Mercato - Le PSG doit-il remplacer Donnarumma par Chevalier ? Interview de Christophe Lollichon, ex-entraîneur des gardiens de Chelsea
Par Arthur Merle
Mis à jour 28/07/2025 à 15:41 GMT+2
Alors que le Paris Saint-Germain et Gianluigi Donnarumma n’ont toujours pas trouvé d’accord pour une prolongation de contrat, le club francilien négocierait très concrètement pour attirer Lucas Chevalier, selon L’Equipe. Un choix judicieux ? Christophe Lollichon, ancien entraîneur des gardiens de Chelsea, nous éclaire sur la question.
Salaire évolutif et marché à part : "Ce que fait le PSG avec Donnarumma est intelligent"
Video credit: Eurosport
Est-ce qu’à l’instant t, avec ce qu’on a vu de Gianluigi Donnarumma et Lucas Chevalier ces derniers mois, cela ferait sens pour Paris de remplacer l’Italien par le Français ?
Christophe Lollichon : Ce qu’on a vu de Chevalier est quand même assez positif, et depuis un certain temps. Il a connu une progression très importante ces deux dernières années, en Ligue 1, mais aussi en Ligue des champions. Ça a été un énorme coup d’accélérateur pour l’expression de ses qualités. C’est un gardien qui, je pense, peut être très intéressant dans ce que veut faire Luis Enrique au PSG, ce qui n’a pas été le cas de Donnarumma, même si ses derniers mois ont été très positifs.
Donnarumma a été ultra-décisif en 2025, notamment dans le parcours victorieux en Ligue des champions…
C.L : C’est vrai que sa deuxième partie de saison a été intéressante, surtout sur ses points forts, et même sur des points où il était un peu en retard ou en délicatesse : son jeu au pied, le jeu loin de son but, les interventions aériennes, où il a été décisif et efficace, notamment contre des équipes anglaises. Il faut bien reconnaître qu’il a été mieux, notamment en Coupe d’Europe. Contre Aston Villa, heureusement qu’il est à 6m, 6,50m de sa ligne. J’ai été assez critique – des critiques constructives – sur Donnarumma. Maintenant, quand il a été performant, il faut savoir le reconnaître. C’est sa meilleure période à Paris.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/05/08/4122823-83594108-2560-1440.jpg)
"Un gap hallucinant" : Donnarumma incarne la trajectoire du PSG
Video credit: Eurosport
Justement, n’est-ce pas tentant de surfer sur cet état de grâce ?
C.L : Donnarumma est un cas un peu spécial quand même. C’est ce qui est un peu pénible avec lui : on se pose la question. Va-t-il maintenir son niveau ? Peut-il encore avancer pour être encore plus efficace et en adéquation avec le jeu de Luis Enrique sur les années qui viennent ? Sincèrement, je n’en sais rien du tout. Je pense qu’il y a eu une telle dynamique au PSG qu’il s’est embarqué dans cette dynamique et qu’il a su saisir des choses.
Il y a aussi la question de la place de Donnarumma dans le groupe…
C.L : C’est un garçon qui, au demeurant, doit être très sympathique et très important dans le vestiaire, il faut le prendre aussi en considération, pas que ses performances sur le terrain. Je pense que c’est un élément stabilisateur du vestiaire que ne sera pas, à son arrivée, Chevalier. Néanmoins, il faut parier sur l’avenir, même si vous pourriez me répondre que Donnarumma n’est pas très vieux quand même (26 ans, ndlr).
La solution d’avenir, du point de vue purement technique, c’est donc plus Chevalier que Donnarumma ?
C.L : Ils ont des points communs, notamment sur leurs réflexes. L’une ou l’autre des solutions est intéressante. Mais si on veut parier sur la marge de progression, il est intéressant de miser sur Chevalier. Pour Donnarumma, il reste quand même des points qui sont en deçà de ceux de Chevalier. Ce dernier a une habilité à comprendre le jeu rapidement et à s’intégrer dans le bloc pour des séquences de possession courte ou de construction basse, chose que n’a pas forcément l’Italien. On ne peut pas dire que la fluidité de son jeu au pied soit l’égale de celle de Chevalier. C’est quand même l’un des points-clés du jeu de Luis Enrique.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/03/01/image-82f29199-b4eb-4599-a4d3-e0077a558810.jpeg)
Donnarumma ou Chevalier : sur qui le PSG doit-il parier ?
Crédit: Quentin Guichard
Chevalier a-t-il le cuir suffisamment épais pour s’intégrer à Paris, dans le vestiaire et sur le terrain ?
C.L : Il a bonne réputation dans un vestiaire. C’est une personne très bien entourée. Au départ, il se polluait par un côté émotionnel. Mais il a fait des matches de Ligue des champions, il ne va pas la découvrir, même si la jouer avec le PSG n’est pas la jouer avec Lille. Il a les capacités pour s’intégrer très vite, il en a l’envie, et il faudra bien passer cette étape.
Quelle est sa principale marge de progression ?
C.L : Le jeu long. Sa prochaine zone d’évolution, ça va être d’être encore plus rapide dans ses choix et dans le fait de saisir des opportunités de jeu long quand la situation s’y prête, mais je pense qu’il a déjà beaucoup avancé à ce niveau-là.
Publicité
Publicité