Dans le Nord, le temps des héros de 2021 semble révolu. Après Mike Maignan et Boubakary Soumaré il y a un an, exit Sven Botman, Burak Yilmaz et très probablement Renato Sanches et bienvenue dans la nouvelle ère Fonseca. Au sortir d'une saison 2021-2022 très mitigée, Lille s'apprête à ouvrir un nouveau chapitre. Et Jonathan David semble bien parti pour en être l'un des protagonistes.
Colossal dans le sprint final pour le titre en 2020-2021, l'international canadien était finalement resté une saison de plus dans le nord. Et si la prolongation de son aventure lilloise n'avait rien de surprenant l'été dernier, sa situation actuelle soulève, elle, quelques interrogations. Courtisé par le gratin européen depuis de nombreux mois, le Canuck est encore un Dogue. Pas un mystère pour autant, loin de là.

Fin de saison en dents de scie, prétendants refroidis

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Depuis son arrivée à Lille, David fonctionne par "cycles" de six mois et se montre capable de l'excellent comme du moins bon. S'il avait entamé son exercice 2021-2022 en trombe avec 16 buts toutes compétitions confondues entre août et décembre 2021, Jonathan David a marqué le pas en seconde partie de saison. Le mot est faible. Avec six "petits" buts inscrits entre janvier et mai, l'ancienne gâchette de La Gantoise a patiné, à l'image du reste du collectif lillois qui a terminé dans le ventre mou en championnat.
Plutôt à l'aise avec un second attaquant à ses côtés, l'Américano-canadien a également pâti de la méforme de son compère d'attaque Burak Yilmaz, pourtant redoutable quelques mois auparavant. Physiquement, David a semblé harassé par ce dernier exercice où il a disputé près de 63 matches, sélection comprise.

La joie de Jonathan David et Burak Yilmaz après l'ouverture du LOSC face à Salzbourg, le 23 novembre 2021 en Ligue des champions

Crédit: Getty Images

Toujours en attente de "son Goliath"

L'été 2022 devait lui offrir une porte de sortie. On en est un peu loin. Annoncé sur le départ, l'attaquant est toujours lillois. Un constat qui tranche avec la sortie de son agent Nick Mavromaras, fin décembre dernier à Radio-Canada. "Pour nous, l'objectif est de terminer la saison à Lille, mais ce sera sa dernière saison là-bas pour plusieurs raisons."
Le représentant s'était d'ailleurs fendu de citer quelques destinations potentielles pour son poulain. "Je pense que la Premier League est une belle option pour lui. Je pense qu'il aime beaucoup l'Espagne aussi parce qu'il aime le feeling du ballon et les joueurs très techniques. (...) On ne sait jamais, avec le Paris Saint-Germain ou les grands clubs italiens."
Mais depuis, les prétendants ne courent pas les rues pour le natif de Brooklyn qui attend toujours un défi XXL. Avant son arrivée à Lille déjà, le Canadien faisait saliver bon nombre d'écuries du Royaume, notamment Arsenal, Liverpool et Newcastle. Elles se montrent plus mesurées désormais.
Si certains clubs suivent toujours avec intérêt le joueur comme Manchester United ou encore le Bayern Munich, tous deux en quête d’une pointe, aucune offre n'est parvenue sur le bureau des décideurs lillois, suffisante tout du moins.

Le danger de la trop forte évaluation

Pour ne rien arranger, le marché des attaquants est toujours aussi bouché. Cette intersaison n'y échappe pas. Les "gros" sièges se sont vite arrachés et à un mois de la fermeture du marché, seule une poignée de clubs est encore en quête d'un renfort devant. Ils sont surtout très peu à pouvoir répondre aux exigences lilloises pour concrétiser le dossier.
Car le LOSC n'a pas bougé d'un iota sa ligne directrice et n'est pas pressé de céder son joyau. Terre de braderie depuis des siècles, Lille sait y faire dans la valorisation de ses ouailles. Cet été n'y échappe pas encore avec la grosse vente de Botman à Newcastle et le futur transfert de Renato Sanches. Malgré les derniers mois compliqués de leur jeune Canadien, les Dogues attendent toujours 50 millions d'euros pour libérer leur avant-centre.
Une somme que peu d'écuries peuvent se permettre de dépenser alors que le mercato est déjà (très) bien avancé. Pire, David est presque un attaquant "hors marché" comparé aux autres avant-centres transférés cet été. Même le richissime Newcastle, en quête d'un attaquant depuis de nombreuses semaines, se montre réticent à avancer des pions dans le dossier.

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La chaleur du Nord pour retrouver des couleurs ?

Avec un contrat courant jusqu'en 2025 dans le nord, Jonathan David a le temps de se refaire une santé. Une côte sur le marché des transferts, surtout. Car si le talent du Canadien est phénoménal, il faudra une nouvelle saison pleine avec les Dogues, sa troisième depuis son arrivée, pour se "refaire la cerise". Et qui pourrait lui permettre de rejoindre l'écurie de haut niveau qu'il convoite tant.
L'arrivée de Mohamed Bayo devrait également faire du bien à Jonathan David. Mais c'est surtout la nomination de "l'offensif" Paulo Fonseca qui pourrait offrir un nouveau souffle salvateur à l'avant-centre. Les premières sorties en préparation en sont la preuve et le Portugais a expliqué "être content" avec le Canuck, buteur et/ou incisif lors de chacun de ses rendez-vous.
De plus, avec une Coupe du monde qui se profile à la fin de l'automne, la première pour le Canada depuis 1986, David semble regonflé à bloc et pourrait débarquer au Qatar le couteau entre les dents. Pedigree à redorer, courtisans à (re)séduire, "LOSC à porter", toutes les planètes semblent donc alignées pour revoir Jonathan David sur les pelouses hexagonales. Il ne faut pas non plus oublier que le "kid" de Brooklyn n'a que 22 ans… Mais sur le marché tout va très vite, trop parfois.

Jonathan David fête son but lors de LOSC-Brest en Ligue 1

Crédit: Imago

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