Ligue 1 | A Lyon, Michele Kang et Michael Gerlinger sont rassurants... pour l'instant
Par Julien Pereira
Mis à jour 10/07/2025 à 17:00 GMT+2
Ils doivent incarner le renouveau. S'ils ont déjà frappé un grand coup en convaincant la DNCG de maintenir l'Olympique Lyonnais, Michele Kang et son bras droit Michael Gerlinger ont aussi réussi leur première opération séduction. La milliardaire américaine et son directeur général ont donné l'impression, sur la forme, de vouloir repartir sur des bases plus saines. Reste à connaître le fond.
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Ils ne connaissent rien, ou presque, de l'OL. Cela aurait sans doute été inquiétant s'ils n'avaient pas succédé à la hâte à un homme qui n'y connaît rien, ou presque, au football. Mercredi, lors d'une conférence de presse organisée quelques heures seulement après l'annonce du maintien du club en Ligue 1 par la DNCG, Michele Kang, nouvelle présidente du club, et Michael Gerlinger, directeur général, ont rassuré malgré tout.
Les deux nouveaux patrons de l'Olympique Lyonnais, dépêchés à la tête du club après le retrait de John Textor, ont su, en à peine plus d'une semaine, réinstaurer un climat de confiance à la fois pour le gendarme financier du foot français, mais aussi pour les supporters. Sur le fond, la milliardaire américaine et son associé allemand n'avaient rien, ou presque, à apporter : les neuf derniers jours ont avant tout servi à peaufiner le dossier pour séduire la commission d'appel, et rien d'autre. Logique.
Voilà pourquoi Kang a dû demander confirmation à son bras droit lorsqu'elle a évoqué la sixième place décrochée par son club la saison dernière, voilà pourquoi Gerlinger a précisé qu'il n'avait pas encore déterminé de feuille de route précise pour la suite de la vie de l’OL. Tout cela avait fini par devenir anecdotique face à l'urgence de la situation.
Mais sur la forme, ce binôme a déjà gagné des points. Kang, communication fluide, gestuelle contenue et maîtrisée, a dégagé de l'assurance et de la crédibilité. Sans s'emmêler avec les chiffres, sans évoquer de montages obscurs, sans s'aventurer dans des explications économiques bancales comme l'avait parfois fait son prédécesseur - et toujours associé, rappelons-le - la propriétaire d'OL Lyonnes a marqué une forme de rupture.
Kang marque une rupture avec Textor
Là où Textor criait sur tous les toits que la DNCG ne comprenait rien à son business plan, Kang n'a cessé de rappeler à quel point ses discussions avec Jean-Marc Mickeler, patron de l'instance, avaient été précieuses pour comprendre les attentes. "Il a fallu que l'on travaille beaucoup pour respecter toutes les règles, et il nous a donné une vraie orientation, très claire, pour nous aider à comprendre, a-t-elle confié. C'est pour ça que l'on a pu transmettre les bonnes informations. Ça a été fondamental."
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Et à ceux qui s'inquiétaient du spectre d'un retour aux affaires, sous un autre statut, de John Textor, Kang a fait passer un message. "J'ai 100% de contrôle sur l'organisation, a-t-elle insisté. Il n'y a personne d'autre qui pourra influencer nos décisions au jour le jour." Elle a aussi promis de "restaurer l'intégrité du club", et de "respecter toutes les règles et toutes les politiques, en étant totalement transparente. Toutes les parties prenantes seront alignées pour aller dans la bonne direction."
Autre grosse différence avec son prédécesseur : sa vision du business. Kang a rappelé que le sportif devait être au cœur du projet, avant de songer au reste : "bien sûr, nous allons travailler sur la discipline financière mais à mon sens, nous sommes une entreprise de football et tout commence avec le succès sur le terrain, a-t-elle rappelé. Ça ne veut pas dire que l'on va gagner le championnat tous les ans, même si ce serait bien. Mais la réussite sur le terrain doit être le moteur. Ainsi, il y aura plus de supporters au stade, devant la télévision, sur internet. Et cela va attirer des partenaires commerciaux, etc. Il y a beaucoup d'argent à gagner avec la réussite sportive. Donc, même si nous allons travailler sur la discipline financière qui était défaillante, nous allons aussi tout faire pour réussir sur le terrain."
Pas de "plan d'austérité", mais...
La femme d'affaires américaine n'est pas allée plus loin dans le détail du projet sportif. Elle assume bien volontiers déléguer la gestion du terrain à son bras droit, Gerlinger, beaucoup plus au fait et expérimenté qu'elle. Celui qui a notamment officié au Bayern Munich a refusé de parler de "plan d'austérité", préférant évoquer une "réadaptation du budget" que l'OL avait soumis en première instance, le 24 juin.
"Bien sûr, il y aura des sessions de joueurs, comme tous les ans pour tous les clubs, a-t-il admis. Comme je l'ai déjà dit, on a légèrement adapté le plan. On va analyser l'impact lors des prochains jours, avec Matthieu Louis-Jean [directeur technique, NDLR] mais je ne pense pas que ça implique de grands changements."
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En revanche, Gerlinger n'a pas dit un mot sur les éventuels départs de Malick Fofana ou Lucas Perri, deux valeurs marchandes importantes dont les transferts étaient évoqués avant le passage en commission d'appel. Mais il n'a pas totalement écarté les arrivées de deux joueurs de Nottingham Forest, club possédé par un grand ami de John Textor. "Sur Nottingham, il y a quelques transferts envisagés, a-t-il avoué. Il faut vérifier la situation contractuelle en ce moment et on va analyser ça dans les prochains jours aussi". Les dernières traces de l'homme qui a bien failli plonger l'OL dans l'abîme n'ont pas encore été totalement effacées.
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