Florentino Pérez, ou comment le Real Madrid a perdu la boule au crépuscule d'une nouvelle saison blanche
Eurosport sur GoogleAlors qu'il avait convoqué en urgence la presse espagnole pour une longue intervention, Florentino Pérez, le président du Real Madrid, a parlé de tout, sauf du sportif. Avec des piques dans tous les sens, souvent mal senties, voire parfaitement déplacées. Le point d'orgue de longues semaines où l'extra-sportif rythme la vie d'un Real sans boussole et sans trophée avant d'affronter Oviedo (21h30).
"En interne, ils sont nombreux à vouloir voir Vinicius partir"
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Chut, le patron va parler. Dans la salle de presse du Real Madrid, une grosse quarantaine de journalistes étaient amassés, mardi, pour entendre l'avis du maître de maison, Florentino Pérez, venu parler aux médias à la surprise générale. Tous ont été convoqués en urgence, sans motif précis, et avec beaucoup d'attentes. Entraîneur ? Départ ? Stratégie ? Alors que son Real pique sa crise, que ses joueurs se cognent, qu'ils ne gagnent plus, qu'une partie de la presse ibérique l'imagine fatigué, démissionnaire, voire atteint d'un cancer – ce qu'il s'apprête d'ailleurs à démentir –, Florentino Pérez va, doit répondre. Tout le monde l'attend. Et puis, rien.
Plus d'une heure pour dire : rien. Allez, presque rien. Si ce n'est que les récentes lectures de Florentino Pérez à son sujet, dans la presse espagnole, l'avaient fâché, long scrolling sur son iPhone à l'appui, même devant l’auditoire. Et que par conséquent, puisqu'il est fâché, et qu'il se sent attaqué, il place son propre destin entre les mains des socios en convoquant une élection présidentielle, à laquelle il se porte d'ores et déjà candidat. On attendait l'arbitre, on n'a trouvé qu'un sniper mal inspiré.
Vers une nouvelle saison blanche
Pérez, à la déception générale, n'avait pas l'intention de "parler du sportif". Et pour cause, à l'entendre, todo bien de ce côté-là. Certes, le président "partage la frustration que cette année nous n'ayons rien été capables de remporter." Mais, tout de même, laissons-le "rappeler que sous (s)a présidence, le Real a remporté 66 titres en football et en basketball". Les suiveurs de l'Euroligue apprécieront. Disons, quasi todo bien, alors ?
Comme rarement, et de toutes parts, pourtant, le Real pique sa crise. Sur le terrain, d'abord, en cette fin de saison terne où il s'est arrêté face à un Bayern électrique dès les quarts de C1, et qu'il n'a plus été un rival crédible pour le FC Barcelone, titré en Liga, depuis de longues semaines. Mais en-dehors, surtout. Et dans la presse, oui. Puisque c'est là que s'y informent ses supporters.
Je ne sais même pas si elle y connaît quelque chose en football
Au moins, Florentino Pérez n'a pas totalement occulté le sujet du mauvais jeu de poings entre Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde, qui a envoyé le second à l'hôpital, tout de même. Réponse du président : "Je trouve ça très mal, mais le fait qu'ils l'aient rendu public est encore pire. Je suis ici depuis 26 ans, et il m'est toujours arrivé qu'au moins deux ou quatre joueurs en viennent aux mains. Mais ça reste en interne. Ceux qui ont évoqué l'affaire le font parce qu'ils sont mécontents et qu'ils craignent d'être licenciés. [...] Je ne vais pas tolérer le chaos que certains ont essayé de créer." Le pugilat avait valu 500.000 euros d'amende à chacun des deux protagonistes.
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Arbeloa sur Valverde et Tchouaméni : "Je suis très fier d'eux"
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Pour se défendre face audit "chaos" que certains souhaiteraient propager, Florentino Perez a choisi deux méthodes. D'abord : l'attaque. Contre la presse, surtout, qu'il a accusée de déstabilisation, en ciblant plusieurs médias et journalistes, dont Maria Jose Fuenteleamo, d'ABC, citée simplement comme "une femme" en ces termes : "Je ne sais même pas si elle y connaît quelque chose en football". Quelques minutes plus tard, il incitait une autre journaliste à l'interroger : "laissez la fille parler. Vous, les autres, êtes tous si moches".
Quelques journalistes regroupés qui, je suppose, viennent de l'Atlético
D'ailleurs, si la presse le critique, c'est peut-être qu'elle a prêté allégeance à un rival, qui sait ? "La propriété (du Real Madrid, NDLR) appartient aux socios, pas à quelques journalistes regroupés qui, je suppose, viennent de l'Atlético", a lancé Pérez. L'ennemi rojiblanco s'est empressé de lui répondre avec une teinte d'ironie sur X : "'Atleti, Atleti, Atleti…' Définition d'obsession : trouble mental produit par une idée fixe."
Et puis, la diversion : des ennemis, tapis "dans l'ombre", voudraient le voir partir, voire le remplacer. Seule mentionnée, une personne avec "un accent mexicain", qui "parle avec des entreprises d'électricité", en référence sans doute à Enrique Riquelme, président de l'entreprise Cox Energy et socio de longue date, qui avait dit en 2021 souhaiter "tenter sa chance" un jour à la présidence du Real Madrid. Offensé, Florentino Pérez a promis de convoquer des élections, et de s'y présenter, lui qui n'a plus lâché son fauteuil de président depuis 2009, et qui avait été réélu sans opposition en janvier 2025.
À défaut de glaner un titre, puisqu'ils lui échappent tous, n'en déplaise à Kylian Mbappé – "Qu'est-ce qu'une saison blanche ?", disait-il le 7 juin 2025 –, Florentino Pérez va donc tenter de remporter une élection. Ce serait déjà ça. Mais ça ne résoudra pas l'équation Arbeloa, qui s'éloigne chaque jour un peu plus du banc, ni de celle, plus globalement, d'un vestiaire divisé et sans éclat, qu’il faudra recomposer. Pour ça, sans doute, on verra plus tard.
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Real Madrid
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Real Oviedo
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