Ligue 2 I Un Écossais à l'AS Saint-Étienne : Ian Cathro, mission adoption : "C'est une obligation pour moi de respecter l'identité du club"

Eurosport sur Google

Après l'épisode Eirik Horneland, l'AS Saint-Étienne confie de nouveau les clés de son camion tout vert à un non-francophone, Ian Cathro. L'Écossais a réussi ses débuts (3-0 face à Sochaux) et veut enchaîner à Geoffroy-Guichard contre Clermont (vendredi, 20h45). Le jeune entraîneur (40 ans) espère vite se faire adopter, cours de français intensifs en prime pour lui, comme pour ses joueurs. 

Ian Cathro et José Mourinho en mai 2026 après Estoril-Benfica.

Crédit: Getty Images

Survêtement vert foncé resserré, logo renouvelé façon pirate, Ian Cathro se penche pour écouter. "Pardon", conclura-t-il les yeux écarquillés, au bout de la question d'un journaliste, avant de se tourner vers son traducteur. Puis à nouveau vers le parterre de curieux venus l'interroger. Ian Cathro a signé à l'ASSE en juin 2026. Le 12 août de la même année, il va répondre en français. "Je pense que c'est une obligation pour moi de respecter l'identité du club, la région, la culture, aussi. Par exemple : parler français, apprendre le français." Processus d'adoption engagé. 
L'effort de parler français est une "obligation" qu'il serait bien mal avisé d'ignorer. Né à Dundee, en bordure de la mer du Nord, Ian Cathro a vu du pays, à 40 ans, mais n'avait jamais dû parler français dans son Écosse natale. Ni au Portugal, où il a été l'adjoint de Nuno Espirito Santo à Rio Ave dès 2012 (il avait 26 ans), et où il est retourné diriger, cette fois, à Estoril (2024-2026). Après avoir connu Valence (adjoint), Newcastle (adjoint de Rafael Benitez), à nouveau l'Écosse, où il a dirigé le Heart of Midlothian (2016-2017), puis Wolverhampton, Tottenham et Al-Ittihad, trois fois aux côtés de Nuno Espirito Santo. Voilà le globe-trotter à la barbe rousse chargé de défendre ses propres mesures dans un patois qu'il n'a jamais balbutié. Il va falloir s'en accommoder. Lui fera l'effort, ses joueurs aussi. 
Il ne faut pas que nous utilisions l'anglais par facilité
"On encourage tout le monde (à apprendre le Français, NDLR), disait-il mercredi en conférence de presse. (...) Je ne dis pas qu'ils (les joueurs) doivent passer 25 heures par semaine à apprendre le français. Non, notre premier job reste de jouer. Mais en guise de première marche, il ne faut pas que nous utilisions l'anglais par facilité. Il ne faut pas venir à Saint-Étienne si vous voulez une vie facile. Tout le monde l'a pris en compte."
L'ambition sera d'envoyer en repos prolongé le traducteur attitré, qui avait œuvré de la première à la toute dernière conférence de presse d'Eirik Horneland, resté un an et trente jours à la tête de l'ASSE pour une relégation en Ligue 2, et un licenciement en cours de saison à l'échelon inférieur. 
En 2026-2027 – comme l'an passé –, Saint-Étienne ne rêve que de remontée. Les sept recrues de l'été doivent permettre au nouvel homme fort écossais de concrétiser. Alors que Zuriko Davitashvili et Lucas Stassin figurent toujours dans son effectif, densifié depuis par l'arrivée d'un Jakob Breum qui prend la saveur du bon coup, après une première sortie triomphale à Sochaux (3-0, un but, une passe décisive). 

Aucun non-francophone n'a réussi à monter ces dix dernières années

Si Ian Cathro parvient à replacer l'ASSE dans l'élite, ce que ni Eirik Horneland, ni Philippe Montanier n'ont su faire, il ne deviendrait que le deuxième entraîneur non-français à décrocher une montée de la Ligue 2 vers la Ligue 1 ces dix dernières années, après Luka Elsner (Le Havre, 2022-2023), qui n'avait d'étranger que la nationalité slovène, lui l'enfant de Nice. Le Franco-Roumain László Bölöni, qui a permis à Metz de regrimper dans l'élite la même année, avait découvert l'Hexagone plus de trente ans plus tôt.
Que ses joueurs bredouillent en français ou non – une petite vingtaine de nationalités différentes peuplent le vestiaire stéphanois –, Cathro sera jugé sur le résultat. Pour l'heure, sa découverte du championnat est un modèle du genre (victoire 3-0 face à Sochaux). Et sa patte commence à prendre : l’Écossais ne veut déjà plus communiquer ses groupes à la veille du match du lendemain. "Je ne pense pas que ce soit une obligation de donner des informations que nous ne sommes pas obligés de donner", a-t-il tranché, toujours en français. "Si vous voulez que je reste ici pendant une heure, je reste ici pendant une heure pour répondre à toutes vos questions. Mais je n'ai pas besoin de le faire pour vous, respectueusement. (...) Je ne suis là que pour Saint-Étienne, pour personne d'autre." Question de détail.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité