Depuis la mi-juin et la reprise effective de la Liga, de la Bundesliga, de la Premier League et de la Serie A, les matches s’enchaînent. La volonté qu’ont les différentes ligues à terminer les saisons dans les plus brefs délais ont donné lieu à des calendriers très chargés. Il y a, depuis une semaine, au moins un match par jour. De quoi, sur le principe, régaler tous les fans de football privés de rencontres pendant la période de confinement. Et pourtant…

Du huis clos, moins d'émotion et de frisson : Tout cela en vaut-il vraiment la peine ?

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La fausse ambiance dans les stades, preuve que football et supporters sont indissociables

Le football a repris, certes, mais à huis clos. Une décision qui a bien évidemment été prise suite à la crise sanitaire que le monde traverse depuis le mois de mars, et aux mesures mises en place dans les différents pays pour éviter la propagation du virus. Une décision qui est, d’un point de vue sécuritaire et sanitaire, difficilement discutable. Mais qui donne lieu à une succession de rencontres qui ont peu de saveur.

Les effets sonores, les chants préenregistrés ou encore le faux public mis en place dans les stades espagnols prouvent une chose : football et supporters sont indissociables. Sans public, il manque quelque chose. Un son, une image, une foule. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’à peine le championnat allemand repris mi-mai, la ligue ainsi que les diffuseurs se sont empressés de mettre en place une ambiance virtuelle dans les stades. Les instances du football espagnol leur ont d’ailleurs emboité le pas.

Des ressentis qui divergent

Mais, même si certains amoureux et acteurs du football y trouvent leur compte, le rendu ne fait pas l’unanimité. "Les clubs se sont laissés prendre en otage par le diffuseur, qu'ils assument l'absence d'atmosphère", avait d’ailleurs réagi sur Twitter l'Alliance des fans actifs de football (BAFF), une association qui regroupe plusieurs groupes de supporters de différents clubs allemands.

Soucieux "recréer un univers" pour pallier au manque de public, le directeur des programmes de BeIn Sport, diffuseur de la Bundesliga, s’était lui réjoui de cette expérience. "Aujourd'hui, les retours sont très majoritairement plutôt positifs" avait même affirmé Florent Houzot. Mais tous les effets sonores ne peuvent égaler une "vraie" ambiance de stade. Les sifflets préenregistrés n'égalent pas une bronca, par exemple. Les scènes de liesse et de joie, qu’on aurait pu imaginer au Santiago Bernabeu sur le festival de Karim Benzema face à Valence (3-0), ne peuvent quant à elles pas être modélisées.

Quid de l’équité ?

Ainsi, cette absence justifiée du public pose une autre souci : celle de l’équité sportive. Si elle peut être totalement remise en cause par le contexte, elle est tout de même complexifiée. Jouer à domicile n’est plus un avantage pour les équipes qui reçoivent. Les repères ne sont plus les mêmes. Seules l’habitude et la connaissance du terrain sont des atouts dont bénéficient l’hôte, tandis que l’atmosphère présente dans certains stades constitue en temps normal une ressource de taille. Les joueurs et le staff de Dortmund peuvent par exemple être déçus d’avoir disputé l’un des tournants de leur saison, face au Bayern Munich le 26 mai dernier, sans leur fameux "Mur Jaune".

L’idée n’est pas de remettre en cause le mérite sportif de ces autres équipes qui ont pu, à différents degrés et selon leurs calendriers, tirer profit de cette salve de rencontres à huis clos. Mais de rappeler à quels points les supporters sont essentiels à un match de foot. La priorité pour certaines instances du football, notamment en Espagne, est d’entamer un retour progressif du public dans les tribunes. En France, et selon les informations du Parisien, la FFF espère que 25 000 supporters pourront assister à la finale de la Coupe de France entre le PSG et Saint-Etienne, le 24 juillet prochain. Si la situation le permet, cette réintroduction progressive du public serait un premier pas vers le retour d’un football "normal".

Erling Haaland, lors de la reprise de la Bundesliga.

Crédit: Getty Images

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