Depuis quelques jours, l'angoisse monte à l'approche du rendez-vous incontournable de la saison et une question taraude encore et encore les Merengue : Keylor Navas sera-t-il rétabli pour affronter le Barça ? La rumeur dit que l'équipe médicale des Madrilènes s'active et qu'elle a mis les petits plats dans les grands : caisson hyperbare, soins poussés et personnalisés… Bref, tout est mis en œuvre pour guérir les adducteurs de son gardien. La presse, les supporteurs et même ses coéquipiers prient pour qu'il soit de la partie. Comme s'il avait, en quelques mois, pris autant d'importance qu'un Cristiano Ronaldo ou un Sergio Ramos. Et s'il était devenu un Galactique malgré lui ?
Retour en arrière. Après une brillante saison et une Coupe du monde 2014 exceptionnelle, l'ex-joueur de Levante signe au Real Madrid. Son prix ? 10 millions d'Euros, une pacotille pour le très dépensier Florentino Perez. Le Costaricain arrive donc sur la pointe des crampons dans la capitale espagnole. Certains observateurs se demandent même ce qu'il est allé faire là-bas, car dans leurs esprits, il mérite bien mieux qu'une place de numéro 2.
Il faut dire qu'il arrive en terrain hostile, puisqu'il est en compétition avec une icône intouchable : San Iker Casillas. Mais Navas est sûr de lui et de son choix : un jour où l'autre, c'est lui qui sera le numéro 1. Mais pour y arriver, il ne se doutait pas qu'il aurait dû avaler autant de couleuvres.
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26/11/2017 À 20:40
Je suis rentré chez moi et je l'avoue, j'ai pleuré
Keylor Navas n'a pas été épargné par ses dirigeants. Peu médiatique, loin d'être une star, il a longtemps été considéré comme un excellent compagnon d'entraînement d'Iker Casillas. Et lorsque l'Espagnol a décidé de prendre la poudre d'escampette et d'aller voir vers Porto si l'air était plus respirable, Florentino Perez s'est mis dans la tête d'aller chercher De Gea à Manchester United. Il voulait alors se servir de Keylor Navas comme d'une monnaie d'échange. Et il s'en est fallu de peu, de quelques minutes, pour que son plan fonctionne. Mais au dernier moment, le transfert a capoté et chacun est resté dans son club. Comment se remettre d'un transfert avorté ?
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"Ça été un moment très dur, a déclaré Navas dans l'émission "El Partido de las 12" de la Cope (radio espagnole). J'étais à l'aéroport, prêt à partir à Manchester lorsqu'on m'a annoncé que les choses ne se passaient pas comme prévu.Je suis rentré chez moi et je l'avoue, j'ai pleuré. Parce que depuis le début, j'ai toujours dit que je voulais rester au Real et m'imposer.Quelques heures plus tard, j'ai rencontré Rafael Benitez. Il a su trouver les mots pour me réconforter et me motiver."
Depuis, Keylor Navas plane dans les buts madrilènes. Ses parades exceptionnelles ont sauvé, plus d'une fois, le Real. En quelques matches, il est devenu incontournable et beaucoup s'amusent même à dire que c'est lui, LE meilleur joueur madrilène depuis le début de saison. Les statistiques parlent pour lui : en neuf matches de championnat (sur onze), il a réalisé 50 arrêts et n'a encaissé que trois buts. Il a même pris le soin de détourner deux penalties au passage. En Ligue des Champions, il n'est jamais allé chercher le ballon au fond de ses filets en quatre rencontres.
Ce gardien est trop petit
En quelques matches, Navas a réussi l'immense exploit de faire oublier Casillas (même s'il restera éternellement dans le cœur des Merengue) pour devenir la nouvelle muraille de Madrid. Il se murmure même que les dirigeants madrilènes auraient une proposition de prolongation de contrat (qui court jusqu'en 2020) bien au chaud et qu'ils devraient lui soumettre dans quelques semaines. Comme quoi, tout est toujours possible dans le football et que la roue peut vite tourner. En quelques matches, le Costaricain a également démontré qu'il était insubmersible, mais ça, ses proches et ceux qui ont croisé sa route le savaient déjà…
Keylor Navas est né il y a bientôt 29 ans (le 15 décembre) dans une petite ville du centre du Costa Rica : San Isidro El General. Comme tous les enfants de la région, le football devient vite une passion et pour lui, jouer au but, presque une vocation. La légende raconte qu'elle est née lorsqu'il avait 6 ans, le jour où son paternel l'a emmené voir un match de la sélection nationale. Le gamin reste bouche-bée devant les arabesques et les parades spectaculaires de Lester Morgan, le gardien des Ticos. Le public réagit à chacune de ses prouesses comme si c'était un but. A la fin du match, il glisse alors à l'oreille de son père : "Je veux être comme lui."
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Le gardien de but qui est en lui voit le jour. Le problème à cette époque-là, c'est que Keylor n'est pas bien grand. Et sa taille lui joue des tours. Lorsqu'il vient toquer à la porte des meilleurs clubs de la région, la réponse est toujours la même et elle ressemble à ça : "Ce gardien se sert très bien de ses deux pieds, il a d'excellents réflexes, mais il est trop petit."

Des concours de danse tropicale dans son garage

Qu'importe. Keylor Navas redouble d'efforts. Il travaille sans relâche. Et lorsqu'il grandit enfin (pour atteindre 1m84), il est prêt à exploser. D'abord, Navas passe par le Deportivo Saprissa, le plus grand club du pays. Et déjà, il force le respect : "Il était très doué, il avait une bonne technique des deux pieds, il était explosif au sol et il avait un bon timing dans les airs, a déclaré Francisco Porras, le gardien titulaire du club à l'époque, au journal Marca. Bref, il était déjà très solide, très complet. Mais ce qui m'impressionnait le plus, c'était son sérieux, sa rigueur et cette envie de progresser encore et encore"
En 2010, il fait le grand saut et signe pour l'Albacete alors en deuxième division espagnole avant d'aller, une saison plus tard, à Levante. Lors de la saison 2013/2014, il réalise 160 arrêts avec son club et lors de la Coupe du monde au Brésil, il stoppe 21 des 23 tirs qu'il reçoit. Résultat : meilleur gardien de la Liga et de la Coupe du monde 2014.
A chaque fois et c'est un peu l'histoire de sa carrière, personne ne l'attendait aussi haut. Et pourtant, à chaque fois, il a toujours fini par faire l'unanimité. Mais en ses temps où la médiatisation est un puissant outil marketing, Navas n'est certainement pas assez vendeur, hâbleur ou flambeur c'est selon...
L'homme est plutôt discret. Il est très croyant, preuve en est, cette prière qu'il fait à genoux et dans ses buts avant chaque début de match. Mais il ne faudrait pas le limiter à ça, puisque ses coéquipiers du Levante racontent également que Keylor sait se lâcher. Lorsqu'il était encore au club, il organisait régulièrement des concours de danse tropicale dans son garage. Bref, c'est un homme simple, un monsieur Tout-le-monde, bien loin des strasses et des paillettes si chères au président Florentino Perez.
Keylor Navas est donc presque un atypique dans le vestiaire madrilène où se côtoient des stars et quelques égos surdimensionnés. Et le Costaricain prouve également qu'un joueur peut devenir un Galactique malgré lui au Real…
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