La disparition d'une légende : Franco Baresi est mort à 66 ans
Par Laurent Vergne
Mis à jour 31/07/2026 à 10:49 GMT+2
C'est une immense figure du football italien et mondial qui vient de s'éteindre. Franco Baresi, un des plus grands défenseurs centraux de l'histoire du jeu, s'est éteint à l'âge de 66 ans. Il était malade depuis plusieurs mois. Il fut l'un des piliers du grand Milan des années 80, sacré champion d'Europe en 1989, 90 et 94, et avait longtemps porté l'équipe d'Italie.
Franco Baresi, légende de l'AC Milan, est décédé.
Crédit: Getty Images
Comme il se doit, c'est son club de toujours qui a annoncé la triste nouvelle. Franco Baresi est indissociable du maillot rouge et noir et l'AC Milan et ce vendredi matin, c'est institution lombarde qui a annoncé au monde la disparition de ce joueur de légende. "Le Milan pleure la disparition de Franco Baresi qui restera à jamais, tout comme son maillot numéro 6, une part indissociable et fondamentale de l'ADN et de l'histoire du club", écrit l'AC Milan, dont il était devenu le vice-président honoraire en 2020.
Il n'avait que 66 ans et il en avait passé une vingtaine avec chez les Rossoneri, de ses débuts en 1977 jusqu'à sa retraite en 1997, au terme d'une carrière exceptionnelle, avec son club comme avec la Nazionale, même si, avec celle-ci, il lui aura manqué une consécration collective. Mais sa trace dans le football transalpin, et même au-delà, restera difficilement égalable, tant il fut l'incarnation d'une forme d'élégance, de classe même, celle qu'il emporte avec lui, et une des références absolues au poste de défenseur central.
Au Milan, des années sombres au toit de l'Europe
Il y a tout ce que les statistiques et les lignes de palmarès disent de sa carrière, même si elles ne parviendront pas tout à fait à en dévoiler l'essentiel. Mais Franco Baresi, fidèle jusqu'au bout à l'AC Milan, détient le record du nombre de matches joués avec les Rossoneri (719). En deux décennies, il a conquis six fois le titre de champion d'Italie, ainsi que trois Ligues des champions et deux Coupes intercontinentales. Sous le maillot de l'Italie, il a honoré 81 sélections, jusqu'à une fin frustrante, cruelle même, puisque sa carrière internationale s'est achevée par une défaite en finale de la Coupe du monde, en 1994, face au Brésil.
Au Rose Bowl, ce jour-là, il fut pourtant immense. Peut-être un de ses plus grands matches, alors qu'il se remettait tout juste d'une blessure à un genou. À 34 ans, la consécration ultime semblait enfin l'attendre, avant de se dérober lors d'une séance de tirs au but dont il restera un des héros malheureux, ratant sa tentative, tout comme Daniele Massaro et Roberto Baggio. Après la demi-finale perdue à domicile quatre ans plus tôt face à l'Argentine, également aux tirs au but, ce fut une nouvelle et dernière désillusion.
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Finale de la Coupe du monde 1994 : Claudio Taffarel, le gardien brésilien, console Franco Baresi après son tir au but manqué.
Crédit: Getty Images
Il avait repensé son poste
Mais la victoire a souvent fait partie du destin de Franco Baresi. Avec l'AC Milan, ce club qui l'avait accueilli après qu'il fut refusé par… l'Inter, qui lui avait préféré son frère, Giuseppe, il aura tout connu. Un premier scudetto, très tôt, en 1979, puis les années sombres avec la double relégation du club suite à l'affaire du Totonero. Il aurait pu partir, aller voir ailleurs et développer son talent naissant, mais il choisit de rester, tissant avec les supporters rossoneri un lien affectif pas tout à fait comme les autres.
Viendront ensuite les années de gloire, après la reprise en main par Silvio Berlusconi. Sous la houlette de Arrigo Sacchi, Baresi atteint une plénitude dans son expression footballistique à partir de la seconde moitié des années 80, laquelle se confond avec un sommet collectif. Aux côtés d'Alessandro Costacurta en défense centrale, sans oublier Paolo Maldini, Carlo Ancelotti, Roberto Donadoni et bien évidemment la triplette hollandaise Rijkaard – Gullit - Van Basten, Milan devient le grand Milan et conquiert l'Europe. Un premier sacre en 1989, le doublé l'année suivante puis un troisième en 1994, avec une équipe différente, mais toujours avec le référent Franco et son inamovible numéro 6.
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Toute la classe de Franco Baresi.
Crédit: Imago
La partie rouge et noire de la capitale lombarde, mais sans aucun doute l'Italie dans son entièreté, pleure donc aujourd'hui ce monument. Il était un libero dans l'âme, ce poste qu'il a repensé et redessiné, l'extirpant du carcan trop rigide et presque caricatural des schémas italiens du début des années 80. Bon technicien, manieur de ballon qui ne rechignait pour autant jamais à la dimension physique de ses attributions, il savait tout faire et il y ajoutait cette maestria et ce style qui confèrent à certains joueurs une beauté naturelle qui ne s'apprend pas.
Il y a quasiment un an jour pour jour, Franco Baresi avait été opéré d'un nodule aux poumons. Depuis, Milan vivait dans la crainte d'une annonce devenue peu à peu inéluctable. Après un lourd traitement, il était réapparu publiquement un soir d'automne à San Siro. Là, la clameur et l'hommage furent à la hauteur des souvenirs, de sa stature et de son legs.
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