Liga I Séville FC - Atlético Madrid I Le grand perdant, c'est Julian Alvarez
Eurosport sur GoogleÀ quelques jours de la fin du mercato, Julian Alvarez reste dans une position aussi délicate qu'inconfortable. Sifflé et conspué par ses supporters le week-end dernier, l'Argentin, marqué par le contexte qui l'entoure, ne s'est pas entraîné avec le reste de ses coéquipiers cette semaine. Et l'Atlético a de nouveau fermé la porte au Barça, son grand rêve. Le grand perdant de l'histoire, c'est lui.
Julian Alvarez la tête basse sur le banc de l'Atlético lors du match face à Villareal
Crédit: Getty Images
Le Barça a décidé d'abattre l'une de ses dernières cartes. Conscient que le temps commence sérieusement à presser, avec un mercato d'été qui ferme ses portes la semaine prochaine, le club catalan a publié, en plein cœur de la semaine, une interview parfaitement quadrillée avec son président Joan Laporta. L'objectif ? Mettre la pression sur l'Atlético Madrid, qui refuse catégoriquement de négocier le transfert de Julian Alvarez.
"Nous avons le plus grand respect pour l’Atlético de Madrid et pour ses dirigeants que nous connaissons depuis plusieurs années et pour lesquels nous avons une grande estime personnelle, explique le président catalan. Voici comment les choses se sont déroulées : le Barça avait fait une offre à l’Atlético pour Julián Álvarez, une offre que nous considérons comme très importante, car notre entraîneur porte un véritable intérêt envers ce joueur", confiait notamment le patron des Blaugrana dans une tentative quasi inespérée d'apaiser les tensions avec l'Atlético. Une main tendue qui n'a pas trouvé preneur. Bien au contraire.
Absent des entraînements collectifs
Le lendemain, les membres du conseil d'administration du club madrilène exprimaient unanimement "leur soutien total à la décision du club de ne pas négocier le transfert de Julian Alvarez au FC Barcelone". "Il n'y a eu, et il n'y aura aucune négociation" avec le Barça, prévenait encore le communiqué. Qu'importe l'offre sur la table (environ 100 millions d'euros) ou la volonté de l'attaquant, qui s'était positionné publiquement pendant le Mondial. Au risque de se mettre à dos une grande majorité de ses supporters, qui l'ont conspué le week-end dernier au Metropolitano.
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Julian Alvarez (Atlético Madrid)
Crédit: Getty Images
Dans les hautes sphères de l'Atlético, rien ne semble pouvoir faire bouger une position considérée comme inflexible. Pour faire simple : Alvarez peut partir partout, mais pas au Barça. Interrogé jeudi soir par la chaîne espagnole Movistar+ en marge du tirage au sort de la Ligue des champions, Gil Marin, le directeur général de l'Atlético, s'est d'ailleurs dit "révolté par le mensonge, le manque d'éthique, de transparence et de professionnalisme" dans ce dossier, sans préciser qui il visait, répétant que le club ne négocierait "en aucun cas avec le FC Barcelone".
Résultat, voilà l'attaquant argentin piégé dans une situation intenable qu'il s'est lui-même créée. Dimanche dernier, face à Villarreal (2-2), l'idole déchue est apparue sur le banc particulièrement marquée. Le regard triste, baissé et perdu dans le vide, comme si elle se demandait comment les choses avaient pu dégénérer à ce point. Cette semaine, l'ancien buteur de Manchester City ne s'est pas présenté à trois entraînements collectifs des siens (mercredi, jeudi et vendredi), invoquant une indisposition pour justifier sa première absence, ainsi que la période difficile qu'il traverse sur le plan moral. La Cope parlait même d'un certificat du médecin attestant que le joueur souffre de dépression.
Alvarez "va mal"
"Il se sent réellement mal", reconnaissait Gil Marin jeudi soir, car il aurait été, selon lui, "trompé et dérouté". "Je le regrette sincèrement, parce que je le connais, nous travaillons avec lui depuis longtemps et c'est quelqu'un de formidable, un grand professionnel et un grand footballeur, qui se retrouve complètement désorienté et qui traverse actuellement une situation très difficile, tant sur le plan personnel que professionnel", développait-il.
Une situation qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle d'un certain Antoine Griezmann qui, au moment de son retour à l'Atlético en 2021 après son départ deux ans plus tôt au FC Barcelone, avait été pris en grippe par les supporters des Colchoneros. Avant de changer la donne grâce à ses prestations, ses remords et son comportement exemplaire.
Alvarez peut-il suivre la même voie ? Difficile, mais pas impossible. Une paire de buts, un mea culpa et tout pourrait être oublié pour celui qui n'était qu'une doublure à City et qui compte déjà 107 matches (47 buts) sous le maillot rojiblanco. Ce qu'il semble avoir oublié un peu vite.
Si Gil Marin a expliqué qu'il "rêvait" de le voir rester pour continuer à "servir l'Atlético" et "rivaliser avec les plus grands", il a également reconnu que le club chercherait "une alternative" si l'attaquant argentin refusait coûte que coûte de rester à Madrid, tout en ajoutant : "mais jamais, jamais Barcelone". Arsenal, alors ? Les Gunners seraient toujours intéressés, mais le temps imparti est (très) réduit pour un transfert de cette envergure.
De son côté, l'Atlético affirmait rester "ouvert aux négociations propres au marché des transferts" pour son buteur, mais uniquement de "manière éthique et professionnelle". Tout ce que n'a pas fait, selon le club madrilène, le Barça, considérant que le géant catalan a agi hors du cadre légal fixé par la FIFA en négociant directement avec le joueur et ses représentants pendant la saison. Au point qu'une plainte avait notamment été déposée auprès de l'instance. À ce stade de la partie, le Barça semble avoir abattu sa dernière carte. Et Julian Alvarez se retrouve désormais face à la seule qu'il lui reste : renouer avec l'Atlético et ses supporters, ou trouver une porte de sortie ailleurs.
(Avec AFP)
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