Liga I Real Madrid - FC Valence (11e journée) I Même ailier droit : Eduardo Camavinga, performant partout mais titulaire nulle part
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 01/11/2025 à 19:35 GMT+1
Un poste de plus à sa collection. Eduardo Camavinga s’est distingué dans un nouveau rôle d’ailier droit lors du Clasico remporté dimanche dernier par le Real Madrid face au FC Barcelone. Une preuve supplémentaire de la polyvalence du Français, prisée par Xabi Alonso. Sans que celui puisse lui garantir, comme en équipe de France, ce statut de titulaire auquel il aspire depuis longtemps.
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Il l’a pris avec humour. "Nouveau poste débloqué. Ailier droit". C’était le message posté par Eduardo Camavinga après la victoire du Real Madrid contre le FC Barcelone dans le Clasico dimanche soir (2-1). Le milieu français avait déjà été trimballé un peu partout sur le terrain depuis le début de sa carrière, un peu contre son gré d’ailleurs. Mais encore jamais dans ce rôle. Il a préféré en sourire. Le Barça, lui, n’a pas du tout rigolé tant l’ancien Rennais lui a causé des difficultés.
Le coup tactique de Xabi Alonso a parfaitement fonctionné. Camavinga a affiché une maîtrise assez bluffante à un poste inédit pour lui, sur le côté droit, entre le milieu et l’attaque. Avec un travail offensif auquel il n’est pas habitué pour compléter une masterclass dans un rôle hybride où il a surtout équilibré le collectif madrilène. "Nous avons joué avec des joueurs capables d'occuper différents postes grâce à leur dynamisme, soulignait l’entraîneur madrilène après le match. Toute l'équipe a réalisé un excellent match, mais Eduardo a été exceptionnel."
"Dépanner oui, sur la durée non"
Le terme n’est pas forcément galvaudé. La prestation de Camavinga contre le Barça n’en a été qu’une preuve supplémentaire. L’ancien Rennais cumule des qualités à la fois physiques, techniques et tactiques qui lui permettent de s’adapter aux postes les plus différents en affichant un haut niveau de performance. Que ce soit dans l’axe ou sur un côté, au milieu, sur le flanc gauche de la défense, et donc même sur l’aile droite. Avec lui, la polyvalence semble toujours davantage poussée à l’extrême. Pour le plus grand bonheur de ses coaches.
Pas totalement pour le sien, ce n’est pas nouveau. Le débat autour de son repositionnement comme arrière gauche en est le parfait symbole. Performant à un poste où Carlo Ancelotti l’avait aligné 28 fois, et auquel il a également évolué en équipe de France, Camavinga ne manque jamais de rappeler ce qu’il est, un milieu. "Vous allez me poser une question sur le poste de latéral gauche ?", avait-il lancé en riant dans une interview à Téléfoot au début du mois. "S’il faut jouer à certains postes pour dépanner oui. Mais sur la longue durée non. Latéral gauche non, milieu oui."
"Il y a des projets individuels, et il en fait partie"
Xabi Alonso ne l’a pas (encore ?) utilisé comme arrière gauche, où Alvaro Carreras s’est remarquablement imposé depuis son arrivée l’été dernier. Mais le problème reste entier pour Camavinga. Au Real comme en équipe de France, il ne parvient pas à s’imposer comme un titulaire au milieu, son poste de prédilection. Encore davantage depuis qu’Arda Güler est utilisé dans l’entrejeu, densifiant ainsi un secteur où figurent déjà Aurélien Tchouaméni, Jude Bellingham et Federico Valverde, même si celui-ci est aligné en latéral droit en attendant le retour de blessure de Trent Alexander-Arnold.
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Camavinga a cependant un soutien de poids. Celui de Xabi Alonso. L’entraîneur madrilène le voit non seulement comme un milieu, mais surtout comme un titulaire potentiel. "Je pense qu'il a un potentiel énorme, avançait-il le mois dernier. Au sein du projet collectif, il y a des projets individuels, et il en fait partie. Individuellement, il possède des qualités très différentes. En position de numéro 6, grâce à ses dribbles, il peut casser les lignes. Il n'est pas statique, il est dynamique."
Ailier droit, un "one shot" ?
Cela s’est confirmé contre Barcelone. Pas au poste auquel Camavinga espère se stabiliser. Mais peut-être celui qui lui offre la plus grande perspective de s’affirmer enfin comme un titulaire. Franco Mastantuono, malgré un potentiel, manque encore de régularité pour s’imposer à ce poste. L’entraîneur madrilène a des raisons de renouveler l’expérience. Mais elle peut aussi rester un "one-shot" face à la spécificité du jeu barcelonais. "Il nous fallait dominer le milieu de terrain et ne pas être en difficulté dans ce secteur", avait-il expliqué.
Camavinga n’en a pas moins remarquablement tiré son épingle du jeu. Il a ajouté une corde à son arc en attendant, à bientôt 23 ans, d’atteindre sa véritable cible : intégrer durablement le onze de départ merengue. Ce n’est pas forcément qu’une question de poste pour un joueur contrarié par de multiples blessures, comme celles qui ont gâché son début de saison. "C’est surtout ça qui l’a empêché d’avoir de la continuité", rappelait Didier Deschamps lors du dernier rassemblement des Bleus. La santé reste une priorité dans son cas. Une condition essentielle pour qu’il puisse trouver sa place, tôt ou tard, et quelle qu’elle soit.
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