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Denoueix n'oubliera jamais
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Publié 23/06/2003 à 07:30 GMT+2
Superbe dauphin du Real Madrid, sacré champion d'Espagne dimanche, la Real Sociedad aura été la belle surprise de la saison. Son entraîneur, Raynald Denoueix, tient à dissocier la déception du titre échappé du parcours général de sa formation.
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Q: La Real Sociedad termine 2e, un classement inespéré au début de la saison, mais qui doit laisser des regrets après avoir été leader pendant 22 journées ?R.D.: Avant tout, cela a été une saison exceptionnelle. Exceptionnelle parce qu'imprévisible. Nous sommes 2e dans un championnat où il y a le Deportivo, le Barça , Valence, le Celta... On a montré qu'avec notre potentiel économique qui nous situe dans le troisième tiers de la Liga, on pouvait être devant. On a contré tous les pronostics. Maintenant, quand on regarde le déroulement du championnat, c'est vrai qu'il y a une certaine déception.
Sur la fin, on en rêvait du titre. Moi, j'y croyais d'autant plus que je me disais que ce n'était pas possible ! Dimanche, j'y ai cru pendant une heure avec les réactions du stade. Mais, à 3-0 pour nous, quand j'ai vu les têtes sur notre banc, j'ai compris. C'est rageant mais il faut dissocier cette déception du bilan de la saison qui est exceptionnel. On s'en souviendra toute notre vie parce qu'elle était belle, mais aussi parce qu'on aurait pu battre les "galacticos" du Real Madrid et toucher le ciel, mais cela n'a pas été possible. C'était le moment ou jamais de les battre.
Q: Dans ces cas-là on repense aux points perdus, notamment au match contre Villarreal (2-2, avec deux buts encaissés dans le temps additionnel) ?
R.D.: C'est vrai. Quand il te manque des points, tu penses à ceux que tu as perdus et dans ce cas, on pense forcément au match contre Villarreal: on perd deux points dans les arrêts de jeu, l'arbitre siffle la fin du match 1 minute et demi après les arrêts de jeu annoncés. Mais on oublie aussi tous les cas où on a inversé le cours de matches, où on a ramené des points contre toute logique. Dans l'ensemble, il ne faut pas y penser. On a perdu parce que le Real est inaccessible, parce qu'ils sont vraiment trop forts. Ils sont vraiment "galacticos".
Q: Avec vos 76 points cette saison, vous auriez été champions ces cinq dernières années...
R: On a perdu parce que le Real Madrid est au-dessus de tout le monde sur tous les plans. Nous avons une moyenne de deux points par match. Normalement c'est une moyenne de champions. Mais il y avait le Real... J'ai parlé avec Del Bosque (l'entraîneur du Real Madrid), hier soir et je lui ai dit que je ne lui ferai plus confiance ! Il y a quatre mois, il a dit qu'avec 74 points une équipe serait championne.
Q: Qu'est ce qui explique votre réussite cette saison alors que la Real avait passé les deux précédentes à lutter contre la relégation ?
R: Quand il y a une telle réussite, c'est qu'il y plein de choses qui coincident pour porter leurs fruits. Le fait que c'était une année de Coupe du monde nous a donné beaucoup de temps pour travailler. Dans le football aujourd'hui, il n'y a jamais le temps pour rien. Il y a aussi le fait qu'après plusieurs saisons difficiles, des joueurs avaient envie de plus de sacrifices, le club voulait se relancer. Et puis, on a été relativement épargné par les blessures pendant les 6 premiers mois. On a ainsi pu insuffler de la stabilité dans un club en plein changement.
Q: On parle déjà de piller votre effectif. Kovacevic, Nihat, Xabi Alonso sont annoncés ailleurs.
R: En fin de saison, le téléphone sonne pour tout le monde, entraîneurs et joueurs. Pour Darko (Kovacevic, ndlr), c'est normal vu sa situation (la Real dispose de 50% des droits, la Lazio en détenant l'autre moitié mais devant pour le transfert de Mendieta de l'argent à Valence qui cherche justement un avant-centre). Mais, d'après ce que j'ai compris, nous gardons notre effectif.
Pour nous, les renforts, c'est de garder les joueurs qu'on a. Par ailleurs, on a dû se séparer de Khokhlov et Tayfun (Espanyol), des joueurs qui avaient des contrats qui dataient de l'époque financière euphorique. Sportivement, on les aurait bien gardés mais on ne peut pas se permettre des gros salaires sur le banc. On va aussi garder Kvarme, qui a accepté de revoir son salaire à la baisse. C'est une bonne chose.
Propos recueillis par Patrick FORT
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