Ligue 1 : Une reprise pas comme les autres

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LIGUE 1 – Après un mois et demi de coupure pour laisser place à la Coupe du monde, le championnat de France reprend ses droits mercredi. Une reprise unique en son genre et qui s'accompagne de nombreuses incertitudes, tant sur l'état physique des joueurs que sur leurs conditions mentales après un Mondial riche en émotions. De quoi mettre encore un peu de sel dans une saison déjà passionnante.

Bruno Genesio, la MNM, Laurent Blanc, Azzedine Ounahi et Sofiane Boufal... les acteurs d'une reprise inédite en Ligue 1

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Les bonnes vieilles habitudes ont toujours la vie dure. Une phase de poules de Ligue des champions à boucler en moins de deux mois, une coupure de 45 jours pour la tenue d'une Coupe du monde inédite en pleine saison, et maintenant une reprise du championnat entre Noël et le Nouvel An. Le grand chamboulement est déjà bien avancé, mais il est loin d'être terminé. A la limite, le saut dans l'inconnu ne fait que commencer. L'hiver à peine débuté, les clubs de l'élite sont à l'aube d'un marathon sans précédent qui va s'étirer jusqu'au cœur du printemps.

L'inconnue du physique

C'est certainement la plus grande question. Les joueurs n'ont jamais été soumis au rythme si particulier de cette saison qui promet des disparités importantes. Les "mondialistes" ont été extrêmement sollicités avec un début de saison déjà très compacté en club suivi de matches très rapprochés en Coupe du monde. Les autres ont eu une coupure quasiment équivalente à une trêve estivale sur la durée. "Pour moi, c'est une deuxième saison qui repart, avec les mêmes incertitudes, la même inconnue avant un premier match de championnat", soulignait ainsi l'entraîneur rennais Bruno Génésio cette semaine.
Le cas de Rennes illustre assez bien la complexité des mois à venir. Jusqu'à la fin février, le SRFC pourrait avoir 15 matches au programme en fonction de son parcours en Coupe de France. Mais le menu sera copieux pour tous les clubs. Ils ont d'ailleurs pris soin de préparer cette reprise comme une nouvelle saison avec des stages essentiellement basés sur le travail foncier. Mais sans les repères habituels. "Avec cet enchaînement de matches, on ne sait pas comment les organismes des joueurs vont réagir", résume l'entraîneur auxerrois Christophe Pélissier.
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La densité des matches rend déjà la situation délicate. L'hiver ne fait qu'accentuer le phénomène. Pas seulement pour les joueurs qui ont disputé le Mondial par des températures estivales. Ceux qui ont coupé au cœur de l'automne vont également devoir s'adapter. "En multipliant les matches, on ne les met pas dans les meilleures conditions, avec des risques de blessure par temps froid et sur des terrains plus difficiles, explique Pélissier. On va découvrir, même si on a essayé de préparer ça de façon cohérente depuis trois semaines."

La gestion du mental

C'est l'autre grande inconnue de la reprise. Elle concerne les joueurs qui ont participé à la Coupe du monde, soit 55 éléments appartenant à 19 des 20 formations de l'élite française, dont 14 répartis dans 8 clubs différents parmi les quatre demi-finalistes du Mondial. Ils n'ont pas seulement consenti une importante débauche d'énergie physique. Ils ont aussi vécu les charges émotionnelles les plus importantes qu'un footballeur puisse subir. Une Coupe du monde, c'est le rendez-vous d'une vie. Avec toutes les conséquences que cela implique sur le plan mental. Chacun a vécu des désillusions plus ou moins importantes selon les ambitions de sa nation.
Leur capacité à s'en remettre déterminera en grande partie la qualité de leur deuxième moitié de saison en club. Le PSG est particulièrement concerné avec ses onze mondialistes. Il y a eu dix malheureux à des degrés divers, notamment les Brésiliens Marquinhos et Neymar, tombés de très haut avec l'élimination face à la Croatie dès les quarts de finale. Et un heureux, Leo Messi. Dans son cas, c'est sa capacité à se remotiver après avoir atteint le principal objectif de sa carrière qui pose question. A un degré moindre, l'OL de Laurent Blanc est dans la même situation avec Nicolas Tagliafico, l'un des meilleurs Gones de la première moitié de l'exercice, pour tenter de remonter dans les hauteurs du classement.
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Cette problématique s'applique à quasiment tous les clubs, et n'est pas exclusive à ceux qui avaient de nombreux "mondialistes". Angers n'en comptait que deux, mais le SCO apparaît encore plus vulnérable au paramètre mental post-Mondial. Il a vu deux de ses individualités majeures, Azzedine Ounahi et Sofiane Boufal, briller avec le Maroc, demi-finaliste surprise du tournoi. Le retour au quotidien de la L1 sera certainement plus délicat pour eux, d'autant qu'ils seront convoités sur le prochain mercato. C'est d'autant plus crucial compte tenu de la situation sportive des Angevins, derniers du classement.
Justement. Cette reprise pas comme les autres intervient dans une saison qui était déjà particulière, avec quatre descentes programmées en fin de saison. La gestion du physique et du mental dans un calendrier démentiel apporte son grain de sel dans une lutte pour le maintien déjà féroce. Mais la bataille faisait déjà rage à tous les étages avant la trêve de la Coupe du monde. Elle aura des conséquences encore plus difficiles à prévoir que d'habitude. Ce n'est certainement pas l'idéal pour les clubs. Mais cela ne rend pas cette deuxième moitié de saison moins passionnante. Bien au contraire.
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