Ligue 1 - Roberto de Zerbi lucide avant le début de la saison : "Je savais que ce serait le bordel jusqu'à la fin août"
Publié 15/08/2024 à 11:26 GMT+2
Dans un très long entretien accordé à nos confrères de L'Equipe, Roberto De Zerbi est revenu sur son arrivée à l'Olympique de Marseille, une équipe qu'il entend redresser et où il souhaite incarner la stabilité. Le tacticien italien est impatient de démarrer son aventure avec le club phocéen même si son effectif, rajeuni, est encore incomplet. Il assure s'y être préparé avant de s'engager.
Roberto De Zerbi, nouvel entraîneur de l'Olympique de Marseille.
Crédit: Getty Images
À deux jours de ses grands débuts en Ligue 1 sur la pelouse de Brest, Roberto De Zerbi, intronisé à la tête de l'Olympique de Marseille le 29 juin, a accordé une très longue interview à L'Equipe.
Le technicien italien est revenu sur son arrivée dans un club qui a connu six entraîneurs en trois ans avant lui. "Il y a eu beaucoup de mouvements dans le club, à tous les niveaux, a-t-il reconnu. La stabilité se trouve en étant soi-même, en travaillant avec sérieux et passion, des choses que j'ai toujours eues en moi. Il n'y a pas de secret ou de formule magique. Un entraîneur fait partie de l'institution, ce n'est pas le chef. Sur le terrain, je suis le responsable. Ça ne veut pas dire que je commande, mais je veux contrôler mes idées de jeu."
L'EFFECTIF INCOMPLET, "PAS UNE EXCUSE"
Des préceptes qui ont fait son succès à Sassuolo (Italie), au Shakhtar Donetsk (Ukraine) et à Brighton (Angleterre), c'est-à-dire "un jeu de possession orienté sur la gestion des temps forts et le contrôle du ballon" - et donc à l'opposé de la construction verticale de son prédécesseur Igor Tudor -. S'il insiste sur la nécessité de comprendre les différents styles du championnat et de s'adapter, le Transalpin de 45 ans n'entend pas remanier ses principes à Marseille : "Je pense que lorsqu'il reprend une équipe huitième la saison passée, qu'il a un contrat de trois ans et des idées différentes, un nouvel entraîneur est obligé d'insuffler un changement radical dans l'équipe. Après, chaque entraîneur donne sa propre idée du football, mais il ne fait rien seul. Les acteurs principaux, ce sont les joueurs."
Les joueurs, justement. L'été phocéen a été marqué par les transferts qui ont largement remodelé le groupe professionnel. L'OM a perdu Pierre-Emerick Aubameyang et a réussi à exfiltrer Iliman Ndiaye, Vitinha, Jonathan Clauss ou encore Ismaïla Sarr. Mais il s'est également montré très actif dans le sens des arrivées avec neuf recrues dont deux gardiens de but et plusieurs éléments offensifs, le dernier en date étant Elye Wahi. Pour autant, écrire que le mercato olympien est un euphémisme et Roberto De Zerbi doit composer avec ce chantier permanent. "C'est difficile, mais je savais avant de signer que ce serait le bordel jusqu'à la fin août", a répondu celui qui affirme "être content" des joueurs à sa disposition et "de la manière dont le club a travaillé" : "On n'a pas l'effectif au complet, mais on travaille sans excuse ni demander de délais, on doit être prêts tout de suite car c'est ce que demande un club comme l'OM."
"ON RÊVE DE RIVALISER AVEC LE PSG"
Surtout que le début de saison de Marseille est émaillé de trois chocs lors les cinq premières journées de Ligue 1, entre des déplacements à Brest et à Lyon et la réception du rival niçois pour le derby de la Méditerranée. Si le public du Vélodrome se montrera plus patient avec lui qu'avec Marcelino la saison dernière, le natif de Brescia a conscience de la forte pression autour de sa nouvelle équipe et sait qu'une série de résultats moyens peut rapidement mener à une crise. "Marseille, c'est différent, c'est une autre saveur que n'importe où ailleurs. Et si tu réussis à l'OM, c'est encore plus beau", a-t-il évacué, avant d'ajouter : "Je veux avoir la chair de poule, me lever en pensant à faire exploser le Vélodrome, à faire marquer 15 buts à (Mason) Greenwood et 20 à (Elye) Wahi."
Roberto De Zerbi n'a pas échappé à la fameuse question qui escorte chaque début de saison des Phocéens : l'OM a-t-il enfin les moyens de rivaliser avec le PSG ? Chaque été, les supporters olympiens ont le droit à la même réponse pleine d'espoir et leur nouvel entraîneur ne déroge pas à la règle, même s'il prend le soin de rappeler que le club est en "construction" : "C'est notre rêve. Quand ? Je ne sais pas. Mais bien sûr que c'est notre ambition, sinon tu ne viens pas à l'OM. On ne peut pas faire semblant non plus, bien sûr qu'on veut rivaliser avec Paris. Personne ne doit l'oublier à l'OM, et je ne parle pas seulement des joueurs."
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