Ligue 1 I Mercato, salaires, ventes : pour l'Olympique de Marseille, l'heure des comptes a sonné

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Sanctionné par l'UEFA pour ses manquements au fair-play financier, l'OM a écopé mercredi d'une amende de 10 millions d'euros, et reste sous la menace d'une "exclusion de la prochaine compétition" européenne pour laquelle le club "se qualifierait au cours des trois prochaines saisons". Si la formation olympienne a échappé de peu au pire, l'heure est maintenant au grand changement. Et aux économies.

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Video credit: Eurosport

Le couperet a fini par tomber mercredi en fin d'après-midi pour l'OM, qui commençait à sérieusement trouver le temps long. Dans un communiqué officiel, où le club olympien occupe d'ailleurs la majeure partie, l'UEFA a fini par statuer sur une situation financière délicate, bien loin des engagements pris il y a maintenant quatre ans avec l'instance (ndlr : le club s'était engagé à revenir dans les clous du "fair-play financier", soit un déficit inférieur à 60 millions d'euros sur trois saisons, à combler par l'actionnaire).
Si la commission de contrôle financier des clubs (CFCB) a entendu l'argument de la chute drastique des droits TV nationaux, évitant ainsi aux Marseillais sa sanction la plus lourde, c'est-à-dire une exclusion immédiate de l'une de ses compétitions européennes (en l’occurrence la Ligue Europa), elle lui a toutefois infligé une panoplie de sanctions.
Une amende de 10 millions d'euros, d'abord, qui ne va certainement pas faire du bien aux caisses du club, mais encore et surtout une "exclusion de la prochaine compétition" européenne pour laquelle le club "se qualifierait au cours des trois prochaines saisons", s'il ne revient pas dans les clous budgétaires d'ici un an. Comprenez mieux : soit l'OM rentre dans les rangs d'ici un an, soit ce sera la porte. Le club de Frank McCourt s'est également vu infliger "une restriction de la capacité d'enregistrer de nouveaux joueurs" pour la prochaine C3, soit l'impossibilité de présenter une liste d'une valeur comptable supérieure à celle alignée la saison dernière en Ligue des champions.

Vendre, et vendre bien

Au sein du club, deux sentiments règnent depuis ces décisions prises par l'UEFA. Du soulagement, quand même, de pouvoir jouer la Ligue Europa la saison prochaine, tant pour l'aspect sportif que celui économique. Mais aussi un grand sens des responsabilités, puisque tout le monde a bien conscience que la récréation est terminée. Place maintenant à la grande cure d'austérité. "L'OM a échappé au pire, mais l'exclusion est passée tout, tout près. Les discussions ont été longues et difficiles, avec (le nouveau patron) Stéphane Richard et (le propriétaire) Frank McCourt qui se sont personnellement engagés", expliquait à l'AFP une source ayant connaissance des derniers développements.
Dans ce sens, l'OM a rappelé que ces sanctions "constituent surtout un rappel" de sa "responsabilité", et s'accompagnent "d'exigences importantes". Autant dire que le plus dur commence pour la toute nouvelle direction marseillaise, qui va devoir se creuser la tête et sortir les calculettes pour renflouer les caisses dès cet été. Rappelons que, selon les rapports successifs de la DNCG, les pertes nettes ont continué à se creuser ces dernières années, passant de 12,6 millions d'euros en 2022-2023 à 39 millions en 2023-2024 puis 105 millions la saison suivante, soit le chiffre le plus élevé depuis le début de l'ère Frank McCourt en 2016. L'exercice 2025-2026 devrait être partiellement rehaussé par les recettes tirées de la Ligue des champions.
Face à l'urgence de la situation, l'OM va devoir vendre sur le mercato. Et vendre bien. "Quoi qu'il en soit, il faudra donc des ventes rapidement. Et ce sera surtout un mercato de départs, avec des salaires qui devront être revus", décryptait récemment une source au sein du club à l'AFP. Le premier nom qui vient à l'esprit est sans aucun doute celui de Mason Greenwood, probablement le joueur avec la valeur marchande la plus élevée.
En Italie, on insiste depuis plusieurs semaines pour dire que l'AS Rome, également punie d'une amende par l'UEFA mercredi, compte bien tout faire pour le recruter. Il va toutefois falloir sortir le chéquier pour le club romain : Marseille réclamerait au minimum 50 millions d'euros pour s'en séparer, sans compter les bonus. Surtout que Manchester United a conservé 40% sur la revente de son ancien buteur...
Le capitaine Leonardo Balerdi, qui estime son chapitre sur la Canebière clos, pourrait lui aussi rapporter une jolie somme. Malgré des derniers exercices pas vraiment emballants, sa cote sur le marché reste élevée. Pierre-Emile Hojbjerg semble lui aussi dans le viseur de plusieurs clubs. Se séparer de Pierre-Emerick Aubameyang et son salaire XXL (4,2 millions d'euros) pourrait également être une idée. En janvier dernier, le départ de Robinio Vaz à la Roma avait permis de récupérer 25 millions d'euros.

Lorenzi le funambule

"On doit faire mieux à l'OM, dans la gestion du club. Il ne s'agit pas que de dépenser de l'argent", avait reconnu en avril Frank McCourt, lors de la présentation de Stéphane Richard, nouveau patron du club, qui prendra officiellement ses fonctions le 2 juillet. Le nouveau directeur sportif Grégory Lorenzi est déjà lui au boulot. Débarqué dans ce contexte pas vraiment évident, il doit, tel un funambule, répondre à la nouvelle réalité financière du club tout en gardant une équipe compétitive pour retrouver la Ligue des champions dès la saison prochaine. Et bonne chance, surtout...
"Il va falloir être un petit peu plus inventif dans le recrutement, reconnaissait-il à L'Equipe il y a quelques semaines. Je privilégie le collectif. Il va falloir réussir à aller chercher des joueurs capables de créer une connexion, une identité. Des joueurs qui vont se battre sur le terrain, et auxquels les supporters vont pouvoir s'identifier, en incluant aussi le centre de formation, avec quelques jeunes qui émergent pour les développer et éventuellement avoir des retours sur investissement à plus long terme (...) L'OM est un club historique, très spécial, très populaire, très excitant. À nous de trouver le meilleur équilibre entre le projet sportif et notre réalité économique. Tous les clubs veulent réduire les coûts. Mais quand on est l'OM, on a aussi l'ambition de gagner des matches, de rendre fière une ville, d'être compétitif. L'objectif est de retrouver de la sérénité et de la stabilité. J'ai à bâtir une nouvelle équipe pour recréer une synergie, un groupe, un état d'esprit."
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Stéphane Richard et Franck McCourt

Crédit: Getty Images

"Les instances de régulation nous forcent à changer de train de vie, poursuit Richard, qui peut seulement compter sur la manne de la Ligue Europa. Chacun voit bien au regard des chiffres publiés qu'on n'est pas exactement dans les clous. J'hérite d'une situation qui n'est pas idéale mais c'est ainsi. Il y a des choses qu'on peut essayer d'optimiser ou de négocier mais on ne peut pas changer le passé. L'esprit, c'est de faire du mieux possible compte tenu des contraintes imposées par les régulateurs", rappelait de son côté Richard, bien conscient des dépenses presque inconscientes faites par la direction précédente.
Sur son bureau, le dossier Habib Beye, qui reste en l'état l'entraîneur de l'OM, doit être également être réglé. Le tout pendant que Bruno Genesio, avec qui tout serait ficelé, n'a d'autre choix que celui de prendre son mal en patience... C'est dans ce contexte brûlant que l'OM doit aussi passer mardi matin devant la DNCG, le gendarme financier du foot français, où il y présentera son bilan en fonction des mesures prises par l'UEFA.

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