Stade brestois - Ludovic Ajorque est-il le joueur le plus sous-coté de la Ligue 1 ?
Par Timothé Crépin
Mis à jour 25/10/2025 à 11:22 GMT+2
Buteur, passeur, altruiste, technique, collectif, exemplaire... Ludovic Ajorque possède le CV parfait. Eric Roy et ses coéquipiers ne cessent d'ailleurs de louer son impact et ses qualités depuis son arrivée à Brest. Mais est-il assez reconnu à sa juste valeur aux yeux du grand public dans l'Hexagone ?
Ludovic Ajorque contre le PSG, mardi 11 février 2025.
Crédit: Getty Images
"J'aime beaucoup Jean-Philippe Mateta. Il fait des choses fantastiques à Crystal Palace. Mais Ludovic Ajorque n'a pas grand-chose à lui envier. Je pense qu'il a un registre plus complet que Mateta. La seule chose, c'est qu'il joue à Brest." La phrase est signée Eric Roy. Quand on a demandé à l'entraîneur du Stade Brestois d'analyser la palette de son numéro 9, il n'a pas hésité. "Je le trouve vraiment similaire à ce que peut dégager Olivier Giroud, même si Giroud a une autre carrière."
Même si on n'est jamais à l'abri d'une surprise avec la cascade de blessures qui peut toucher nos Bleus, pas certain de voir Ludovic Ajorque en équipe de France dans un futur proche ou lointain. Une convocation que certains, à l'époque strasbourgeoise d'Ajorque (2018-2023), avaient appelé, lançant même une pétition pour voir le gaucher à Clairefontaine.
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Ludovic Ajorque et les Brestois ont régalé face à Nice lors de la 5e journée
Crédit: Getty Images
C'est un phénomène !
Reste qu'à 31 ans, le Réunionnais est un élément extrêmement fiable de notre championnat. Treize buts et trois passes décisives la saison dernière avec les Bretons (ajoutées à cela trois offrandes en Ligue des champions). Un pion et quatre passes depuis août, dont un fabuleux triplé de passes décisives devant Nice (5e journée, 4-1) en septembre... Mais avec une reconnaissance qui ne semble pas à la hauteur des performances. "C'est un phénomène, s'enthousiasmait son coéquipier Hugo Magnetti il y a un mois. C'est un très grand attaquant. C'est un réel plaisir de jouer avec ce genre de joueurs. Pour moi, c'est l'un des meilleurs attaquants du championnat, et on l'a avec nous."
Il peut paraître en effet assez étonnant, par exemple, que le nom de Ludovic Ajorque ne soit jamais apparu parmi les innombrables rumeurs lors du dernier marché des transferts cet été. Eric Roy avait récemment avoué son soulagement d'avoir vu sonner le gong de fin du mercato, craignant qu'on vienne lui piquer son joueur. "Ca fait bien sept ou huit ans que je souhaitais travailler avec lui, avoue Roy pour Eurosport. A l'époque où il était à Clermont, je voulais le faire venir à Lens (Ndlr : Eric Roy était directeur sportif). Il avait préféré Strasbourg, en Ligue 1, ce qui était compréhensible."
Mais après son expérience manquée en Allemagne, à Mayence, Ludovic Ajorque a vite voulu retrouver ses repères en Ligue 1. Et c'est Brest et un Grégory Lorenzi toujours très malin qui en ont profité. "J'ai été très étonné de pouvoir le récupérer quand tu es Brest, s'interroge Eric Roy. Il faut saluer le travail de Grégory Lorenzi. Et Ludo a beaucoup de valeur. Quand il est venu, jusqu'au dernier moment, il a eu des prétendants, mais il n'est pas revenu en arrière."
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Ludovic Ajorque lors de Brest - Nice
Crédit: Getty Images
On fait ce métier pour entraîner des joueurs comme ça
Depuis, Ludovic Ajorque s'épanouit totalement dans la cité bretonne, ayant même acheté une maison. "Avec ma famille, on se sent bien, avouait-il au média Capté cet été. Il y a vraiment des coins sympas ici en Bretagne. On prend beaucoup de plaisir à être ici." "Il fait partie de ces espèces de mythes vivants comme la Ligue 1 sait très bien les faire, Et qui ne s'exportent pas forcément toujours. L'Allemagne, je pensais vraiment qu'il allait y arriver, observe Swann Borsellino, consultant pour Ligue1+. Il incarne le très bon joueur de Ligue 1. Il est coté à sa juste valeur par les gens qui s'intéressent vraiment au foot : fans, joueurs, journalistes..."
Et Borsellino de promettre : "Si tu fais un sondage chez les joueurs, ils vont tous dire que c'est un super joueur. Il est sous-coté à l'échelle marketing. Ce n'est pas le mec le plus bankable, le plus charismatique. Et ce n'est pas méchant quand je dis ça. Son parcours est "valbuenesque". Il a commencé dans un petit club et a fini par y arriver. Ce n'est pas la trajectoire des comètes dont on a l'habitude en France."
Ludovic Ajorque paye certainement aussi de vieux stéréotypes toujours bien trop existants : ceux qui désignent un joueur qui culmine quasiment à deux mètres comme un bon joueur de tête, et c'est tout. "Mais Ajorque ne rentre pas du tout dans cette case, note Swann Borsellino. Techniquement, il est vraiment bon. Il sait très bien faire jouer les autres. A chaque fois que je regarde ses matchs, il finit très souvent mort car il travaille pour l'équipe. Et les 90 kg, il faut se les traîner. Le gars sait tout faire et s'arrache. Pour un coach, c'est un régal de fou."
Eric Roy confirme et abonde : "Tout me plaît chez lui. On taxe souvent les attaquants d'être individualistes. Lui est tout sauf ça. Il aime marquer, mais s'il faut se sacrifier, il sait que ça fait partie de son travail. Il est fiable, professionnel, positif, dynamique à l'intérieur d'un groupe. Il n'a pas beaucoup de défauts. Ses coéquipiers l'adorent et ils savent aussi qu'ils peuvent compter sur lui. On fait ce métier pour entraîner des joueurs comme ça."
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Stade Brestois
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Paris Saint-Germain
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