Ligue 1 - "Écoute Will, on n’a pas le choix" : Lens, ventes à la pelle, ambitions à la baisse ?
Par Arthur Merle
Mis à jour 14/02/2025 à 09:11 GMT+1
Annoncée l’été dernier, la cure d’austérité mise en place par le RC Lens semble encore plus sévère que prévu. Przemyslaw Frankowski vient de s’engager à Galatasaray, le point final d’un mercato très agité dans le sens des départs qui pourrait être lourd de conséquences. Les Sang et Or peuvent-ils encore lutter pour l’Europe dans ce contexte ?
Transfert de Samba, Khusanov sur le départ : "C'est Lens qui a raison"
Video credit: Eurosport
Le ton avait été donné dès l’été dernier. Exit Franck Haise et le directeur général Arnaud Pouille, remplacé par Pierre Dréossi. Et bonjour à une nouvelle ère, celle de l’austérité, avec "plus de rigueur financière et d’intelligence sportive", annonçait le président Joseph Oughourlian au mois de juin, avec comme objectif de vendre pour 100 millions d’euros. Mais le mercato estival ne s’était pas tout à fait passé comme prévu, avec les ventes avortées de Neil El Aynaoui à Monaco et Kevin Danso à la Roma.
Alors il a fallu rattraper le coup cet hiver. Et le club artésien l’a fait de manière spectaculaire. Un secteur en particulier en a payé les pots cassés : la défense, amputée de plusieurs cadres. Brice Samba a rejoint Rennes contre 14 millions d’euros, Danso a fini par quitter le navire, prêté avec obligation d’achat à Tottenham (21 millions, hors bonus), Abdukodir Khusanov a rapporté le jackpot en rejoignant Manchester City contre 40 millions d’euros hors bonus. Et Przemyslaw Frankowski a conclu le festival en rejoignant Galatasaray juste avant la fermeture du mercato en Turquie, là encore dans le cadre d’un prêt avec option d’achat (obligatoire, selon L'Equipe), de 10 millions d’euros hors bonus. Quatre titulaires ont plié bagages, dont trois cadres solides.
Des recrues inconnues
Pour compenser, Lens a (sans surprise) fait le choix du pari sur l’avenir. Juma Bah (18 ans, Manchester City, prêt), Andrija Bulatovic (18 ans, Buducnost Podgorica, 2M), Goduine Koyalipou (24 ans, CSKA Sofia, 2M), Nidal Celik (18 ans, FK Sarajevo, 2,5M) et Jeremy Agbofino (19 ans, Hacken, prêt) ont débarqué dans un anonymat total. Mathew Ryan (32 ans, AS Roma, 800 000 euros), plus référencé, est venu remplacer Samba. Lens n’a pas fait un chat à plus de 5 millions d’euros depuis l’été dernier et a une balance positive de 67,45 millions d’euros sur l’exercice en cours. La meilleure de Ligue 1.
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Koyalipu et Dante lors de Nice - Lens.
Crédit: Getty Images
Mais sportivement, la perte immédiate est énorme, alors qu’Elye Wahi avait déjà quitté le navire l’été dernier. Ce fut déjà flagrant à Nice (0-2), samedi dernier, où les Sang et Or ont livré une piètre prestation, déjà privés d’un Frankowski "pas en état mentalement" car en instance de départ. "Cela a été un non-match total. On n'a rien fait. Rien n'a été bon. Aussi bien individuellement que collectivement, on n'a pas été au niveau, on n'a même pas existé (…) C'est arrivé une fois, mais ça n'arrivera plus jamais", assurait Will Still après la rencontre.
Comment en être certain ? Car si Ruben Aguilar va enfin revenir de blessure, il faudra sans doute s’habituer à revoir Florian Sotoca aligné comme piston droit. Une anomalie parmi d’autres pour un club dont l’ambition est, rappelons-le, d’accrocher l’Europe en fin de saison.
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"Avec ce Dembélé, on se demande jusqu'où peut aller Paris"
Video credit: Eurosport
Ce n’est pas ce qui était attendu ou promis
Jusqu’ici, Lens s’est donné les moyens de l’atteindre, avec une 7e place à égalité avec Lyon et à 4 points du podium. Mais le contenu livré à Nice a de quoi laisser songeur. "Avant le mercato on s’était dit, ‘on ne va pas vendre et Kevin (Danso) et Abdukodir (Khusanov). Mais à force d’offres et étant donné la situation financière du club, on arrive à des situations où on n’a pas trop le choix", expliquait Still dans une interview accordée à la LFP début février, alors que le transfert de Frankowski n’avait pas encore été acté.
"On te dit ‘écoute Will, on n’a pas le choix, poursuivait-il. Ce n’est pas négociable, on ne peut pas se permettre de ne pas le faire, il faut qu’on le fasse’. ‘Ok, mais on les remplace comment ?’ ‘Avec des jeunes profils et des potentiels qui sont prêts à jouer si besoin, mais qui n’ont pas forcément le même niveau ou le même calibre que ceux qu’ils remplacent’. Ce n’est pas forcément ce qui était attendu ou promis, parce qu’il y a des choses qui sont promises et qui ne sont pas là".
"On te dit ‘écoute Will, on n’a pas le choix, poursuivait-il. Ce n’est pas négociable, on ne peut pas se permettre de ne pas le faire, il faut qu’on le fasse’. ‘Ok, mais on les remplace comment ?’ ‘Avec des jeunes profils et des potentiels qui sont prêts à jouer si besoin, mais qui n’ont pas forcément le même niveau ou le même calibre que ceux qu’ils remplacent’. Ce n’est pas forcément ce qui était attendu ou promis, parce qu’il y a des choses qui sont promises et qui ne sont pas là".
Le technicien belge devra visiblement s’y habituer. Et l’accepter. La direction lensoise en fera-t-elle autant si l’Europe s’envole en fin de saison ?
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