Liga I Athletic Bilbao - Real Madrid I Xabi Alonso, la médiocrité ne lui sera pas longtemps pardonnée

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Ses premiers mois étaient plutôt encourageants, le dernier beaucoup moins. Xabi Alonso peine à imprimer son style sur un Real Madrid qui a cédé la tête de la Liga avant un déplacement délicat à Bilbao mercredi (19h). Le club merengue semble toujours aussi dépendant de ses individualités, à commencer par Kylian Mbappé. Et l'impatience commence à gagner la capitale espagnole.

"Dans la presse madrilène, la question est : ‘qu’est-ce que fait Xabi Alonso?’ "

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Ce n'est pas facile de succéder à un monument. Carlo Ancelotti en est un, et Rafael Benitez en avait fait la douloureuse expérience. Nommé entraîneur du Real Madrid en juin 2015, le technicien espagnol n'avait duré que six mois, avant de céder sa place à un certain Zinedine Zidane. Dix ans plus tard, Xabi Alonso a lui aussi pris la succession de l'entraîneur italien, dans un contexte différent. Sur ses premiers mois, il ne semblait pas voué à vivre le même destin que Benitez. Mais sur les dernières semaines, c'est beaucoup moins net.
Son Real s'est offert une petite crise de novembre. Personne ne l'avait vraiment vu venir. Le club merengue avait en effet démarré le mois de la meilleure des manières avec une victoire éclatante contre Valence (4-0), certainement sa prestation la plus aboutie cette saison. Alonso affichait alors un excellent bilan quasiment irréprochable avec 13 victoires pour une seule petite défaite – marquante - dans le derby contre l'Atlético (5-2). Cela n'avait pas empêché son équipe de prendre le pouvoir en Liga, avec cinq points d'avance sur le Barça à l'issue de la 11e journée.

Un mois de contrariétés

Mais depuis cette démonstration contre Valence, le Real n'a plus mis les pieds à Santiago-Bernabeu, pour cause de NFL notamment. Loin de l'écrin madrilène, il a quasiment perdu toute sa superbe. L'équipe de Xabi Alonso n'a remporté qu'un seul de ses cinq derniers matches, un succès court mais spectaculaire sur le terrain de l'Olympiakos (3-4). Elle a subi la loi de Liverpool à Anfield (1-0) en Ligue des champions, et concédé trois nuls face au Rayo Vallecano (0-0), Elche (2-2) et Gérone (1-1), cédant la tête du classement au Barça pour conclure novembre par la pire des contrariétés.
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Un mois à l'échelle madrilène, c'est une éternité. Un temps largement suffisant pour remettre en cause tout un projet. Confier le banc merengue à Xabi Alonso en était un, particulièrement ambitieux tant son style contraste radicalement avec l'approche pragmatique de Carlo Ancelotti. Avec l'Espagnol, le Real a fait le pari du jeu. Celui qui a fait la gloire de son ancien milieu de terrain au Bayer Leverkusen, avec une véritable identité collective, une volonté constante d'agresser l'adversaire pour pratiquer un football résolument tourné vers l'offensive.

Son Real n'a pas progressé

C'est tout le problème auquel Xabi Alonso est confronté. La mise en place de sa philosophie de jeu exige du temps et il s'en était donné jusqu'au mois de novembre. Même si son impact sur les bons résultats de son équipe jusque-là restait limité. Ils étaient surtout liés à la forme étincelante de Kylian Mbappé. Cela s'est d'ailleurs confirmé sur la seule victoire des Madrilènes sur leurs cinq dernières sorties, avec le quadruplé du Français face à l'Olympiakos.
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Il y avait, malgré tout, un début d'esquisse du projet, déjà dessiné l'été dernier au Mondial des clubs. Une ébauche, dans le pressing haut notamment, à travailler pour faire de ce Real une équipe dépendante de son collectif plutôt que de ses individualités. La dynamique de victoire donnait un contexte favorable à Xabi Alonso. La spirale de résultats négatifs sur le mois de novembre a eu l'effet inverse. Elle laisse clairement l'impression d'un Real qui n'a pas progressé depuis l'arrivée du technicien espagnol.

Une seule option pour durer

Xabi Alonso en est certainement le premier conscient. Il a tenté des changements tactiques, comme le passage à une défense à trois centraux face à Elche. Un choix qu'il a lui-même désavoué avec un triple changement avant l'heure de jeu pour revenir à une ligne arrière à quatre éléments. Il a ensuite modifié l'organisation de son entrejeu face à l'Olympiakos, puis face à Gérone. Sans vraiment parvenir à hausser le niveau collectif de son équipe. Il semble juste sans solution pour exploiter le potentiel de son effectif.
C'est le constat du moment mais il n'est pas définitif. Xabi Alonso connaissait le défi qu'il devait relever en posant ses valises à Madrid. Sa réussite passe invariablement par sa capacité à faire adhérer ses joueurs à sa méthode, à transposer son plan de jeu avec les éléments dont il dispose. C'est sa seule option pour durer. L'Espagnol n'a pas encore échoué. Mais il sait que la patience est une denrée bien trop rare à la Maison Blanche pour laisser son équipe s'enfoncer dans la médiocrité. Benitez peut en témoigner.
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