en 2007, moment à partir duquel "il n'a plus reçu aucun traitement cardiaque" pour sa pathologie. Le médecin a aussi pris ses distances avec le choix de l'hospitalisation à domicile, une décision à l'époque prise en accord entre l'équipe médicale et la famille, dans des conditions aujourd'hui contestées. "Sur l'hospitalisation à domicile, j'ai dit explicitement que j'étais neurochirurgien. Je n'étais pas médecin clinicien, ni psychiatre, ni psychologue", a-t-il souligné.
Il a enfin contesté le scénario d'une agonie d'environ 12 heures de Maradona, évoquée par des médecins légistes et reprise par l'accusation. Incompatible selon lui avec les causes de la mort. "Je suis absolument certain que cela ne s'est pas produit", a-t-il affirmé. Le procès, à raison de deux audiences par semaines, pourrait s'étaler sur trois mois.

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