Ligue Conférence - À Lens, le Still change, mais à quel prix ?
Par Oscar Josse
Publié 29/08/2024 à 00:11 GMT+2
Arrivé sur le banc du RC Lens cet été pour succéder à Franck Haise, Will Still espère prolonger les bons résultats de son prédécesseur. Un objectif qui passera par une qualification en Conference League contre le Panathinaïkos jeudi. Tant face aux Grecs qu’en Ligue 1, l’ancien du Stade Reims a fait parler sa patte tactique, non sans risque.
Will Still sur le banc du RC Lens.
Crédit: Imago
Après quatre très bonnes années sous la houlette de Franck Haise, difficile d’arriver à Lens et prétendre à une révolution. Will Still, conscient de cet héritage, avait directement annoncé la couleur. "L’effectif a été construit depuis plusieurs années pour jouer comme ça (en 3-4-3), expliquait-t-il le jour de sa présentation. Je ne vais pas arriver du jour au lendemain et tout changer. Il y a une base très solide, des principes en place. Je serais bête de vouloir tout changer." Pas de grands travaux, mais des adaptations.
Lens découvre un nouveau pressing…
Dès sa présentation à la presse, le Belge n’a pas caché ses idées. "J’espère gagner le plus de matches possibles !", répondait-il sans la moindre hésitation au moment d’être interrogé sur ses intentions, avant de détailler ces dernières. "J’ai envie d’attaquer, j’ai envie de presser, j’ai envie de jouer avec une énorme intensité." La base est posée, aux joueurs de la comprendre. Un premier élément de réponse est venu dimanche contre Brest lors de l’ouverture du score de Jhoanner Chavez après une récupération dans les trente derniers mètres.
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Jhoanner Chavez avec le RC Lens.
Crédit: Getty Images
Comme en Champagne, Still veut voir son bloc haut, un précepte symbolisé par ce but de son latéral gauche, trouvé en position d’ailier. Mais pas que. Un pressing collectif et donc des efforts produits par tous, même des offensifs. Des prises de position qui avaient fonctionné à merveille lors du match nul entre le PSG et Reims (1-1) le 29 janvier 2023.
. L'infatigable milieu défensif avait abattu un travail monstre pour presser haut et défendre bas. Un profil difficile à trouver dans l’effectif du RC Lens, hormis dans les qualités qui sont celles de Salis Abdul Samed (poussé vers la sortie). Alors, tout le monde est concerné et les efforts sont lourds, parfois trop.
…Et les joueurs de nouvelles responsabilités
Adrien Thomasson ne l’a pas caché, après le match aller contre le Panathinaïkos, les jambes tiraient. La faute à un carton rouge rapide de Facundo Medina (22e) et un match très rythmé. Pas de baisse de régime des Lensois malgré l’infériorité numérique, la méthode Still paraît claire. L’ancien Nantais découvrait également, et continue de le faire, un nouveau rôle. Positionné plus bas, Thomasson a une responsabilité à la relance et à la construction aux côtés d'Andy Diouf, profil plus défensif. Avec des latéraux portés vers l’avant et un véritable numéro 10 derrière les deux numéros 9, Anass Zaroury, les Sang et Or ont toujours le regard pointé sur le but adverse.
Près de cette zone, Lens et Still se découvrent également. Exit Elye Wahi, Remy Labeau-Lascary s’impose dans la rotation sur le front de l’attaque. Prêté à Laval la saison passée, le Français rentre dans les plans de son nouvel entraîneur, mais pas sans responsabilités. Il est le premier pion du pressing de son équipe et semble déjà avoir acquis les rudiments de ce rôle. "Ce qui est bien, c’est qu’il a un abattage et une énergie positive pour l’équipe, se réjouissait Will Still après le succès contre Brest. Il ne compte pas ses mètres, ses efforts." Florian Sotoca et Wesley Saïd, titulaires habituels, eux aussi habitués à ces efforts, doivent désormais s'accoutumer à une nouvelle organisation devant et la constante présence d’un deuxième attaquant de pointe.
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Rémy LABEAU LASCARY (RC Lens) et Julien LE CARDINAL (Brest)
Crédit: Imago
Des changements à perfectionner
Conséquence directe d’une intensité forte dans tous les aspects du jeu, Lens multiplie les fautes. Un choix loin d’être nouveau chez Will Still. Son Reims était déjà une des équipes qui taclait le plus et était la plus sanctionnée en Ligue 1. Un parti pris qui a fait le voyage entre la Cité des Rois et le Nord. Sur ses premiers matchs officiels, Lens s’affiche déjà comme une équipe qui en veut à la récupération du ballon.
Trois matchs officiels cette saison pour Lens et déjà deux rouges. Médina donc, mais aussi Deiver Machado, exclu en fin de match contre Brest. Deux cartons évitables avec une once d’agressivité en moins. Still assume. "C’est un sport de contact, ça va arriver", affirmait-il dimanche en après-match. Medina aussi avait été défendu par son entraîneur, pour qui cette grossière faute "fait partie du foot".
Mais en plus de risquer des exclusions, les Artésiens s’exposent, comme le relatait Éric Roy dans la Voix du Nord. “On voulait être beaucoup plus acteurs du match, en avançant sur l’adversaire, en jouant dans son dos. On sait que Lens joue en un contre un, ça aurait ouvert des situations.” Pas de sanction dans cet aspect du jeu pour les Sang et Or. Mais quid de ce possible risque face à de plus gros adversaires ? La Conference League, si qualification il y a, sera un test grandeur nature. Pour tout un club, tout un staff et toute une idée de jeu.
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