Milan digne de sa légende

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En battant la Juventus à Old Trafford mercredi soir, le Milan AC a décroché la Ligue des Champions pour la sixième fois de son histoire. Un nouveau trophée qui perpétue la légende du club lombard au sommet du Vieux continent. Entre bonheur et fierté, Mald

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L'histoire est belle. 40 ans après son père Cesare, Paolo Maldini a gagné la Ligue des Champions en tant que capitaine du Milan AC. C'était déjà sur le sol anglais. Le 22 mai 1963, à Wembley, les Rossoneri se hissaient pour la première fois sur le toit de l'Europe en battant Benfica 2-1. Quatre décennies plus tard, Paolo a donc rejoint papa. Il n'est pas insensible à ce clin d'oeil: "La joie que j'éprouve ce soir est incroyable. Lever la coupe comme capitaine, c'est beau, surtout 40 ans après que mon père l'eut gagnée en Angleterre. C'est un honneur, le nom de Maldini est associé pour toujours à Milan."
Maldini avait certes déjà gagné à trois reprises le trophée, en 1989, 90 et 94. Mais s'il était déjà un grand joueur, installé sur le flanc gauche de la défense, et non dans l'axe comme aujourd'hui, il n'a jamais autant incarné l'âme de son équipe, et de son club, que cette année. A 35 ans, ce quatrième titre a donc une valeur toute spéciale à ses yeux. "C'est vraiment beau ce que nous avons réalisé cette saison avec cette équipe. Je suis heureux d'être le capitaine d'une équipe dont le rêve est devenu réalité", confie Maldini.
"On ne voulait pas aller aux tirs au but"
Plus encore que de bonheur, il était question de fierté dans les bouches milanaises à Old Trafford. Surtout parmi les purs rossoneri, comme Costacurta ou Carlo Ancelloti. Eux aussi étaient déjà de la grande équipe de la fin des années 80. Aujourd'hui entraîneur, Ancelotti a perpétué une certaine tradition. "Je suis fier d'être au Milan AC, de lui avoir apporté une nouvelle Coupe d'Europe", lance-t-il. Il n'a pas toujours été épargné par les critiques, mais l'heure n'est plus à la polémique. "Il est temps d'aller faire la fête", conclut l'ancien milieu de terrain.
La nuit a été d'autant plus longue que la soirée fut éprouvante. Physiquement, et surtout nerveusement. "Pendant le match, nous ne voulions pas aller aux tirs au but", admet Maldini, qui conserve quelques douloureux souvenirs de cet exercice. Beaucoup plus joueurs que les Turinois, notamment dans la première moitié du match, les Milanais ont pourtant tenté, en vain, de forcer le destin. "Nous avions bien commencé la partie, nous dominions et nous nous sommes procurés des occasions dangereuses", reprend Ancelotti. En seconde mi-temps, nous avons eu un peu moins le ballon à cause, notamment, de certaines blessures qui ont affecté nos joueurs."
Malgré cela, Milan a globalement mérité sa victoire. Au vu de la finale, mais aussi de l'ensemble de la compétition, où le club lombard a offert du spectacle, notamment lors de la première phase. Alors, ce Milan-là n'a sans doute pas la flamboyance de celui d'Arrigo Sacchi, transcendé par le génie de Gullit et Van Basten, par la classe de Baresi ou Donadoni. Mais le vainqueur 2003 a tout de même fière allure. Comme le dit Clarence Seedorf, sacré pour la troisième fois à seulement 27 ans après ses victoires avec l'Ajax (1995) et le Real (1998): "Je pense que Milan méritait de gagner, durant toute la compétition, nous avons fait du beau boulot, nous étions la meilleure équipe."
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