PSG - Benoit Costil raconte son Lucas Chevalier : "Et là je leur dis : 'c'est quoi ce gardien ?'"
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 30/07/2025 à 08:33 GMT+2
Alors que Lucas Chevalier est attendu au PSG dans les prochains jours, Benoit Costil se montre très confiant sur les aptitudes de ce dernier à s'imposer chez les champions d'Europe en titre. L'ancien gardien du Stade Rennais ou de l'équipe de France, qui a accompagné le jeune portier tricolore à Lille en 2023, est élogieux envers son ancien coéquipier qui l'a clairement impressionné.
Benoît Costile raconte sur Lucas Chevalier
Crédit: Marko Popovic
Lucas Chevalier est très proche de signer du PSG. Vous l'avez côtoyé au quotidien lors de votre passage à Lille en 2023. Qu'est-ce qui vous a le plus marqué chez lui ?
B.C. : "C'est un gardien très complet. Quand je suis arrivé à Lille, j'avais quand même quelques années de football derrière moi. Je signe là-bas pour l'accompagner. Et après deux ou trois entraînements, je vais voir Benji (ndlr : Benjamin André) et Sylvain Armand qui m'en avaient parlé, et je leur dis : 'C'est quoi ce gardien ?' J'avais capté tout de suite. Il a tout : les mains, les qualités techniques, ce pied, ses poussées… De temps en temps, il peut d'ailleurs me faire penser un peu à Hugo Lloris avec ses jambes. Hugo m'impressionnait par sa vitesse, sa rapidité. C'est pareil pour Lucas. Quand je faisais un pas et que je poussais, eux vont tellement vite qu'ils ont le temps de faire deux pas, et par exemple, d'envoyer une poussée. Ce qui fait qu'ils vont bien plus loin… Ça va très, très vite avec eux."
À vos yeux, est-il cependant compatible avec le style de jeu de Luis Enrique ?
B.C. : "Je ne suis pas inquiet par rapport à ça. Il a toutes les caractéristiques pour s'adapter aux souhaits du coach Enrique. Je dirais même qu'il sera plus adapté que Gianluigi Donnarumma avec tout le respect que j'ai pour ce dernier. Même si Paris est un autre environnement avec d'autres exigences, il ne faut pas oublier que Lucas est rentré il y a trois ans dans l'équipe de Lille avec Paulo Fonseca, qui met en place une philosophie où le gardien est déterminant dans sa construction du jeu, sur les six mètres, sur les débuts d'action. Et pour l'avoir connu sur cette période-là, ce n'était pas évident du tout à 20 ans comme Lucas de s'imposer avec les exigences de jeu du coach Fonseca. Et il l'a réussi à merveille. Donc je ne suis pas inquiet du tout par rapport à ça. Pour moi, Lucas est même totalement compatible avec Luis Enrique et le PSG."
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Lucas Chevalier avec Benoit Costil à Lille
Crédit: Imago
Vous parliez du jeu au pied. C'est quelque chose d'inné chez lui ?
B.C. : "Il a un bon pied au départ, notamment dans le jeu court où il est hyper intéressant. J'ai le souvenir à Lille qu'il fallait attendre le pressing de l'attaquant pour créer des décalages avec le mouvement des partenaires et notamment des deux 6 qui décrochaient au dernier moment. La stratégie, c'était aussi d'attirer l'attaquant vers le gardien de but. Donc c'est un jeu à risques. Et Lucas l'avait super bien géré. Il a ça en lui. Il possède cette tranquillité et ce calme qui lui permettent de bien appréhender tout ça. Et en plus, il a une très belle frappe, c'est-à-dire qu'il envoie des parpaings. Il présente une bonne allonge, et ça, c'est intéressant aussi pour surprendre et varier les coups. Donc il sait jouer court et plus long également. Et je trouve qu'il a une bonne lecture du jeu."
En parlant de lecture du jeu, il y a aussi les sorties aériennes. Malgré ses progrès l'an passé, notamment en C1, Gianluigi Donnarumma est régulièrement critiqué depuis son arrivée à Paris pour son manque d'impact dans les airs. Est-ce un secteur où Lucas Chevalier peut changer la donne à Paris ?
B.C. : "Il est à l'aise et complet. Je ne veux pas critiquer Gianluigi Donnarumma. Je l'ai vu faire un match exceptionnel, aussi dans les airs, contre Liverpool. Et s'il l'a fait contre Liverpool ou Aston Villa, c'est qu'il est capable de le refaire. Et Donnarumma, c'est Donnarumma. C'est un champion d'Europe, et Paris lui doit une fière chandelle avec cette Ligue des champions, donc il faut être très respectueux car il le mérite. Mais Lucas est un gardien qui possède cette fougue. Ce n'est pas un barjot mais il aime bien y aller. Et il y va avec réflexion aussi, car il ne va pas dans un chantier impossible. Mais, en revanche, il est clairement capable d'y aller. Il a une bonne taille, une poussée impressionnante et est très agile ou encore très rapide avec ses jambes, donc c'est un domaine où il n'a pas de problème. Il ne subit pas le jeu. Il est même acteur du jeu et est actif dans son but."
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Lucas Chevalier, sacré homme du match lors d'Atlético-Lille en Ligue des champions.
Crédit: Getty Images
Signer à Paris, c'est aussi changer de monde quand on arrive de Lille. A 23 ans, est-ce un gardien qui présente les qualités mentales pour gérer cet autre univers et cette pression si différente ?
B.C. : "S'il doit aller à Paris, je pense que ça a du sens. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de mauvaise situation pour Lucas. Aujourd'hui, il a intégré les Bleus. Et faire une saison de plus à Lille, ce n'est pas un souci. Il est dans son environnement. Il travaille super bien et le club a tout mis autour de lui pour lui permettre d'évoluer. Maintenant, s'il rejoint Paris, ça a du sens aussi. Tout ça est hyper cohérent. Il n'est pas trop tôt, il n'est pas trop tard. C'est un timing qui fait sens. En fait, c'est la suite logique. Effectivement, Paris, c'est au-dessus sur tous les aspects. Moi, je pense qu'il en est capable. Je ne suis pas inquiet. Bien sûr, si sur les premiers matches ça ne se passe pas idéalement, on va mettre Donnarumma sur un piédestal alors qu'on a été très dur avec lui. Mais pour moi, Lucas va réussir. C'est une personne intelligente qui a un cercle bienveillant autour de lui et qui sera là pour l'accompagner. C'est toujours important. Donc le voir au PSG, ça du sens pour Lucas. Et pour le PSG."
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