Ligue 1 I PSG - Toulouse (28e journée) I Ibrahim Mbaye, le chouchou du Sénégal, pas de Luis Enrique

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Il ne vit pas la même chose en sélection et au PSG. Performant sous les couleurs du Sénégal, où son temps de jeu et sa cote de popularité pointent vers le haut, Ibrahim Mbaye connaît la situation inverse à Paris malgré une montée en puissance assez nette sur la fin de l’année 2025. Un paradoxe qui a ses raisons. Et qui traduit aussi l’exigence de Luis Enrique avec ses jeunes joueurs.

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Le peuple sénégalais est déjà fou de lui. Ibrahim Mbaye gagne les cœurs au fur et à mesure qu’il enchaîne les performances avec les Lions de la Teranga. C’est une constante depuis ses débuts en sélection en novembre dernier. La CAN l’a révélé, avec un impact crucial en sortie de banc. La trêve internationale de mars n’a fait que confirmer son ascension. Passeur décisif contre le Pérou (2-0), buteur face à la Gambie (3-1), l’attaquant de 18 ans prend une place toujours plus importante au sein du Sénégal, futur adversaire de la France lors de la prochaine Coupe du monde.
Mbaye n’est pas loin d’être le joueur favori des fans et ce n’est pas un hasard. En 10 sélections, il totalise 3 buts et 5 passes décisives en équipe nationale. C’est déjà remarquable. Mais ce qui impressionne le plus, c’est le ratio du Parisien, qui n’a été titularisé que deux fois par Pape Thiaw. Avec 358 minutes de temps de jeu, il est décisif toutes les 44 minutes avec l’équipe du Sénégal. Rien que sur ses statistiques, Mbaye a déjà de quoi séduire les supporters des Lions de la Teranga.
Et son sélectionneur, même s’il prend soin de mesurer les commentaires élogieux. "Sa prestation a été bonne même s’il y a des choses à améliorer comme tout le monde, a tempéré Thiaw après la victoire contre le Pérou, sans vraiment parvenir à masquer son enthousiasme à l’égard de Mbaye.  On sait que sa marge de progression est énorme. A 17 ans, gagner une Ligue des champions, une CAN pour son pays, c’est extraordinaire, sans compter le titre de champion de France. Moi, à 17 ans, je jouais la Gambardella."

78 minutes en deux mois, 112 en trois jours

Mbaye est en effet du genre précoce. C’est tout ce qu’indiquait sa première moitié de saison, où il avait aussi profité des multiples blessures dans le secteur offensif du PSG pour gratter des minutes. Sa titularisation et la qualité de sa prestation à Barcelone (1-2) avaient déjà marqué les esprits. Il avait surtout bouclé l’année 2025 en boulet de canon, en inscrivant son premier but de la saison, superbe, face à Rennes (5-0) avant de signer certainement la meilleure prestation de sa jeune carrière parisienne contre Metz (2-3) la semaine suivante.
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Luis Enrique n’avait pas manqué de souligner la progression de son joueur. "Il a montré encore plus, s’était-il réjoui. Il était libéré, en confiance, très juste dans ses choix, avec et sans ballon. Nous croyons en ses qualités." L’entraîneur parisien avait agi dans ce sens quand Mbaye était revenu de la CAN en le titularisant contre Auxerre (0-1) et Strasbourg (1-2). Sans impact à la Meinau, le Sénégalais était sorti dès la pause. Depuis, il n’a eu droit qu’à 78 minutes de temps de jeu en deux mois. C’est moins qu’en trois jours lors du dernier rassemblement du Sénégal (112 minutes).
Le contexte lui est certes moins favorable qu’en début de saison pour gratter du temps de jeu au PSG. Paris a plus de forces vives dans le secteur offensif depuis les retours de blessure d’Ousmane Dembélé et de Désiré Doué. Son calendrier est aussi moins dense avec l’élimination en Coupe de France et les reports des matches de Ligue 1 contre Nantes et Lens. Il y a moins de rotation dans l’effectif mais il y en a encore, comme lors de la victoire à Nice, juste avant la trêve internationale (0-4).

Mendes ailier gauche, comme un désaveu

Que Luis Enirique choisisse de faire monter Nuno Mendes au poste d’ailier gauche à l’Allianz-Riviera plutôt que d’offrir une titularisation à Mbaye pouvait ressembler à un désaveu pour l’attaquant sénégalais, particulièrement à l’aise dans ce rôle. Il y avait peut-être une dimension tactique à ce choix, avec la perspective de préparer l’absence de Bradley Barcola pour les semaines qui suivaient. Mais certainement, aussi, un message à l’attention de son jeune joueur.
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La dernière titularisation de Mbaye à Strasbourg a vraisemblablement déplu à Luis Enrique. Que le Sénégalais n’en ait pas connu depuis n’est pas forcément une sanction, davantage un rappel des exigences de l’Asturien, particulièrement sur l’intensité des déplacements de ses attaquants. L’entraîneur parisien ne rechigne jamais à donner du temps de jeu aux jeunes pousses parisiennes pour leur permettre de se développer. Mais il ne fait pas de cadeau pour autant. La situation de Mbaye en est le parfait exemple.
Elle n’est cependant pas figée. "Je pense que l'on a donné beaucoup de confiance à 'Ibé', assurait Luis Enrique vendredi en conférence de presse. On reste avec cette confiance. Il y a des moments où tu es plus à l'aise avec ta sélection nationale, d'autres où tu es plus à l'aise avec ton club. Cela ne change rien à nos pensées sur lui. J'espère qu'il pourra montrer sa qualité à Paris aussi." L’occasion pourrait se présenter vendredi face à Toulouse, si l’entraîneur parisien choisit de laisser au repos des titulaires sollicités en sélection en vue du choc de Ligue des champions contre Liverpool. Le chouchou du peuple sénégalais aurait tout intérêt à la saisir pour gagner le cœur de son coach.

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