Marseille - Nice | Habib Beye et les désastres de la communication

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Habib Beye est déjà au pied du mur. Deux mois après son arrivée, l'entraîneur de l'Olympique de Marseille souffre du décalage de plus en plus important qui sépare ses paroles des actes de son équipe, qui reçoit Nice ce dimanche (20h45). Bien qu'il tente de démontrer le contraire, le club est aujourd'hui dans une situation moins enviable qu'il ne l'était avant son arrivée.

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On ne sait toujours pas si Habib Beye est un bon entraîneur, mais on sait déjà que sa communication est digne de nos plus "grands" politiciens. Il y a une semaine, juste avant que l'OM déraille à Lorient (2-0), le coach marseillais se lançait dans un périlleux exposé mathématique : "Il faut se rappeler que lorsque je suis arrivé au club, on était à cinq points de la troisième place, disait-il. Aujourd'hui, nous sommes à un point."
Malgré la débâcle du Moustoir, son constat a à peine changé. Avant les quatre derniers matches de la saison, Marseille n'est toujours "qu'à" deux points du podium. À ceci près qu'il est désormais sixième, et doit donc compter sur des défaillances de ses concurrents directs pour atteindre son objectif. Quand Beye est arrivé, l'OM comptait neuf unités de marge sur Monaco, ainsi que six sur Lille et... Rennes, qu'il venait de quitter. Ces deux équipes-là sont désormais devant au classement.
À l'évidence, Habib Beye apprécie l'exercice médiatique mais ses qualités d'orateur se heurtent, de plus en plus violemment, à la réalité du terrain - expression très appréciée des politiciens, par ailleurs. L'écart entre ses propos, passés ou plus récents, et ce que son équipe produit ne cesse de grandir et renforce le sentiment que la situation n'est absolument plus maîtrisée.

L'OM a gardé ses défauts... mais perdu ses qualités

Dans le jeu, sa "volonté d'être vertical et de proposer du bon football", annoncée dès sa première conférence de presse, a été dissipée par l'urgence et la nécessité absolue de gagner des points, sans trop s'attarder sur la manière. C'est ainsi que l'OM a remporté des bouillies de match face à Toulouse (1-0), Auxerre (1-0) ou même Metz (3-1).
Un autre pan important de sa stratégie de communication a été de marquer une rupture totale avec son prédécesseur, Roberto De Zerbi. Parfois en attaquant directement son bilan. "La problématique des buts encaissés existe depuis très longtemps, rapportait-il au début de son mandat. Il faut savoir que depuis un an, jour pour jour, nous n’avons eu que neuf clean-sheets en Ligue des champions, Coupe de France et Ligue 1 compris. Cela prouve, malheureusement que c’est un axe de progression [...] même si on est une équipe qui marque beaucoup, et que c’était déjà le cas avant mon arrivée."
Même si l'échantillon de matches joués depuis son arrivée est encore restreint, Beye n'a rien arrangé. Son équipe encaisse toujours autant de buts, voire légèrement plus (1,37 par match en L1, contre 1,28 sous De Zerbi) mais en marque surtout beaucoup moins (1,25 contre 2,19). Ce, alors qu'il a plusieurs fois souligné "l'importance de maintenir la différence de buts et le niveau de croyance offensive".

A-t-il déjà perdu le vestiaire ?

Sur ce plan, qui pourrait être capital en fin de saison compte tenu des faibles écarts de points, l'OM a aussi perdu une bonne partie de son avantage (+18) puisque Lyon (+15) et Lille (+15) n'ont plus que trois unités de retard. Marseille n'est plus d'attaque et son incapacité à créer du danger est devenue inquiétante au Moustoir, alors que le coach sénégalais avait aligné un onze résolument offensif, avec Igor Paixão et Hamed Traoré dans les couloirs, en soutien d'un trio composé d'Amine Gouiri, Pierre-Emerick Aubameyang et Mason Greenwood.
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Cette faillite là est collective, mais le désengagement de certaines individualités est autant une faute professionnelle de leur part qu'une preuve que le discours de l'entraîneur n'imprime pas. À moins que tout cela soit une conséquence d'une saison très éprouvante moralement et physiquement.
Pour justifier le manque d'intensité de son équipe, Beye avait souligné "la méthodologie différente" de son prédécesseur, qui "amène à avoir des creux pendant les matches". Visiblement, la transition n'a pas été réussie puisqu'avec un seul match par semaine, l'effectif olympien semble désormais exsangue et plusieurs joueurs (Weah, Paixao, Timber, Gouiri) sont usés physiquement. Et on imagine mal comment l'ensemble de ces maux pourraient être pansés pour quatre derniers matches capitaux.
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