La signature d'Alexandre Lacazette pour trois saisons, au début du mois de juin, était déjà un très joli coup réalisé par l'Olympique Lyonnais. Celle de Corentin Tolisso pour cinq ans, officialisée vendredi, ressemble presque à un miracle. Un champion du monde, vainqueur de la Ligue des champions et quintuple champion d'Allemagne a choisi de revenir dans un club privé de Coupe d'Europe la saison prochaine.
La réalité n'est pas aussi simpliste, certes. On parle d'un milieu de terrain qui sort d'une saison très difficile, qui a manqué près de 100 matches sur blessures en cinq années passées en Bavière. Et d'un club qui lui est très cher, pour l'avoir formé et révélé au haut niveau. Mais une chose est sûre, à seulement 27 ans – 28 le 3 août prochain – Tolisso pouvait encore prétendre à beaucoup mieux. Beaucoup plus prestigieux, tout du moins. Le cœur a parlé, est-on tenté de penser. C'est même une réalité, comme pour son pote Lacazette.
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Reste que l'ex-attaquant d'Arsenal, plus âgé de trois ans, ne pouvait peut-être pas viser aussi haut que son compère à l'intersaison, ou en tout cas pas avec un costume de titulaire. Et s'ils sont liés – Lacazette ayant participé au "lobbying" pour la venue de Tolisso – ces deux dossiers sont loin d'être parfaitement semblables. Dans le cas du milieu de terrain, c'est la raison qui a fait pencher la balance. Certainement plus que les sentiments.
Le bon club pour que je puisse retrouver l'équipe de France
Ce fut en tout cas très clair lors de sa conférence de presse. Avant de parler d'affect, d'ADN OL ou de belle histoire, Tolisso a, sans aucune connotation péjorative, avant tout parlé de ses propres intérêts. "Pourquoi j'ai accepté ? Le projet m'a séduit, cela m'a tout de suite plu. C'est quelque chose de bien pour moi, pour un objectif personnel aussi, qui est d'aller à la Coupe du monde", a-t-il tout de suite assumé, avant d'en remettre une couche un peu plus tard.
"Si j'ai échangé avec Didier Deschamps ? Non. C'est ce que je pensais de mieux pour moi, j'en ai énormément parlé avec mes agents, ma famille. On s'est vraiment dit que c'était la meilleure décision pour moi. Je pense vraiment que l'Olympique Lyonnais est le bon club pour que je puisse retrouver l'équipe de France et aller à la Coupe du Monde cet hiver".

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Plusieurs arguments très rationnels peuvent justifier cette vision de l'OL comme chemin le plus court vers les Bleus et le Qatar. Le premier tient à son statut en sélection : s'il n'a plus porté le maillot tricolore depuis l'Euro 2020 (disputé à l'été 2021), "Coco" est particulièrement apprécié par Didier Deschamps, qui a par ailleurs rappelé ces derniers temps que la Ligue des champions n'était plus une condition sine qua non pour rejoindre Clairefontaine, même avec des joueurs au CV léger et à l'expérience vierge en équipe de France. Et cela, l'intéressé l'a forcément noté.
La Ligue des champions ? En réfléchissant bien…
"J'ai fait une interview il y a quelques semaines où je disais que j'avais envie de jouer la Ligue des champions. Peut-être qu'au début c'était une priorité, mais après, en réfléchissant bien, je me suis demandé si jouer la Ligue des champions à tout prix, dans n'importe quel club, était essentiel pour moi et mes objectifs personnels. Et je me suis dit que non", a-t-il développé devant les journalistes.
La priorité ultime est d'enchaîner les matches. A Lyon, aucune question ne se posera sur son statut de titulaire, qui est d'ores et déjà indiscutable. Un OL qui, s'il est aussi ambitieux et efficace sur le terrain que sur ce marché des transferts, jouera les premiers rôles en Ligue 1 la saison prochaine.
En pleine possession de ses moyens, Tolisso était titulaire au Bayern Munich, et pouvait donc l'être dans à peu près n'importe quel club. En résumé, et au risque de se répéter : il pouvait viser le gratin cet été. Mais avec beaucoup moins de garanties, naturellement. Et au bout de combien de temps ? Car dans un marché relativement verrouillé jusqu'ici, aucun top club n'avait encore tapé à sa porte.
"Cela fait six mois que je suis libre (de discuter, ndlr), donc cela faisait un petit moment que je pouvais prendre une décision, a-t-il rappelé. Cette année, j'ai eu beaucoup de vacances, six ou sept semaines, j'ai décidé de couper totalement pendant quinze jours et ensuite de me préparer. J'ai fait un gros mois de préparation et c'était important pour moi de reprendre quand les clubs allaient reprendre, pas mi-juillet ou fin juillet, car j'allais beaucoup trop perdre".

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"Coco" dans son cocon

Tronquer sa préparation, Tolisso pouvait encore moins se le permettre que les autres, lui qui a enchaîné les blessures ces dernières années. Être prêt tôt, s'offrir une pré-saison pleine, c'est mettre toutes ses chances de son côté pour éviter de rechuter. "C'est vrai que j'ai eu pas mal de soucis, a-t-il reconnu, avant de livrer sa vision de cette période sombre. Je pense vraiment que c'était plus un problème psychologique, mental, qu'un problème physique, pour des raisons que je ne vais pas forcément expliquer aujourd'hui. Je pense que beaucoup de choses ont joué dans ma tête la saison dernière, qui ont fait que je me suis autant blessé".
Dans le Rhône, l'ancien Bavarois va retrouver un cocon qu'il connaît très bien, auprès de supporters qui ont multiplié les messages d'affections à son égard durant des semaines. Autrement dit, tout pour avancer sereinement d'un point de vue mental.
A 27 ans, l'intéressé a encore de belles années devant lui, loin d'avoir – si tout se passe bien – signé son dernier gros contrat. Mais pour le moment, pas question de regarder aussi loin. L'objectif de Tolisso, c'est le Qatar. Son moyen, c'est l'OL. "On verra si j'ai eu raison ou tort", s'est-il questionné en conférence de presse. La liste de septembre, date du prochain et dernier rassemblement des Bleus d'ici le Mondial, sera un premier élément de réponse.
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