Ligue 1 - Dix points, des millions, un trophée : tout ce que l'Olympique de Marseille a perdu dans le dernier quart d'heure cette saison
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 20/02/2026 à 16:04 GMT+1
Comme face à Strasbourg samedi dernier, l'Olympique de Marseille a souvent craqué dans le dernier quart d'heure de ses rencontres cette saison. Ils y ont perdu très gros. Et pas seulement en Ligue 1, où un tiers des buts encaissés par les Phocéens l'ont été durant ce "money time". Un angle mort qui doit désormais devenir l'un des gros chantiers du club marseillais sous Habib Beye.
Pierre-Emile Hojbjerg et les joueurs de l'OM après leur défaite face à Bruges en Ligue des champions, synonyme d'élimination, le 28 janvier 2026
Crédit: Getty Images
Si Gérard Piqué voulait relancer sa proposition d'écourter les matches de football à une soixantaine de minutes, il pourrait trouver à Marseille des alliés de circonstance. Depuis le début de la saison, l'OM gâche sans cesse des matches dans le dernier quart d'heure de jeu. Comme si l'ex-équipe de Roberto De Zerbi était incapable de déployer toutes ses qualités défensives sur la longueur d'une heure et trente minutes de jeu. Ce qui lui a (déjà) coûté cher, très cher, depuis août dernier, et devra être sérieusement étudié par Habib Beye, nouveau coach olympien.
S'il n'y avait pas cette Coupe de France sans l'épouvantail Paris Saint-Germain comme dernier espoir, on pourrait même se dire qu'elle y a ruiné sa saison. En championnat, l'Olympique de Marseille a perdu dix points dans le dernier quart d'heure de jeu (contre Strasbourg, le Paris FC, Toulouse, Angers, Lyon et Rennes). Soit tout pile le nombre de points qu'il lui faudrait pour être toujours dans la course pour le titre. S'ils étaient restés solides durant les fins de matches, les Marseillais seraient, à l'issue de la 22e journée, à un point du PSG et deux du RC Lens au classement de la Ligue 1.
Et même si tout cela impliquerait une perfection très hypothétique, il n'en reste pas moins qu'il y a effectivement un déficit de performance particulièrement préjudiciable pour l'OM dans ce secteur. Quand 11 des 29 buts encaissés par Marseille l'ont été dans le dernier quart d'heure de jeu, c'est seulement 5 (sur 19) pour le PSG et 3 (sur 17) pour le RC Lens. À l'échelle du championnat, seuls les relégables Metz (14) et Nantes (13) et le promu Lorient (13) ont encaissé plus de buts dans le "money time". Et cette faiblesse chronique de l'OM ne se limite pas aux rencontres de Ligue 1.
Près de 3,5 millions d'euros perdus
Le club marseillais a souvent craqué en Coupe d'Europe, aussi. Face au Sporting Portugal, à l'Atalanta Bergame et au Real Madrid, ils se sont inclinés alors qu'ils se dirigeaient vers un match nul. Soit trois points perdus, alors qu'un seul de plus aurait suffi pour se qualifier pour les barrages. Et face à Liverpool ou Bruges, leurs relâchements coupables dans les dernières minutes de matches pliés leur ont pourri une différence de buts responsable de leur élimination.
Pour ajouter à leur malheur : en Ligue des champions, chaque résultat se monnaie. En additionnant les primes de matches nuls perdues, la prime de qualification pour les barrages manquée, et la différence de rémunération entre le 24e et le 25e de la phase de ligue, l'OM s'est privé de 3,375 millions d'euros. Et même si la somme n'est pas indispensable à la santé économique du club, c'est tout de même un manque à gagner particulièrement malheureux, littéralement le "money time".
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Video credit: Eurosport
Enfin, pire que des points et de l'argent, c'est surtout un titre que l'OM a laissé échapper en fin de match. Puisqu'avant de s'incliner aux tirs au but face au Paris Saint-Germain lors du Trophée des champions, l'OM a subi l'égalisation à la… 90e+5. "Déçu parce qu’à deux, trois minutes près, on ramenait le trophée à Marseille", regrettait alors le désormais ex-entraîneur de l'OM Roberto De Zerbi. Ce soir-là, l'Italien n'en disait pas beaucoup plus sur la faillite de ses joueurs dans les derniers instants. Un phénomène qu'il n'a jamais réussi à solutionner.
Et qui, parmi d'autres, a certainement dû peser dans sa chute. "C’est une défaite qui doit nous servir" espérait-il en août après la défaite de son équipe à Rennes, la première de la saison concédée dans le temps additionnel. "C'est difficile à expliquer. Les dix dernières minutes, la lumière s'est éteinte" expliquait-t-il plusieurs mois plus tard, quand ses joueurs ont gâché une avance de deux buts face au Paris FC. Mais malgré son départ, la réception de Strasbourg samedi dernier a prouvé que l'OM n'était pas encore guéri. Il est là, le premier défi de Marseille à présent : pour cicatriser, il faudra commencer par soigner ses fins de matches.
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Stade Brestois
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Olympique de Marseille
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