Paris - PSG - Vente du Parc des Princes - "Avec peu, ils font déjà beaucoup" : Pourquoi la taille du Parc est un faux débat

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Avec l'élection d'Emmanuel Grégoire, les positions semblent s'être rapprochées entre la mairie de Paris et le PSG sur le dossier du Parc des Princes. Et alors que le club martèle son envie de construire un grand stade pour accompagner son développement, est-ce une si bonne nouvelle pour le PSG ? Jérémy Moulard, docteur en management des structures sportives professionnelles, en est convaincu.

Parc des Princes

Crédit: Getty Images

Alors qu'Anne Hidalgo s'y opposait fermement, Emmanuel Grégoire est ouvert à l'idée de céder le Parc des Princes au PSG. Le nouveau maire de Paris, qui souhaite affecter l'intégralité de la vente à "la création de nouveaux équipements sportifs et à l'entretien des équipements sportifs et la création d'espaces verts", veut une décision avant la fin de l'été. Jérémy Moulard, docteur en management du sport et détenteur d'un master en marketing et management des structures sportives, nous éclaire sur les enjeux et les vertus potentielles de ce rapprochement.
Si cela se confirme et que le PSG reste au Parc, ce serait une grande nouvelle pour les supporters. Mais est-ce que ce serait aussi le cas pour le PSG ?
Jérémy Moulard : "Totalement. Il y a deux bonnes nouvelles pour le PSG. La première, c'est qu'ils ne vont pas se risquer à se lancer dans un projet de gros stade hypothétique qui peut voir le jour dans dix, quinze ans. Car il y a tous les enjeux que cela comprend, aussi bien économiques mais surtout écologiques et politiques. Or, c'est extrêmement politique comme on l'a vu à Lyon où même quand tous les feux étaient au vert sur le plan politique, le stade a mis plus de dix ans à sortir et encore, il est sorti grâce à l'Euro 2016. Deuxième point, aujourd'hui, le Parc des Princes est le premier stade d'Europe avec des revenus d'hospitalité aussi importants. Donc même avec peu, ils font déjà beaucoup. Et vraiment beaucoup.
Le Parc des Princes fait aujourd'hui 48 000 places dont 5 000 avec les fameuses loges si précieuses pour l'économie du club, l'idée serait de faire passer l'enceinte à 60 000 places environ selon Le Parisien. Est-ce suffisant pour continuer de concurrencer les plus grands clubs d'Europe qui ont pour certains opté pour de grandes rénovations de leur stade ?
J.M. : Ce qui fait les marges de ces stades et de ces clubs, c'est notamment les revenus d'hospitalité. Et aujourd'hui, ils coûtent plus cher si vous êtes dans le centre de Paris que si vous êtes en banlieue. En plus de ça, il faut un accompagnement des collectivités sur la construction des accès autoroutiers ou des transports. Le contre-projet ne semble donc pas très crédible. Là, une vente ferait sens pour toutes les parties. La ville de Paris va pouvoir garder son club sur place, et pouvoir récupérer de l'argent pour le réinvestir auprès du sport loisir et du sport amateur. Et puis surtout, il y a un stade historique. C'est-à-dire que le Parc des Princes sans le PSG aujourd'hui, c'est une charge économique assez importante pour la ville.
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Le Parc des Princes.

Crédit: Getty Images

Les nouveaux stades construits en Europe comprennent le plus souvent un complexe multifonctionnel avec des restaurants ou des hôtels pour que les gens dépensent. Est-ce un problème si le PSG n'a pas les mêmes moyens en restant au Parc ?
J.M. : Ce n'est pas un enjeu car on n'est pas du tout dans les mêmes ordres de grandeur financiers. Le nouveau stade qui sort de terre à Tottenham en 2019, a coûté plus d'un milliard. Et pour rentabiliser cela, il faut tout un complexe complémentaire. C'est un peu le même cas à Lyon. Sauf que là, potentiellement, le PSG peut avoir un stade pour une somme loin du milliard (ndlr : Le Parisien a évoqué fin mars une estimation entre 200 et 300 millions d’euros). Et même s'ils vont avoir des coûts de construction pour la rénovation, on aura une charge financière qui sera beaucoup moins importante. Donc, on n'aura pas besoin de construire beaucoup de services additionnels pour amortir cette charge financière.
Pour prendre un autre exemple : l'investissement du PSG pour l'Euro 2016 était de 75 millions, notamment sur la rénovation du stade, sur l'hospitalité. Et vous voyez ce qu'ils ont dégagé comme revenu en investissant 75 millions. Donc on peut imaginer qu'il y a un calibrage assez intéressant entre les coûts de construction liés à la rénovation et la rentabilité qu'ils peuvent en faire derrière. Garder l'image parisienne en restant au Parc, ça va alimenter tous les services, pas les services autour du stade, mais les services à l'international notamment.
L'idée que le Parc est trop petit est donc fausse ?
J.M. : En France, on a un problème sur les capacités de stades. J'avais pu faire ma thèse sur les stades de l'Euro 2016. Ce qui sortait, c'est que tous les stades étaient trop grands. Lille, c'est trop grand. Lyon, c'est trop grand…. Or, plus c'est grand, plus ça coûte cher en construction, plus ça coûte cher en coût d'exploitation. Et moins, il y a de rentabilité derrière parce que vous avez des charges importantes. C'est la même logique qu'une maison. Là, ils ont la capacité de pouvoir se dire que la localité du stade est incroyable. Et qu'ils génèrent déjà le top revenu, notamment en hospitalité en Europe. Et en plus de ça, ils vont pouvoir augmenter la capacité du stade sur le même endroit sans avoir besoin d'investissement des collectivités sur les autoroutes, sur les métros… Donc en fait, c'est vraiment gagnant-gagnant pour tout le monde.
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