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L'OL revient à son losange : est-ce la solution aux maux lyonnais ?
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Publié 18/02/2017 à 15:03 GMT+1
LIGUE 1 - Pour la première fois cette saison, Bruno Genesio a utilisé lors du dernier match remporté jeudi en Ligue Europa sur le terrain de l'AZ Alkmaar le système qui avait permis à Lyon de briller en 2014-2015.
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Certains diront qu'il était temps, d'autres que mieux vaut tard que jamais. Bruno Genesio a attendu le 35ème match officiel de la saison de son équipe pour mettre en place, dès le coup d'envoi, un 4-4-2 avec un milieu de terrain en losange. Un schéma seulement aperçu cinq fois en cours de match cette saison, pour un total de 85 minutes et trois buts marqués. L'entraîneur lyonnais avait jusqu'à présent préféré se reposer sur le 4-3-3 et le 4-2-3-1, sans oublier un intermède en 3-5-2 au mois de septembre. En fin d'année, quand il acceptait encore de se justifier, Bruno Genesio expliquait : ''Le 4-3-3 est un système que j’aime bien, car il me paraît équilibré quand on a le ballon et aussi quand on ne l’a pas.''
"Je n'ai pas de plan de jeu, ni de philosophie de jeu''
Dès lors, qu'est ce qui a décidé le coach lyonnais à utiliser le losange jeudi à Alkmaar ? Le lendemain, l'entraîneur y a apporté une réponse sèche, en six secondes chrono : "Je sais, je n'ai pas plan de jeu ni de philosophie de jeu, on ne travaille pas à l'entraînement, on ne fait rien, c'est pour ça". Un deuxième journaliste tenta sa chance dans la foulée, sans plus de réussite : "Je n'ai plus envie de m'expliquer... Le matin, je me lève et je me dis : "Tiens et si on jouait en losange ?'' Je suis fatigué. J'en ai un petit peu assez d'être sans arrêt remis en question, qu'on joue en losange, en carré, en triangle, en rectangle, à quatre, à cinq, à trois, à deux… Je ne me justifie plus, je fais mes choix, je les assume et ça s'arrête là''. Si Bruno Genesio ne veut pas expliquer pourquoi il a remis au goût du jour le schéma qui avait permis au Lyon d'Hubert Fournier (dont il était l'adjoint) de briller en 2014-2015, il ne pourra pas empêcher les observateurs de le faire pour lui.
Les avantages du losange
- Les milieux retrouvent le sourire. Dans le 4-2-3-1, Corentin Tolisso, Sergi Darder, Lucas Tousart et Jordan Ferri étaient en concurrence pour… une seule place, l'autre étant réservée au capitaine Maxime Gonalons. Et comme Corentin Tolisso a un train d'avance sur la concurrence, autant dire qu'il ne restait que des miettes aux trois autres. Avec le losange, ils sont désormais cinq pour trois places. On peut rajouter que Tolisso est plus efficace dans ce vrai rôle de relayeur, qui lui permet davantage de se projeter pour apporter son efficacité (huit buts, trois passes cette saison), en témoigne sa sublime ouverture pour Lacazette à Alkmaar.
- Fekir et Lacazette régalent. Les deux attaquants et le meneur de jeu n'ont presque pas besoin de défendre dans ce schéma. Si Genesio conserve ce système, Nabil Fekir, souvent pointé du doigt pour son "faux pressing", pourrait désormais se contenter de simples courses de remplacement. Ce qui lui offrira davantage de jus et de liberté pour faire la différence en zone offensive. En 2014-2015, il avait crevé l'écran dans le losange, que ce soit en numéro 10 ou en deuxième attaquant. Quant à Alexandre Lacazette, cet énième changement de système n'a pas perturbé son incroyable efficacité. Et ce n'est pas un hasard si ses deux buts en Ligue Europa sont survenus après de rapides transmissions vers la profondeur : "Ce système nous a permis de nous projeter vite vers l'avant, de trouver de la verticalité'', avait seulement admis Bruno Genesio avant de se braquer face aux questions.
- Gonalons seule sentinelle. Depuis son éclosion, le capitaine de l'OL a toujours réussi ses meilleurs matches quand il a évolué seul devant la défense. Peu importe pour lui que ce soit un 4-3-3 ou 4-4-2 losange. Par contre, quand il doit partager son rôle de récupérateur dans le 4-2-3-1, Gonalons peine à s'imposer. Cela ne s'est pas du tout vu à Alkmaar mais c'est bien dans ce rôle de milieu défensif axial qu'il excelle. Ceci dit, la concurrence de Lucas Tousart ne peut plus être ignorée si ''Max'' ne retrouve pas rapidement son meilleur niveau.
Les inconvénients du losange
- Quid de Memphis ? Recruté à prix d'or cet hiver, le Néerlandais n'est pas qualifié en Ligue Europa. Que va-t-il devenir si son poste d'ailier gauche n'existe plus ? Le problème est le même pour Rachid Ghezzal dont les fulgurances sur l'aile droite avaient été essentielles il y a un an. Si Lyon s'est fait à l'idée de perdre l'international algérien et n'aura pas d'état d'âme à se passer de lui, le staff technique ne peut évidemment pas faire une croix sur Memphis. Reculer Nabil Fekir en meneur de jeu et positionner l'ancien joueur de Manchester United en pointe est l'option la plus crédible. Mais elle condamnerait Mathieu Valbuena…
- Quel numéro 10 ? A Alkmaar, Bruno Genesio avait tenté en vain d'y installer Sergi Darder avant de rapidement faire machine arrière et d'inverser le positionnement de l'Espagnol avec celui de Corentin Tolisso. Mais l'un et l'autre sont plus performants en relayeurs, bien qu'on puisse craindre que les limites physiques actuelles de Darder soient contraignantes pour un 4-4-2. En toute logique, le rôle de meneur devrait échoir à Mathieu Valbuena ou à Nabil Fekir. Mais il va falloir qu'ils forcent leur nature pour lâcher le ballon un peu plus vite.
- Les latéraux plus exposés. Ce n'est un secret pour personne, l'OL cherche déjà son latéral gauche pour la saison prochaine. En privé, Bruno Genesio ne cache pas que Maciej Rybus est davantage un milieu de terrain alors que les limites de Jérémy Morel sont identifiées depuis longtemps. A droite, l'actuelle blessure de Rafael force Christophe Jallet à enchaîner les matches, sans que celui-ci ne parvienne à se rapprocher de son meilleur niveau. Le 4-4-2 losange imposant un énorme travail défensif aux latéraux, il expose l'OL aux postes où il est le plus en difficulté. "Dans ce système, il est difficile de défendre sur toute la largeur, explique Bruno Genesio. A Alkmaar, cela a été difficile pour nos latéraux qui ont souvent eu des un contre deux à gérer". Une conséquence logique d'un système que l'OL découvrait cette saison.
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