Du jeu, mais pas d'enjeu : le report de la "finale" du championnat entre Paris et Lens a privé la Ligue 1 du sommet qu'elle méritait

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Une finale dans le jeu, mais sans l'enjeu. Voilà ce qu'a engendré le report du sommet du championnat de France 2025-2026, disputé un mercredi soir de fin de saison sans que le dauphin, Lens, ne puisse rattraper le Paris Saint-Germain, officiellement titré à Bollaert. Une balle tirée dans le pied de la Ligue 1, qui méritait mieux qu'un simple beau match de football pour couronner son champion.

Lens-PSG, le 13 mai 2026.

Crédit: Getty Images

Les livres d'histoire retiendront que les Parisiens sont allés décrocher leur quatorzième titre de champion de France sur le terrain de leur dauphin lensois, d'une courte victoire un brin heureuse (0-2), à une journée du terme de la saison 2025-2026. Ceux qui ont vécu cette "finale" du championnat auront, il est vrai, savouré un joli mano a mano, dominé par les Lensois, où il y avait tout. Sauf le suspense d'une course au titre pliée d'avance, quoiqu'ait pu faire Lens.

Rien d'autre que l'enjeu n'a manqué dans cette soirée où un Racing pas verni a poussé, mais a buté sur un grand Matveï Safonov (8 arrêts). Où Paris a puni l'erreur de relance de Malang Sarr, d'un échange entre ses deux ogres de devant, Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia, et confirmé tardivement d'une frappe limpide d'Ibrahim Mbaye.
Il y a eu du rythme. Des frappes. Des arrêts (surtout d'un côté). Les meilleurs acteurs du championnat, à leur meilleur niveau. Un titre. Mais un suspense tout relatif, alors Paris ne pouvait que mathématiquement être remonté, et que ce match aurait pu, ou plutôt dû se tenir le 11 avril, sans l'intervention de la Ligue de football professionnel. 

Cette course au titre devenue un mirage

Il y a un mois, Lens, déjà distancé – le Racing comptait déjà sept points de retard sur le PSG au moment où il aurait dû affronter les Parisiens –, pouvait encore remonter. Au coup d'envoi, ce mercredi soir, les Sang et Or ne pouvaient qu'espérer un miracle, six points derrière Paris, avec quinze buts à rattraper en deux matches.
En offrant ce luxe à Strasbourg et au Paris Saint-Germain de déplacer leurs rencontres de championnat pour servir leurs intérêts européens, la LFP a sans doute privé la Ligue 1 d'un vrai choc, du duel pour le titre que méritait la folle résistance lensoise. Au lieu de ça, Florian Thauvin l'avouait dès le mois dernier : "Il n'y a plus de course au titre". C'était après le nul de Lens à Brest (3-3). Son entraîneur, Pierre Sage, récompensé aux Trophées UNFP lundi soir, avait encore enfoncé le clou au micro de Ligue 1+ : "On a essayé de les pousser dans leurs retranchements. On a loupé quelques virages dans notre saison, qui est imparfaite. Pour les surclasser, il faut faire une saison parfaite." Fini d'avance. 
On peut être fiers de notre saison
Pourtant, aucun des 31 joueurs qui ont foulé la pelouse de Bollaert-Delelis n'a calculé son effort, et le spectacle a suivi. Symbole d'une franche rivalité, ce beau match a magnifié la saison, retenait le milieu lensois Mamadou Sangaré : "Je pense qu'on méritait mieux ce soir, on a fait un grand match et on est tombés sur un grand gardien en face. On peut être fiers de nous, de notre saison."
Un exercice qu'ont animé les Lensois presque de bout en bout, pour le plus grand bien de la Ligue 1, de l'aveu de Luis Campos, conseiller spécial du PSG, interrogé par Bein Sports après la rencontre : "Après une année compliquée, avec ce qu'il s'est passé avec les droits télé, on a vu une saison extraordinaire, de mon point de vue. Au niveau du football, avec de grandes équipes : Monaco, Lille, Lens, Lyon… On a vu des grands matches. Ceux qui aiment le foot peuvent se réjouir de ce qu'il s'est passé cette année en France." Ceux qui aiment le foot auraient aussi aimé que ce match soit joué à la date initiale. Encore plus après avoir vu la prestation lensoise qui méritait "au moins un point" selon les deux coaches.
Mais les Lensois, ce soir, voulaient aussi faire la fête et avaient un peu en tête cette finale de Coupe de France face à Nice, dans neuf jours, pour parachever d'un titre cette saison fantastique. Et tous les Parisiens, à entendre les "Ce n'est pas fini" d'Ousmane Dembélé et Matveï Safonov, au micro de bein Sports, avaient leurs pensées déjà tournées vers Budapest, et cette finale du 30 mai prochain.
Dans un élan de joie tout relatif, puisqu'il savait déjà qu'il serait titré ce soir, Ousmane Dembélé a tout de même précisé, un bref sourire aux lèvres : "On va fêter ça puisque c'est officiel, on est champions". Sans point d'exclamation. Même si personne ne pourra reprocher aux deux équipes leur implication, pour que cette "finale" sans enjeu reste, a minima, un bon match de football.
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