Ligue 1 | Avant Lens-Toulouse, Sainté plutôt que le PSG, tacle à Mourinho : les 1000 vies d'Allan Saint-Maximin

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A 29 ans, Allan Saint-Maximin a eu une carrière bien à lui. De sa région parisienne à Lens, du jour où il a été renvoyé de Clairefontaine jusqu'à celui où il a payé sa tournée de vêtements, en passant par son accident avec un tramway et son "clash" avec José Mourinho, retour sur plusieurs marqueurs qui illustrent bien son parcours, sa personnalité, ses qualités et ses défauts.

Allan Saint-Maximin (RC Lens)

Crédit: Imago

Le jour où il a mis 8 buts dans un match à 10 ans

Natif de Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, Allan Saint-Maximin a connu plusieurs clubs en Ile-de-France. En 2007, après Ris-Orangis, le voici à l'ACBB, à Boulogne-Billancourt. C'est Guillaume Sabatier qui l'accueille pour le coacher, comme il le racontait à So Foot : "Un samedi, on me l’amène et on me dit : 'Tu vas voir, il est très bon, fais le jouer.' Sur le premier match, alors que je ne le connaissais pas du tout, il a mis huit buts.'" Pas étonnant qu'il se fasse rapidement un nom dans la région et qu'il devienne presque une attraction le week-end sur des matchs et des tournois.

Le jour où il a été renvoyé de Clairefontaine

Marcus Thuram, Christopher Nkunku, Amine Harit et Allan Saint-Maximin ont un point commun : avoir fait partie de la même promotion à Clairefontaine. De par son talent, "ASM" est évidemment passé par la maison du football français. Ce fut très court. Six mois. Avant d'être renvoyé. La cause ? Une sombre histoire de bizutage avec la génération du dessus, qui tourne mal, avec des bagarres, des rébellions... Un goûter volé, puis bien plus que ça.
"C'est passé aux coups de poing dans l'épaule, ça commençait à vraiment dégénérer, avouait-il dans So Foot. Dans ma chambre, j'étais avec un ami, qui n'avait pas le même caractère que moi. Vu qu'il ne répondait pas, c'est devenu la tête de Turc, et c'est ce qui m'a révolté. J'ai rendu les coups. J'avais un pote qui avait des marques dans le dos, les grands lui avaient donné des coups de latte. Ses parents sont venus se plaindre à la direction. À partir de là, les grands ont commencé à nous appeler 'la génération balance', et ils ont redoublé d'intensité. Une fois, j'ai eu une bosse grosse comme ça sur la tête car on m'avait jeté une boule de billard. C'est parti loin. Un soir, ce fut l'escalade. Ça a dégénéré à 20 contre 10. Après ça, il fallait que quelqu'un prenne." Et Saint-Maximin a pris la porte.

Le jour où il a choisi l'AS Saint-Etienne au détriment du PSG

Il expliquait, d'ailleurs, dans l'interview donnée à So Foot, que certains camarades de l'INF Clairefontaine lui avaient demandé de se désigner lors de ces bagarres, puisque lui était déjà engagé dans un club professionnel. Car, en effet, dès 2011, Saint-Maximin a opté pour le Forez et l'AS Saint-Etienne. Adieu son Ile-de-France, alors qu'il aurait très bien pu y rester. L'intéressé l'avait raconté à France Football : "Paris me voulait en 2011, juste au moment où le Qatar a racheté le club. Le PSG proposait même de belles choses : une maison à mes parents, une grosse prime à la signature (100 000 €). Mais mes parents n'avaient pas besoin de ça. Nos valeurs étaient ailleurs. Je me dis qu'au PSG, je ne serais peut-être pas sorti aussi rapidement qu'à Saint-Étienne. Mon parcours a fait le joueur et l'homme que je suis. J'en suis fier." Le nom de Saint-Maximin a pu, ensuite, être associé à de timides reprises avec le PSG pour un possible transfert, en 2020 puis en 2022.

Le jour où il a fait sa première en pro dans une soirée cauchemar

Quand on est joueur, impossible d'oublier des premières minutes dans le monde professionnel. Pourtant, pas certain qu'Allan Saint-Maximin conserve absolument des souvenirs heureux de son bizutage chez les grands. Nous sommes fin août 2013. L'AS Saint-Etienne joue un barrage pour disputer la phase de poules de la Ligue Europa. L'adversaire : les Danois d'Esbjerg. Très abordables pour les Verts. Sur le papier.
Première douche froide, à l'aller où, après avoir mené trois fois au score, Romain Hamouma et consorts se font renverser. Mais le 4-3 laisse de l'espoir pour le retour à Geoffroy-Guichard. Et pourtant... Les troupes de Christophe Galtier ne parviennent pas à percer le verrou danois. Pire, Moustapha Bayal Sall marque contre son camp à dix-sept minutes du terme. Galtier décide alors de lancer Allan Saint-Maximin, numéro 31 dans le dos, qui foule sa première pelouse professionnelle à 16 ans, 5 mois et 17 jours. Seuls Laurent Paganelli et Laurent Roussey avaient débuté encore plus jeune avec l'ASSE. Tellement précoce que Saint-Etienne va prendre le temps pour l'intégrer, ne lui offrant, par exemple, qu'une première titularisation avec le maillot vert plus d'un an après, en septembre 2014.
À noter qu'Allan Saint-Maximin était devenu à 16 ans et 3 mois, le plus jeune joueur de l'histoire de l'AS Saint-Etienne à passer professionnel : "C’est un rêve qui devient réalité, racontait-il sur RMC. Ça veut dire que tout ce que j’avais dit étant plus jeune - et que je continue de dire -  est arrivé. J’ai eu pas mal de personnes qui sont venues. Les personnes qui me connaissaient, qui m’avaient entendu parler, étaient un peu abasourdies. Elles se sont dit : 'Il parlait depuis ce temps, mais il est devenu pro, et encore plus rapidement que ce qu’on aurait pu penser.'"

Le jour où sa prolongation a quasiment mis fin à son aventure stéphanoise

En février 2015, alors qu'il est intégré au groupe, et qu'il réalise, par exemple, ses deux premières passes décisives face à Marseille et Lens, Allan Saint-Maximin prolonge dans le Forez. Problème, cette signature va le faire disparaître du groupe de l'ASSE. Il est à la cave et évolue avec les jeunes. Il avait expliqué ensuite que le club stéphanois lui aurait imposé un agent, chose qu'il refusait.
"Beaucoup de personnes n’ont pas été satisfaites de ma prolongation, par rapport à ce qu’il s’est passé financièrement, racontait-il à RMC. Ma prolongation a posé problème, des personnes ont demandé pourquoi je gagnais autant à cet âge-là (...) Je me suis retrouvé dans un bureau avec des personnes beaucoup plus âgées que moi, qui m’ont mis pas mal de pression, qui m’ont dit que je n’allais plus jamais rejouer, qu’elles allaient m’envoyer en troisième ou quatrième division. J’étais jeune, c’était compliqué d’entendre ces choses-là, mais encore une fois, j’avais l’intelligence d’esprit de savoir que tout ça n’était pas vrai." Il part l'été suivant, pour Monaco, qui l'achète 5 millions d'euros. L'AC Milan, Arsenal et le PSG, entre autres, étaient intéressés.

Le jour où il a percuté un tramway en voiture

Monaco n'est pas le lieu du décollage espéré de sa carrière pour lui. Il déchante très rapidement, l'ASM ne comptant finalement pas vraiment sur lui. Saint-Maximin s'envole pour Hanovre, en Allemagne, en prêt. Sans être incroyable statistiquement (un but), Allan Saint-Maximin engrange les minutes, son objectif principal à sa signature à Monaco.
Mais un fait hors terrain va tout faire basculer. Il est victime d'un accident de voiture, comme il le racontait à Oh My Goal, avec des accusations de faux papier présentés : "Malheureusement pour moi, j'ai eu cet accident. J'étais dans une période de ma vie très compliquée. Quand tu es un amoureux du foot et que tu as l’impression que tout est contre toi, qu'on ne te laisse pas t'exprimer, que tu as toujours plein de problèmes, c’est difficile à gérer. Je me suis retrouvé dans la situation où j’ai failli perdre la vie. Ce n'était pas un accident de voiture comme les autres. J’ai percuté un tramway et, sans Dieu, je ne serais même pas là aujourd’hui. Les gens ne comprennent pas ce qui s’est passé, ce que j’ai dû traverser. Dans cet accident, j’ai reçu des dommages et récupéré des sous parce que je n’étais pas le fautif. C’est un élément important que les gens ne soulignent pas. L'histoire de mon permis, j'ai la preuve de mon permis français et on a été jusqu’à m’inventer un permis bulgare. Ça a été le truc parfait pour me mettre à l’écart."
Allan Saint-Maximin racontera également que, autour de cette nouvelle mise à la cave, il y avait la prolongation de son prêt, demandé par Hanovre, avec une baisse de salaire souhaitée par le club allemand, et refusée par le joueur. Il ne dispute que vingt-et-une minutes en Championnat entre février et la fin de la saison et retourne sur le Rocher.

Le jour où le lien avec Jean-Louis Leca s'est créé

Arrivé à Lens en janvier, Allan Saint-Maximin a dit oui aux Sang & Or, notamment, voire surtout, grâce à la relation qu'il peut entretenir avec Jean-Louis Leca. Un lien qui date de leur aventure commune à Bastia en 2016-17. Saint-Maximin y est prêté par Monaco. "Un accueil exceptionnel, racontait Saint-Maximin dans une interview chez Zack Nani. Je donne l'exemple de Jean-Louis Leca. Franchement, une personne exceptionnelle, qui m'a aidé à trouver ma maison, qui m'a beaucoup accompagné, qui m'a donné beaucoup d'amour. Quelque chose que je ne connaissais pas, tout simplement, parce qu'on m'avait toujours mis beaucoup de bâtons dans les roues. Je tiens encore à le remercier." Et dix ans après, il n'a donc pas oublié.

Le jour où un émissaire Manchester United est venu l'observer... et parti à l'échauffement

Le nom d'Allan Saint-Maximin était évidemment scruté par de très nombreux clubs. Le grand Manchester United, par exemple. MU vient même l'observer lors d'une rencontre du Bastia de Saint-Maximin. Sauf que l'émissaire des Red Devils ne verra jamais le match. "On joue à Angers, le lendemain, on fait le décrassage et je le vois triste dans son coin, racontait Gaël Danic, coéquipier de Saint-Maximin en Corse, au média Capté. Il me dit : 'Je viens d'apprendre une mauvaise nouvelle... Manchester United est venu me voir jouer hier. Le problème, c'est qu'ils m'ont juste vu m'échauffer. Ils ne sont même pas restés pour le match. Ils ont dit : on sent bien que le gamin n'a pas un niveau d'exigence qui lui permet de venir dans un club comme Manchester.' Ça résume clairement ce qu'était Allan."

Le jour où il est devenu la recrue la plus chère de l'histoire de l'OGC Nice

Avant, entre autres, l'arrivée d'un Kasper Dolberg contre plus de 20 millions d'euros en 2019, Allan Saint-Maximin avait pris le titre du joueur le plus cher de l'histoire de l'OGC Nice. En 2017, après une expérience enfin positive au Sporting Club de Bastia, il quitte Monaco pour le voisin niçois. Montant : 10M€. Le joueur le plus cher des Aiglons jusqu'ici ? Loïc Rémy, recruté 8M€ en 2008.

Le jour où il a rachète un téléphone à un supporter...

Sous le maillot des Magpies de Newcastle, qu'il a rejoint après Nice, Allan Saint-Maximin est devenu une véritable coqueluche. Adoré des supporters, il provoquait même des mouvements de foule quand il croisait des fans de Newcastle. Voici par exemple, comme il le racontait dans So Foot, au sujet de cette passion parfois déraisonnable : "Ce qui marque vraiment, ce sont toutes ces personnes incapables de prendre une photo à cause de leurs tremblements. Un jour, il y en a une qui a fait tomber son téléphone dans une grille d'égout à cause de ça. Je me suis donc proposé de lui en acheter un nouveau...".
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...et offert une montre

Dans la même interview, Allan Saint-Maximin rembobinait également l'anecdote de la montre qu'il avait offerte, par hasard : "Je n'ai pas fait ça pour que ça se sache sur les réseaux, précisait-il. Ce jour-là, j'étais dans l'esprit de rendre aux supporters. Ils nous avaient soutenus dans les moments difficiles... J'avais une montre chez moi, d'environ 3000 livres. Je me suis pointé avec devant le stade avant un match. J'ai croisé le regard d'un père de famille avec son fils, et j'étais persuadé de l'avoir déjà vu, ça a fait comme un flash dans ma tête. Et il s'est avéré que ça faisait trente-cinq ans qu'il venait au stade. Un très beau moment." Interrogez des coéquipiers de la carrière d'Allan Saint-Maximin et beaucoup vous diront que la générosité, hors caméra, a toujours été en lui.

Le jour où il a disputé son dernier match en équipe de France

U16, U17, U20 jusqu'aux Espoirs : Allan Saint-Maximin a évidemment été dans les radars de la Fédération française de football depuis toutes ces années. Sa dernière apparition avec un maillot des Bleus, et plus précisément des Bleuets de l'équipe de France Espoirs, remonte déjà à sept ans, en mars 2019. A l'époque, l'équipe de Sylvain Ripoll joue un match amical à Brest, au stade Francis-Le-Blé, face au Danemark. Défaite 0-1. Saint-Maximin est titulaire dans cette rencontre, aux côtés des Mattéo Guendouzi, Malang Sarr, Moussa Niakhaté, Lucas Tousart, Moussa Dembélé, Maxime Lopez, après également Jonathan Ikoné, Ibrahima Konaté ou encore Jean-Philippe Mateta sur le banc.

Le jour où il a réalisé trois passes décisives dans le même match

Lorsqu'il quittait Nice pour Newcastle, en 2019, sa première saison, celle du covid, est plutôt encourageante. Surtout, il parvient, de temps en temps, à se montrer statistiquement, chose qui lui a fait défaut dans sa carrière. Début juillet 2020, alors que les championnats tentent de terminer leur saison en pleine pandémie, Newcastle et "ASM" sont à Bournemouth et s'amusent face à un mal-classé. 5e, 30e, 57e : Saint-Maximin s'offre un triplé de passe décisive pour Dwight Gayle, Sean Longstaff et Miguel Almiron. Pour un succès 4-1. Eclatant.

Les jours où il a vécu les plus beaux moments de sa carrière

On a très certainement vu les années "prime" d'Allan Saint-Maximin lorsqu'il était du côté de Newcastle qui, à l'époque, l'achète pour 18 millions d'euros à l'OGC Nice. "Signer en Angleterre, c'était un rêve. Je ne pouvais pas rêver mieux. C'est le meilleur championnat du monde, avouait-il chez Zack Nani. Signer à Newcastle, un club historique, où j'ai vécu les plus beaux moments de ma carrière. Franchement : exceptionnel ! Avec St James Park, le vrai football, les vrais supporters. C'est un club qui m'a tout donné. Je leur serai éternellement reconnaissant (...) Les fans m'ont redonné goût au football, ils ont changé toute ma vie." Question : Saint-Maximin est-il encore capable de revenir, sur la durée, à ce niveau ?
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Le jour où il a payé sa tournée de vêtements

Allan Saint-Maximin, le généreux. "Il ne le fait pas pour les caméras, nous racontait Alexander Djiku. Il a vraiment un bon cœur. Un jour, il était à la boutique de Fenerbahçe, à Istanbul. Il était entré pour acheter des habits pour ses enfants et il a dit à tout le monde qui était présent dans la boutique : 'Mettez vos articles dans mon panier, c'est moi qui régale.'" Tout simplement.

Le jour où il a décrit son meilleur joueur de tous les temps

Dans une interview à RMC, en 2021, interrogé sur ses inspirations footballistiques nommées Thierry Henry, Zinédine Zidane et Ronaldinho, Allan Saint-Maximin lâche : "Pour moi, le mélange de ces trois joueurs, c'est le meilleur joueur de tous les temps."

Le jour où il a reçu le contrat mirobolant d'Arabie saoudite

Toujours cash et franc en interview, Allan Saint-Maximin avait raconté à quel point les chiffres de son contrat en Arabie saoudite, avec le club d'Al Ahli, où il a signé en 2023, étaient fous. "Les propositions que tu reçois d'Arabie saoudite, c'est un autre monde, soulignait-il chez Zack Nani. Quand tu passes de trois millions par an, net, à une proposition de 15M€, par saison, sur un contrat de trois ans, donc pour 45M€. Quand tu vois le contrat, tu te demandes si c'est réel. J'ai commencé le football en gagnant 300 euros en contrat aspirant...".

Le jour où il a taclé Mourinho en poésie

Le prêt, en 2024-25, d'Allan Saint-Maximin chez le mythique Fenerbahçe, en Turquie, a été loin d'être abouti. Et surtout très animé. Pourtant, tout partait bien avec, par exemple, trois buts et autant de passes décisives sur les douze premières journées du championnat turc. Mais, derrière, tout va partir en vrille, notamment avec José Mourinho, alors entraîneur du Fener'. En deuxième partie de saison, Saint-Maximin est écarté par le Mou' pour un match de Coupe d'Europe.
Réponse de son joueur sur Instagram : "Lorsqu’un mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier. C’est plus long, mais ça finit par arriver." De quoi enclencher un clash avec son coach, qui avait répondu derrière : "Je ne savais pas qu'il était doué pour la poésie. Je ne suis pas mauvais non plus. Lorsqu’un footballeur travaille bien et dur, il peut être en forme et monter les escaliers. Il n’a pas besoin d’ascenseur. Mais si un joueur ne s’entraîne pas bien, arrive en retard, est en surpoids, n’est pas prêt à jouer un match, il a besoin d’un ascenseur pour monter. Car il se fatigue vite dans les escaliers." Saint-Maximin ne joue, en tout, que cinq fois en championnat sur la seconde partie de saison.
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