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Interview Luka Elsner (Reims) : "Faire comme Brest ? Pas de calcul avant mars-avril"
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Publié 17/10/2024 à 23:52 GMT+2
Intronisé cet été sur le banc de Reims, Luka Elsner effectue un début de saison très convaincant avec une quatrième place en Ligue 1. S'il refuse de parler déjà d'Europe, l'ancien Havrais est très satisfait par le style de jeu produit par ses joueurs et l'alchimie qui règne au sein de son groupe. Avant le déplacement à Auxerre dimanche, le technicien slovène s'est confié à Eurosport.
Luka Elsner, l'entraîneur de Reims, avec Teddy Teuma lors de la réception de Montpellier.
Crédit: Getty Images
Luka Elsner, quel regard portez-vous sur le début de saison de votre équipe ?
Luka Elsner : J'ai un regard positif sans être dans l'euphorie car c'est encore le début de saison. Nous sommes contents d'occuper la quatrième place et du style de jeu produit. Le contenu me semble intéressant. Maintenant, il doit y avoir de la continuité dans nos prestations.
Lors de ces sept premières rencontres, il y a notamment deux matches nuls contre le PSG (1-1) et l'OM (2-2). Cela veut dire que vous êtes capables de rivaliser avec les plus gros clubs du championnat...
L.E. : Cela représente une référence. On a aussi été contents de pouvoir répondre présents dans d'autres types de matches, je pense notamment aux rencontres à Angers (1-3) et contre Montpellier (4-2). Nous avons pu montrer toutes nos ressources. Après, cela ne nous donne aucune garantie pour la suite même si plusieurs séquences de nos derniers matches ont pu nous donner confiance. Il faut continuer à travailler.
Si on vous avait dit avant le coup d'envoi du championnat que vous seriez quatrièmes après sept journées, est-ce que vous y auriez cru ?
L.E. : Je ne me pose jamais ce type de question, je ne suis pas dans un esprit comptable quand je regarde le calendrier. Notre philosophie est d'avancer semaine après semaine et match après match. On verra où cela nous mène. C'est le travail au quotidien qui m'intéresse énormément. Après, le challenge pour nous est d'essayer de se maintenir à cette position le plus longtemps possible.
Reims a effectué son meilleur départ depuis la saison 1974-75. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
L.E. : Je suis toujours content quand mes joueurs ont l'occasion de rentrer dans des petits moments d'histoire. C'est toujours valorisant et cela amène un sentiment de fierté. Mais après, cela reste juste dans le domaine des anecdotes et des statistiques. L'histoire du Stade de Reims est autrement plus riche que ce petit état de fait.
Comment expliquez-vous ce si bon début de saison du Stade de Reims ?
L.E. : Je l'explique par le travail des joueurs et du staff mais aussi par cette envie de se remettre en question constamment et de préparer chaque match avec beaucoup de rigueur et d'énergie. Aussi, nous avons foi en nos capacités et en ce que ce groupe peut accomplir. Il y a également une alchimie positive entre les différentes strates de notre effectif. Pour l'instant, les voyants sont au vert. Je sais à quel point l'équilibre peut être fragile en football. Donc, il faut entretenir cette flamme.
Au regard de ce début d'exercice 2024-25 et de la qualité de vos prestations, est-ce que la qualification pour la Coupe d'Europe est dans un coin de votre tête ?
L.E. : Absolument pas. C'est bien trop tôt pour envisager ce genre de scénario, parce qu'on ne sait pas ce que la saison va donner. On s'attache à faire les choses dans l'ordre. Nous ne sommes qu'à la septième journée. On est encore loin de partir sur des calculs. Les calculs, ça n'arrivera pas avant mars-avril. Il y a encore du temps avant de se poser ce genre de question. Comme je le disais, notre énergie est consacrée au quotidien.
Quand vous voyez ce qu'a accompli Brest la saison passée, pouvez-vous être tenté de vous dire 'pourquoi pas nous' ?
L.E. : Non, on ne se compare vraiment à personne. Je suis très heureux pour Brest par rapport à son parcours de la saison passée. C'était vraiment une aventure incroyable pour eux et ils confirment plutôt bien en portant fièrement les couleurs françaises en Ligue des champions. C'est génial pour eux, mais le Stade de Reims, c'est le Stade de Reims.
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Luka Elsner félicite Emmanuel Agbadou après Reims-Montpellier.
Crédit: Getty Images
Quand vous entraîniez Le Havre (2022-2024), on retrouvait notamment un bloc très solide derrière. Avec Reims, l'équipe joue très bien au ballon. Est-ce que ce style correspond plus à votre philosophie personnelle ?
L.E. : Je pense que personne ne démarre sa carrière en ayant simplement la phase défensive en tête. On a tous un idéal dans le jeu. On veut tous donner du plaisir aux supporters mais il faut aussi rester réaliste par rapport à ce qu'on peut accomplir. J'essaie de jouer sur ces deux tableaux-là : être très compact pour laisser peu de place à l'adversaire et être créatif avec nos joueurs de mouvement qui nous permettent d'être dangereux sur une bonne partie de nos matches. Je suis dans le souci d'avoir un équilibre constant sur les deux phases. Sur nos dernières sorties, en matière de création offensive, c'était relativement plaisant pour les joueurs, le staff et les supporters.
L'été dernier, vous avez demandé à quitter Le Havre pour découvrir un autre projet. Êtes-vous satisfait de vos premiers mois avec Reims ?
L.E. : Oui je suis satisfait, épanoui et bien dans ma peau. J'ai vécu des moments très forts et très beaux au Havre mais je suis heureux par rapport à l'accueil qui m'a été réservé à Reims. Le groupe de joueurs a envie de répondre aux demandes et donne des signes de satisfaction au quotidien.
Concernant Gabriel Moscardo (prêté par le PSG) quand reviendra-t-il sur les terrains et que pensez-vous de son niveau ?
L.E. : Il est difficile de répondre sur la partie niveau, à part au regard de l'ensemble des images que nous avons pu visionner. C'est certainement un garçon qui pourra nous aider. Mais avec sa blessure, il a pris un retard assez important dans la préparation malgré ses efforts. Il n'est pas évident de fixer une date pour son retour. Il est difficile d'imaginer une séquence de 90 minutes dans les semaines qui viennent.
Après le départ cet été de Yunis Abdelhamid, qui était le pilier de l'arrière-garde rémoise ces dernières années, avez-vous eu des inquiétudes sur le secteur défensif à votre arrivée ?
L.E. : Non. Je me suis posé la question mais je pense qu'il faut toujours réfléchir à la logique derrière les choses. C'est un joueur qui est devenu légendaire au Stade de Reims. Il a marqué le club de son empreinte. Dans le football moderne, c'est rare d'avoir une longévité comme celle-ci (2017-2024) et un apport aussi majeur dans l'évolution positive d'un club.
Le brassard de capitaine a beaucoup tourné depuis le début de la saison à Reims (Munetsi, Agbadou et Teuma). Comment l'expliquez-vous ?
L.E. : Je ne comprends pas pourquoi on dévie l'idée principale présentée par le club selon laquelle Teddy Teuma est le capitaine cette saison. Malheureusement, il n'a pas pu être présent à chacune des rencontres. Derrière lui, on a un groupe de capitaines qui, en termes de hiérarchie, sont très égalitaires. Cela ne nous pose pas de problèmes d'avoir quelques variations. Au contraire, je pense que ça stimule tout le monde.
Reda Khadra sera absent de longs mois à cause de sa blessure et plusieurs joueurs rémois brillent en ce début de saison. Avez-vous déjà anticipé le mercato hivernal ?
L.E. : Je pense que l'anticipation est une nécessité pour tout club qui a des ambitions. Aujourd'hui, cela se passe plus au niveau de la direction plutôt qu'à mon niveau car on a encore plusieurs matches à jouer avant la fin décembre. Moi, je suis content du niveau de performance de la majorité de nos joueurs. Après, on ne peut pas prédire l'avenir. Le club est préparé à toute éventualité. Ceux qui mériteront une évolution de carrière, ils l'auront. Ce sera à nous de déterminer le timing. Mais je pense que beaucoup de nos joueurs se sentent bien aujourd'hui au Stade de Reims et qu'ils ont envie de livrer une grande saison. En tout cas, moi, je suis focalisé sur le prochain match à Auxerre dimanche. C'est la seule chose qui me préoccupe.
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