Avant OM - ASSE - "Vous êtes des nuls" : Les Verts, de l'espoir à la colère
Eurosport sur GoogleSaint-Etienne sombre en silence sans que rien ne semble aujourd'hui modifier sa descente dans les limbes. Dépassée dans le jeu, l'ASSE se déplace ce samedi à Marseille, un adversaire qui l'a déjà dévoré à deux reprises. À quelle branche peuvent aujourd'hui se raccrocher les Stéphanois qui pensaient les mauvais jours derrière eux après un rachat plein d'espoir ? Les supporters sont, eux, à cran.
Les Verts ont été chahutés par leur public samedi dernier face à Rennes
Crédit: Getty Images
L'espoir était grand, dans la Loire, de voir l'AS Saint-Etienne grandir d'un seul coup et prendre, enfin, le virage d'un foot plus international. L'arrivée de Kilmer Sport et, à sa tête, d'un riche milliardaire, Larry Tanenbaum, promettaient aux Verts une croissance rapide après des années à végéter aux crochets plus modestes de Bernard Caïazzo et Roland Romeyer. Le casting avec Ivan Gazidis, l'ex-homme fort d'Arsenal et de l'AC Milan, laissait supposer des ambitions neuves même si le nouveau président prévenait en début de saison qu'il visait "un projet long terme pour retrouver l'Europe."
La patience n'est pas la principale vertu des supporters en général et ceux des Verts encore moins. L'ASSE a dépensé 23 millions d'euros l'été dernier, soit le mercato le plus dépensier de son histoire et le 9e de Ligue 1. Sauf que six mois plus tard, le compte n'y est pas. Saint-Etienne est barragiste, a déjà changé de coach et ne voit pas le bout du tunnel. La défaite, sans appel, le week-end dernier face à Rennes (0-2) allonge une séquence terrible de cinq matches sans succès et un hiver où l'espoir s'amenuise à mesure que les week-ends passent.
Pire défense des Verts depuis 70 ans
Une victoire en trompe l'œil face à Reims (3-1), qui partage aujourd'hui avec Saint-Etienne le titre officieux d'équipe la plus fragile de l'élite, avait lancé le mandat d'Eirik Horneland. Mais il n'a pas fallu attendre longtemps, quelques semaines tout au plus, pour se rendre compte que les limites aperçues avec Olivier Dall'Oglio n'avaient pas disparu d'un coup de baguette magique. Le nouveau coach veut imposer son jeu à l'adversaire mais comment y parvenir avec de telles lacunes techniques et un secteur offensif aussi peu inspiré ? A l'image d'un Lucas Stassin, avant-centre titulaire recruté pour 10 millions d'euros, qui marque, depuis le début de saison, un but toutes les 339 minutes…
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Stassin, l'attaquant des Verts en grande difficulté
Crédit: Getty Images
A quelle branche peuvent se raccrocher les Verts ? Quelques brindilles, tout au plus. Dans les chiffres, cette ASSE version 2024/2025 bat des records de médiocrité. Saint-Etienne n'avait plus encaissé autant de buts (45) après aussi peu de journées (21) depuis plus de 70 ans. Les Verts n'ont remporté aucun de leurs 18 derniers déplacements en Ligue 1, du jamais-vu depuis 20 ans, et aucune équipe du top 5 européen n'a encaissé plus de buts à l'extérieur (34) qu’eux.
Sentiment étrange après le mercato
Voilà pour les statistiques, assez terribles. Mais dans le jeu, le contenu, et les rapports de force avec les adversaires, c'est encore plus effrayant. Samedi dernier, Rennes, qui luttait encore avec Saint-Etienne au classement, a dévoré une équipe complètement déséquilibrée et incapable de trouver une forme de stabilité et l'ASSE a donné l'impression de pouvoir jouer des heures sans marquer le moindre but.
Depuis le début de saison, l'écart entre elle et ses adversaires est, le plus souvent, gigantesque. Deux des exemples les plus frappants restent les deux rencontres à Geoffroy-Guichard face à l'OM pour autant de défaites (0-2 puis 0-4 en Coupe de France) sans appel. Il fallait alors avoir beaucoup d'imagination pour croire que les deux formations évoluaient dans la même division tant elles semblaient à des années-lumière l'une de l'autre. Et ce samedi, les Verts retrouvent l'OM avec autant de certitudes qu'au match aller.
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Younis Abdelhamid symbolise l'échec du recrutement estival des Verts
Crédit: Getty Images
Pourtant, le mercato d'hiver est passé par là mais il n'a rien résolu et même diffusé un sentiment étrange. Alors que les barragistes devaient se renforcer urgemment en défense, notamment sur les côtés où leurs latéraux (Denis Appiah, Léo Pétrot, Yvan Maçon et Pierre Cornud) ne sont pas au niveau, seul un défenseur central, Maxime Bernauer, a débarqué en prêt dans un secteur lui aussi en crise où personne ne convainc. Ivan Cardona, prêté, a complété un mercato d'hiver très frugal au regard des besoins. Dans le même temps, le Stade Rennais se refaisait une équipe pour 75 millions d'euros, Nantes accueillait quatre nouveaux joueurs, tout comme Le Havre.
Parmi les équipes en danger, l'ASSE est même celle qui a fait le plus gros bénéfice en vendant Mathis Amougou pour 15 millions d'euros à Chelsea et en ne dépensant rien. Même avec un nouveau milliardaire à sa tête, Saint-Etienne vend les bijoux de famille et plus tôt encore que William Saliba, Mahdi Camara, Wesley Fofana ou Lucas Gourna-Douath qui, eux, avaient eu le temps de s'installer sous le maillot vert. Samedi, après un nouvel affront, il a fallu accepter la fronde des tribunes. "Vous êtes des nuls", "On veut une équipe digne de son public" : voilà ce qui est descendu des deux kops, visiblement lassés. Leur patience a des limites et d'espoir, il n'en est aujourd'hui plus question.
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Olympique de Marseille
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AS Saint-Etienne
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