Clasico Real - Barça I Jude Bellingham, 0 but depuis l'arrivée de Kylian Mbappé : une victime collatérale au Real Madrid
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 26/10/2024 à 08:35 GMT+2
Jude Bellingham n'a toujours pas trouvé le chemin des filets depuis le début de la saison, après avoir brillé dans la finition lors de sa première année au Real Madrid, qui affronte le FC Barcelone samedi pour le Clasico (21h). Un phénomène qui peut s'expliquer par plusieurs raisons. Mais qui semble surtout étroitement lié à l'arrivée de Kylian Mbappé dans la capitale espagnole l'été dernier.
Et si c'était de nouveau le match de l'année ?
Video credit: Eurosport
C'est une image à laquelle on était habitué. Mais on ne l'a plus vue depuis le 14 mai dernier. Ce jour-là, Jude Bellingham avait participé au carton passé par le Real Madrid à Alavés (5-0), en inscrivant le 23e et dernier but de sa première saison merengue. Il l'avait fêté à sa manière, en écartant les bras. Une célébration devenue iconique que les supporters du Real n'ont plus eu l'occasion d'admirer depuis cette soirée. Jude Bellingham attend toujours de trouver les filets cette saison. Alors qu'il totalisait déjà 10 réalisations à ce stade de l'exercice l'an passé.
Le contraste est trop saisissant pour ne pas alimenter les conversations dans la capitale espagnole. Carlo Ancelotti a été invité à le commenter lundi, à la veille du rendez-vous avec le Borussia Dortmund en Ligue des champions, où Bellingham est resté muet malgré le festival offensif merengue face à son ancien club (5-2). "Il n’a pas marqué autant de buts que l’année dernière, mais c’était une bonne surprise l’année dernière, a souligné l'entraîneur madrilène à la veille du match. Les buts de Bellingham ne nous manquent pas, nous avons des joueurs très talentueux devant nous."
Un positionnement pas vraiment défini
Parmi les talents en question, il y a Kylian Mbappé. L'arrivée de l'attaquant français a considérablement changé la donne, pour le Real en général, et pour Bellingham en particulier. L'intégration de l'ancien Parisien dans le onze type, conjugué au départ de Toni Kroos, a obligé Ancelotti à repenser le collectif madrilène de manière globale. Et à repositionner Bellingham. La saison passée, l'Anglais évoluait dans une position axiale, entre le milieu et l'attaque, avec une liberté totale pour se projeter vers l'avant. Il se retrouvait ainsi régulièrement dans la zone de vérité.
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Extraits de l'entraînement du Real, à la veille de la réception de Dortmund
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Ce n'est plus le cas cette saison. Bellingham joue plus bas, sans que son positionnement ne soit encore totalement défini. Ancelotti l'a aligné régulièrement relayeur côté gauche dans un 4-3-3 sans parvenir à trouver l'équilibre recherché, Mbappé et Vinicius Jr. occupant régulièrement ce flanc. Face au Celta Vigo (1-2), l'Anglais a ainsi été décalé vers la droite. "Je l’ai mis à droite parce que je pensais qu’il aurait plus d’espace pour venir depuis le milieu, a expliqué Ancelotti lundi. Nous allons continuer avec cette ligne puisque Mbappé aime entrer par la gauche. Avec Rodrygo et Bellingham à droite, nous pouvons être aussi efficaces qu’à gauche."
Le contraste des chiffres
Face à Dortmund, Bellingham a plutôt évolué dans l'axe du milieu de terrain, un cran devant un duo Valverde-Modric et en soutien du trio Vinicius-Mbappé-Rodrygo. Sans vraiment afficher l'impact offensif qu'on lui connaissait. L'Anglais était l'individualité forte du Real avec Vinicius Jr. la saison passée, au sein d'une équipe qui a dominé l'Europe. Mais c'est bien à lui de s'adapter depuis l'arrivée du Français. Bellingham l'avait senti venir. "Ça ne me dérange pas de jouer plus bas, disait-il à la mi-août, avant la Supercoupe d'Europe remportée face à l'Atalanta (2-0). C’est plus facile de marquer quand on est plus proche de la surface, mais je vais devoir m’habituer à ce rôle."
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Avec Yamal, l’Espagne a son cas Mbappé
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Les chiffres traduisent ce processus d'adaptation à ce nouveau rôle de manière assez criante. En Liga, non seulement Bellingham frappe moins (2,41 tirs de moyenne la saison passée contre 1,53 cette saison), mais en plus il frappe de plus loin (12,8 mètres du but en moyenne la saison passée contre 17,37 cette saison). Sa moyenne a chuté en conséquence aux "expected goals", passant de 0,43 la saison passée à 0,07 cette saison. Le contraste par les stats est saisissant. Dans la finition, il avait un impact maximal lors de sa première année au club, quasiment minimal depuis le début de la deuxième.
"Il se bat, il se sacrifie…"
Il fait peu de doute que Bellingham a été exceptionnellement prolifique pour sa première saison au Real. Une baisse de rendement dans ce domaine était ainsi prévisible. L'Anglais a aussi connu une blessure musculaire en début de saison qui l'a tenu écarté des terrains pendant un mois, ce qui explique en partie le phénomène. Mais il semble surtout être une victime collatérale de l'arrivée de Kylian Mbappé, l'individualité offensive sacrifiée pour faire place nette au Français. "L'année dernière, il était crucial pour Bellingham de marquer des buts parce que nous avions perdu Karim (Benzema), a souligné Ancelotti vendredi en conférence de presse. Cette année, ce n'est pas nécessaire..."
Bellingham a endossé un autre costume et doit désormais maintenir l'équilibre collectif du Real. S'il peut légitimement être frustré de voir son compteur bloqué à zéro but, l'Anglais n'en prend pas moins ses nouvelles responsabilités à bras-le-corps. "Nous sommes satisfaits de son travail, a assuré Ancelotti. Il travaille dur. Il est compétitif, il se bat, il se sacrifie… Pour nous, c’est le travail qu’il fait qui est le plus important, pas les buts." Un labeur essentiel à l'heure de défier un Barça en pleine bourre. Ce Barça face auquel il avait tant brillé la saison passée, inscrivant le but de la victoire dans le temps additionnel à l'aller (1-2) comme au retour (3-2). C'était le temps du "Bellingtime". Il paraît bien loin à l'heure des retrouvailles.
(Stats : fbref.com)
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