Mercato | Khvicha Kvaratskhelia est-il Luis Enrique compatible ?
Eurosport sur GoogleLe voici le voilà. Avec six mois de retard. Promis à un départ au PSG l'été dernier, Khvicha Kvaratskhelia va débarquer enfin au sein du club de la capitale, qui devrait débourser plus de 70 millions d'euros pour le recruter selon les sources. Ensuite, tout sera entre les mains de Luis Enrique, qui devra jongler entre le contexte tactique à lui associer... et la liberté à lui accorder.
Le PSG a-t-il vraiment besoin de Kvaratskhelia ? "Ça n'a pas de sens"
Video credit: Eurosport
Khvicha Kvaratskhelia a fini par obtenir gain de cause. Après avoir entamé - en vain - un bras de fer avec le Napoli l'été dernier pour rejoindre le PSG, l'international géorgien, alors retenu par son club et notamment son nouvel entraîneur Antonio Conte, est finalement arrivé à ses fins six mois plus tard. À la surprise générale, d'ailleurs, puisque personne n'aurait imaginé "Kvara" faire ses valises en pleine saison, encore plus avec une équipe en tête du classement de Serie A et revigorée par l'arrivée d'un technicien habitué à gagner de l'autre côté des Alpes. "Je me rends compte que c'est un coup de tonnerre mais j'ai pris du recul. Je ne voudrais pas que demain, s'il restait, il pense que je l'ai enchaîné ici", déclarait l'ancien sélectionneur de l'Italie en fin de semaine passée, "déçu" de pas avoir convaincu son joueur sur le moyen terme.
Joueur clef du titre du Napoli en 2023, élu cette saison-là meilleur joueur de Serie A, Kvaratskhelia, 23 ans, évoluait depuis juillet 2022 sous le maillot de Naples. Alors que son contrat avec le Napoli expirait en 2027, et que ses dirigeants ont multiplié les rendez-vous pour le convaincre de prolonger, le numéro 77 a décidé de faire ses valises. Et cette fois en obtenant gain de cause. Les voilà désormais bientôt posées à Paris, où "Kvara", qui a coûté un peu plus de 70 millions d'euros au PSG, sera très attendu à l'aube d'une deuxième partie de saison qui s'annonce intense.
Pour Luis Enrique, c'est sans aucun doute une arme supplémentaire à son arsenal offensif. Bien qu'il faille lui trouver le bon équilibre entre tacticisme et liberté. Car "Kvara" est un dribbleur né. Un joueur capable de faire la différence sur un geste ou une action. À condition, évidemment, d'avoir la possibilité de dézoner, parfois, pour laisser parler sa technique et sa fantaisie, sans forcément devoir respecter toute une série de devoirs tactiques.
"Pas un joueur anarchique"
"Mais ce n'est pas un joueur anarchique, nous assure Vincenzo Credendino, journaliste transalpin et suiveur du Napoli pour plusieurs médias locaux. Il a eu différents entraîneurs ici, mais ce n'est pas pour autant qu'il était le joueur à bénéficier d'une liberté totale sur le terrain. Il change rarement de zone de son propre chef. Il peut parfois s'excentrer, ou aller à droite, mais c'est très rare... Sa zone, c'est le couloir gauche. C'est de là qu'il aime partir principalement. Et à gauche, il a de grandes capacités à jouer collectivement." Mais à une condition : que le contexte tactique autour de lui soit le bon et le valorise au maximum.
"Ici, à Naples, il a toujours performé avec des joueurs tels que Zielinski et Mario Rui, qui étaient ses compères dans cette zone du terrain, poursuit notre confrère. Il pouvait alors montrer toutes ses capacités, qui ne se résument pas uniquement au dribble. C'est aussi un joueur qui voit le jeu." Et ça, Luis Enrique le sait bien. Avant de donner son aval sur cette piste l'été dernier, le technicien espagnol avait parfaitement étudié le profil de son nouveau joueur. Au point d'en être rapidement sous le charme et donner son feu vert.
"C'est un binôme qui peut fonctionner, confirme Pierpaolo Matrone, journaliste au sein de la chaîne locale Telecapri. C'est vrai que c'est un joueur avec beaucoup de fantaisie et qui aime la liberté sur le terrain, mais c'est aussi un joueur capable de s'adapter à un contexte collectif et des schémas de jeu. Il suffit de rappeler sa première saison à Naples, où l'équipe de Luciano Spalletti était une horloge parfaitement réglée. Une machine de guerre qui a logiquement remporté le titre. Tout était tactiquement parfait. Kvara a besoin d'avoir des espaces sur le terrain ? C'est vrai. Mais cela n'exclut pas une grande capacité d'adaptation à des demandes spécifiques sur le plan tactique."
Kvaratskhelia s’adaptera sans problème
Entré dans une nouvelle dimension après son premier exercice napolitain, l'international géorgien, qui a brillé par intermittence lors du dernier Euro 2024, a connu bien des turbulences depuis. Sur le terrain comme en dehors (non-prolongation de son contrat, nervosité sur le terrain, performances qui stagnent…). Mais il n'en a pas perdu pour autant sa soif d'apprendre. Techniquement comme tactiquement. Ce qu'il a d'ailleurs fait pendant une bonne saison avec Luciano Spalletti, maître en la matière, et une demie à écouter les consignes d'Antonio Conte, réputé pour faire travailler encore et encore ses mécanismes à ses joueurs. Jusqu'à tant qu'ils soient parfaitement absorbés. L'exercice 2023-2024 ? Avec trois entraîneurs en une saison et une dixième place finale, tout le monde préfère l'oublier à Naples. Observateurs, joueurs et supporters.
"Kvara ? Je l’aime beaucoup, pas seulement en tant que joueur. Il travaille, il demande des conseils, il a soif de victoire et c’est un footballeur impressionnant, reconnaissait son coéquipier André-Frank Zambo Anguissa dans un entretien accordé à The Athletic. On peut compter sur lui sur le terrain. Quand on joue, on a envie de lui donner le ballon parce que ce qu’il fait est incroyable. Certains jeunes joueurs ne sont pas comme lui. Quand vous devenez un grand joueur, tout le monde parle de vous et vous risquez de perdre la tête. Il n’est pas comme ça. Il continue de travailler, travailler, travailler, à essayer de gagner, à donner le meilleur de lui-même pour l’équipe. Il vous parle toujours : Je dois faire ceci ou cela. Qu’en pensez-vous ? Ce genre de joueur est très difficile à trouver."
Très pointilleux sur certains aspects tactiques, Luis Enrique tentera d'expliquer très rapidement plusieurs de ses concepts à "Kvara", pour qui un temps d'adaptation sera très certainement nécessaire. Qui plus est en plein cours de saison. "Au Napoli, il a toujours mis son talent au service de l'équipe, se remémore Matrone. Avec Spalletti, quand il attaquait, il aimait laisser exploser toute sa fantaisie. Mais il savait défendre aussi. Il connaissait ses devoirs tactiques, comme quand il rentrait parfois dans l'axe pour servir de point d'appui à ses coéquipiers. Si le PSG de Luis Enrique trouve la bonne solution tactique autour de lui, alors Kvaratskhelia s'y adaptera sans aucun problème, car c'est un joueur discipliné et à l'écoute. Il a passé deux ans et demi en Italie, un pays où la tactique est toujours très importante. Autant dire qu'il a beaucoup appris en Serie A. Cette expérience lui servira de base pour s'adapter à cette nouvelle vie tactique au PSG." Elle devrait commencer d'ici peu.
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