Mort d'Eric Roy (Stade Brestois) : "Un compagnon comme on rêve d'en avoir"
Par Timothé Crépin
Mis à jour 18/06/2026 à 13:43 GMT+2
Ce mercredi, Eric Roy est mort des suites d'un cancer du pancréas à 58 ans. Tout au long de la soirée, les hommages ont afflué pour rendre hommage à un homme qui a fait l'unanimité partout où il est passé. Témoignages avec d'anciens joueurs, coéquipiers ou dirigeants qui ont tous gardé des souvenirs forts avec l'ancien entraîneur de Nice ou du Stade Brestois.
Eric Roy
Crédit: Getty Images
Romain Pitau : "Le choc est immense"
Ancien coéquipier d'Eric Roy à Nice.
"Les mots sont difficiles à trouver aujourd’hui tant le choc est immense. Je garde en mémoire le souvenir d'un joueur intelligent, d'un coéquipier qui me donnait toujours le bon conseil et qui transmettait sa bonne humeur. Moi qui débutais ma carrière à Nice, ça a été un plaisir d'évoluer à ses côtés. Il m’a guidé au milieu de terrain. Je garde aussi le souvenir d un homme brillant et passionné dans tout ce qu'il entreprenait, avec qui il était plaisant d échanger. Nul doute qu’Éric restera très apprécié du monde du football... Toutes mes pensées vont à sa famille."
Renato Civelli : "Il aimait la vie"
Ancien joueur d'Eric Roy à l'OGC Nice.
"J'avais eu quelqu'un de très proche de lui ces derniers jours... Ça faisait dix jours qu'Eric tenait, mais qu'il n'allait pas bien... Après avoir su tout ça, ce qui lui arrivait, d'un côté, c'est une tristesse énorme, pour une personne si jeune, si active, comme Eric. Je pense surtout à sa femme, que je connais bien, et à ses enfants, que j'embrasse. Eric avait toujours envie. Il a fini la dernière saison, il pensait repartir, plein de vie. À un moment très joli de sa carrière d'entraîneur, après avoir tant insisté pour réussir. Avec cette force intérieure qu'il avait. Ses débuts comme entraîneur n'avaient pas été très faciles. Mais à la fin, il a vraiment très bien réussi. Il y avait même des gros clubs sur lui. Je me rappelle de cette saison énorme avec Brest. Je discutais avec lui : 'Eric, putain, tu es allée la chercher cette carrière d'entraîneur !' Avec ce beau cadeau après dix ans sans entraîner. Il a été reconnu.
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Mais, d'un autre côté, il y a un soulagement pour lui, c'est une maladie qui n'est pas facile à vivre. Je l'avais vu l'année dernière, sur un tournoi de beach-soccer. J'en ai toujours gardé un contact fort, parce que c'est lui qui m'a fait venir à Nice. Il était un peu plus âgé que moi, mais la différence n'était pas énorme. Comme entraîneur, il était très, très proche de ses joueurs. Je me rappelle de quelqu'un qui a toujours été franc avec moi, toujours proche, quelqu'un avec qui j'avais une amitié. Il était toujours disponible, il avait toujours cette envie de faire des choses, de vivre.
Il m'a fait connaître la Côte d'Azur quand je suis arrivé à Nice. Je me rappelle, quand j'ai acheté mon appartement, c'est lui qui m'a contacté un maçon pour effectuer les travaux. Il venait, il regardait. Il aimait bien vivre, jouer au golf, au tennis. Il aimait la vie. J'ai l'impression que c'est quelqu'un qui a bien profité de sa vie, même s'il est parti bien trop jeune."
Jacques Abardonado : "Je l'admirais beaucoup"
Ancien coéquipier d'Eric Roy à l'OM et à Nice.
"Je l'ai connu à l'Olympique de Marseille. Son tout premier match, il l'a fait avec la réserve. J'étais sur le terrain, avec lui. Il avait effectué un match énorme à lui tout seul au milieu. Il avait contenu pratiquement tous les adversaires. Ensuite, il est monté en équipe première avec Rolland Courbis, où il a fait des merveilles à chaque match. Il m'a rejoint à Nice par la suite. J'ai joué trois ans avec lui. Un garçon calme, posé, d'une élégance avec et sans ballon... J'en garde de très bons souvenirs. On s'est croisés sur les dernières années, lui au Stade Brestois, moi à l'OM. J'ai toujours échangé des mots avec lui avant et après les matchs. Ça a toujours été un plaisir car c'est quelqu'un qui connaît parfaitement le foot, et c'est quelqu'un qui restera gravé dans la mémoire de l'OGC Nice et de l'Olympique de Marseille pour la personnalité qu'il avait. C'est une personne que j'admirais beaucoup, et que je continuerai à admirer."
Frédéric Gioria : "Un compagnon comme on rêve d'en avoir"
Ancien coéquipier et adjoint d'Eric Roy à l'OGC Nice.
"Ca rappelle beaucoup de choses : on a été formé ensemble, on a été champion de France de D3. On a fait nos premiers matchs en pro à Nice. Il a fait ensuite son chemin, dans une carrière extraordinaire. Puis, il est revenu à Nice à la fin. Je pense qu'on oublie que c'était un très bon joueur. Il a commencé au milieu, à Nice, puis avait évolué libéro pendant longtemps, avant de revenir au milieu du terrain. Il avait un super jeu de tête, il était très, très fort techniquement. Il avait une aisance.
Eric, c'est quelqu'un de gentil. On n'a jamais eu la moindre altercation, jamais haussé la voix... Un compagnon comme on rêve d'en avoir. Il aimait partager. Il aimait s'amuser sur les fins de séances avec les joueurs. Eric avait un charisme naturel, très à l'aise à travers les causeries, quand il devait s'exprimer, il avait cette facilité. Il rassemblait. Quand il vous voit, il est humble, il n'a pas changé, il est resté simple. C'est tout ça Eric, un mec loyal, un mec bien."
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Eric Roy a marqué l'histoire du Stade Brestois 29
Crédit: Getty Images
Gervais Martel : "C'est quelqu'un de l'ombre, mais qui avait une grande compétence"
Ancien président du RC Lens, où Eric Roy fut directeur sportif entre 2017 et 2019.
"Je suis stupéfait. Je suis abasourdi. Je savais qu'il n'allait pas bien. De là à disparaître comme ça... C'est quelqu'un avec lequel j'avais beaucoup de rapports. Je l'ai connu joueur, quand il était à Lyon, Marseille, etc. Quand il est arrivé en tant que directeur sportif à Lens, j'étais assez proche de lui.
À Brest, j'échangeais toujours beaucoup, notamment lors de la campagne européenne de Brest. J'allais le voir à son hôtel quand son équipe venait jouer à Lens. J'avais beaucoup de respect pour lui. L'homme, c'est la discrétion, très humble, très courtois, un gros travailleur, qui avait ses idées. C'est quelqu'un de l'ombre, mais qui avait une grande compétence. Il avait une connaissance des clubs qui était incroyable. C'est une perte. Quand il a repris Brest, au départ, alors qu'il sortait d'un poste de directeur sportif à Lens, tout le monde s'est marré. Voyez où il a emmené Brest, avec une équipe, sur le papier, entre guillemets, moyenne. Il l'a rendue très forte. Il connaissait parfaitement le football, ne serait-ce que par les clubs qu'il a fréquentés..."
Jocelyn Gourvennec : "Il avait ce côté Didier Deschamps dans cette capacité à équilibrer l'équipe"
Ancien coéquipier d'Eric Roy à Marseille.
"Je savais qu'il était malade, presque depuis le début, il y a longtemps... Je trouve que le monde du football a été respectueux de ça, cela n'est pas sorti (dans les médias), j'ai trouvé ça bien. C'est très jeune... Je ne sais pas comment il a fait pour coacher de manière si brillante à Brest, en étant en traitement en quasi-permanence.
J'ai toujours eu une bonne relation avec lui depuis qu'on a joué ensemble à Marseille. Beaucoup de respect, avec la même façon de voir le foot, de manière collective. Le joueur était très complet, très bon dans la récupération, avec une bonne lecture du jeu, une bonne compréhension du jeu. Avec un jeu simple. Il avait un peu ce côté Didier Deschamps dans cette capacité à équilibrer l'équipe.
La dernière fois qu'on s'était vus, c'était pour un Nantes-Brest, en décembre 2023 (NDLR : Jocelyn Gourvennec dirigeait alors le FC Nantes). Quelques mois après, à l'intersaison, quand ils se sont qualifiés pour la Ligue des Champions avec Brest, il m'avait appelé pour parler de la C1 qu'on avait jouée avec Lille auparavant.
Ce que je retiens, c'est qu'il avait une grande connaissance du foot et une grande intelligence humaine dans la compréhension de l'autre."
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Video credit: Eurosport
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