Avant PSG - Lens : quand les champions de France 1998 s'emballent pour les Sang et Or
Par Glenn Ceillier
Publié 13/04/2023 à 23:59 GMT+2
En 1998, le RC Lens était sacré pour la première fois après avoir remporté le choc entre les deux premiers à cinq journées de la fin. Vingt-cinq ans plus tard et avant un duel face au PSG samedi, les champions de France 1998 s'enflamment pour l'équipe lensoise de cette saison. Ils voient des similitudes avec leur épopée et rêvent de revivre un tel dénouement même si la situation est différente.
PSG-Lens, un choc… pour quoi ? "Une vraie bataille pour le titre, ça me paraît compliqué"
Video credit: Eurosport
Vingt-cinq ans sont passés par là. Un quart de siècle. Et les plus jeunes n'ont vécu ce moment de bonheur qu'à travers les paroles de leurs aînés ou en découvrant des images de l'époque. Mais une nouvelle page dorée de l'histoire du RC Lens est en train de s'écrire cette saison. Après quelques années compliquées marquées par trois passages en L2, le club nordiste se remet à vibrer dans les plus hautes sphères de la Ligue 1. Au grand bonheur des héros de l'aventure de 1998, quand le RCL a décroché son seul et unique titre de champion de France.
Vingt-cinq ans après, les "anciens" de la maison savourent le parcours de leurs successeurs, deuxièmes de la L1 durant cet exercice 2022-23 à six points du PSG avant un choc entre les deux équipes samedi. "Ils nous font revivre les émotions qu'on a pu ressentir à l'époque", apprécie Guillaume Warmuz, l'ancien gardien lensois. Mais si les champions de France 1998 prennent autant de plaisir en suivant les Sang et Or de cette saison, c'est aussi lié à ce que proposent les joueurs de Franck Haise. "Cette équipe est emballante, généreuse, ambitieuse. Elle joue vers l'avant. Elle est solidaire. Elle a vraiment tout", applaudit Gervais Martel, l'ex-président.
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Franck Haise au milieu de "ses" joueurs du RC Lens, après un succès face au PSG - 01/01/2023
Crédit: Imago
Guillaume Warmuz trace évidemment le même sillon : "Cette équipe est ambitieuse et réaliste. Elle est lensoise tout simplement, avec son état d'esprit particulier, son jeu vers l'avant et ses joueurs qui mouillent le maillot". Et Jean-Guy Wallemme, l'ancien défenseur, n'en dit pas moins. "Ce RC Lens me plaît par rapport à son enthousiasme, son état d'esprit, sa cohésion, son jeu vers l'avant et cette complicité qui se ressent car 80% de l'effectif est ensemble depuis deux trois ans, cela me rappelle notre équipe de 1997-98."
"Il y a cette même envie de jouer avec nos points forts, corrobore Eric Sikora, actuellement entraîneur post-formation chez les Sang et Or. A l'époque, Daniel Leclercq ne se focalisait pas sur l'adversaire. Avant les matches, il parlait une minute ou deux de l'équipe d'en face et après il se concentrait sur nous-mêmes. Peu importe si on affrontait le premier ou le dernier, on avait toujours cette même philosophie et cette envie de marquer des buts... De plus, aujourd'hui, Je ressens les mêmes certitudes : quand le club n'a pas été bien, il n'y a pas eu de panique à bord. Lors du match du titre à Auxerre (1-1) en 1998, on rentre dans le vestiaire, il n'y a pas de stress, pas d'engueulade, on était sereins et pourtant Metz était en train de gagner. On savait qu'on était capables de marquer à tout moment."
Les analogies entre les deux équipes ne s'arrêtent pas là. Comme en 1998, "on ressent cette saison une forte identité collective mais aussi une équipe en osmose avec le public et le club" estime Warmuz. Une impression partagée par Gervais Martel, qui a les mêmes sensations qu'il y a 25 ans. "C'est toujours difficile de faire des comparaisons entre les époques mais il y a une chose que cette équipe possède comme celle de 1998, c'est une âme avec une solidarité entre les joueurs qui est hors du commun. C'est ce que j'avais ressenti en 1998 et c'est ce qui nous avait fait aller jusqu'au titre. Et là, je la ressens également."
Cependant, les temps changent. Et le RC Lens de cette saison ne lutte pas vraiment avec les mêmes armes qu'en 1998 quand le club nordiste avait emballé l'Hexagone lors de son duel haletant avec le FC Metz. Aujourd'hui, c'est le PSG en face. Avec sa puissance financière hors norme pour la L1 et ses stars comme Kylian Mbappé et Lionel Messi. "A l'époque, nous n'avions pas un PSG de cette dimension-là, concède Jean-Guy Wallemme. A Paris, il y a quand même des joueurs de très haut niveau et ils ne vont pas lâcher le championnat de France comme ça. Ils arrivent toujours à se réveiller quand ils sont dos au mur. Le premier objectif de Lens sera de se qualifier en Ligue des champions."
Si le calendrier de L1 offre quelques coïncidences amusantes avec un dernier match à jouer à Auxerre comme en 98 ou encore un choc entre 1er et 2e à quelques journées de la fin, il y a d'ailleurs d'autres différences notoires. "Quand on gagne à Metz en 1998, on prend la tête pour ne plus jamais la lâcher. Or si Lens gagne à Paris samedi, ils auront encore trois points de retard", note Warmuz avant d'enchaîner : "Tout est toujours possible dans le football, mais il faudrait un effondrement du PSG, qui a un petit matelas d'avance quand même : 6 points sans parler de la différence de buts qui est nettement supérieure (+41 contre +28). Cela risque d'être compliqué pour le titre."
Compliqué mais pas impossible ! Les dynamiques des deux équipes laissent d'ailleurs penser qu'une fin de saison renversante n'est pas exclue si Lens réalise un coup d'éclat au Parc des Princes samedi soir. "On n'a rien à perdre. L'année dernière, on a joué au parc à 10 et on a fait match nul. Ces dernières semaines, Paris n'avance pas trop. Ça va être un match ouvert et je suis persuadé que l'on va jouer crânement notre chance. Etant donné notre coach, on ne va pas aller là-bas pour visiter la Tour Eiffel", annonce Gervais Martel, qui y croit dur comme fer : "Vous savez quand on gagne le titre en 1998, on attend d'en récupérer d'autres. Aujourd'hui, on a tous envie que cette équipe prolonge ce qui a été fait il y a 25 ans."
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