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"Une occasion unique"
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Publié 17/05/2006 à 13:00 GMT+2
Triple vainqueur de la Ligue des Champions avec Milan et l'Ajax, Frank Rijkaard sait que le Barça peut marquer l'histoire du club face à Arsenal, ce soir. Mais l'entraîneur des Blaugrana refuse l'étiquette de favori car les Gunners ne sont pas là par hasa
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Crédit: Eurosport
FRANK RIJKAARD, votre équipe ressent-elle la pression depuis votre arrivée à Paris ?
F.R. : On ne ressent pas vraiment de pression. On est juste très excité de disputer cette finale et on a hâte de jouer ce match. Cette affiche génère beaucoup d'attention mais je crois que c'est normal. L'équipe est consciente qu'il lui faudra jouer un grand match pour décrocher quelque chose d'important. On respecte beaucoup Arsenal qui a du faire un grand travail pour arriver jusque là. Mais c'est bien qu'il y ait une certaine euphorie. D'une certaine manière, c'est un sentiment qu'a su transmettre notre équipe. Mais se considérer favori, super favori ou toute autre qualification, ça me semble être une grande erreur. Car, en finale, il n'y a qu'un match et ça dépend souvent de petits détails. Le match débute à 0-0 et dure au moins 90 minutes. Il peut se passer n'importe quoi.
Vous avez gagné trois Ligues des Champions en tant que joueur avec Milan et l'Ajax Amsterdam. Quelles qualités faut-il ?
F.R. : Il n'y a pas de qualité-clef pour gagner. On a déjà vu des finales bien différentes, mais... la vérité, c'est qu'il faudra marquer un but de plus que l'adversaire. Je crois que c'est important ! Pour moi, le football est un jeu sérieux. Ça veut dire qu'il faut jouir de chaque instant et entrer sur la pelouse avec plaisir. Pour jouer une finale, il faut aussi du sérieux, du travail, un sentiment commun, une tactique, de la responsabilité, etc. Mais la meilleure chose est de trouver un équilibre entre ces deux aspects : se faire plaisir et travailler sérieusement.
Le Barça n'a remporté qu'une Ligue des Champions. Que représenterait une victoire pour le club ?
F.R. : Ça voudrait dire beaucoup pour le club. Et pas seulement mais pour le club mais aussi pour les joueurs et les supporters. Le fait que Barcelone n'est pas remporté plus de titres dans son histoire ne compte pas aujourd'hui. Cette finale est un moment très important dans l'histoire du club. Nous avons une grande confiance en nous. Mais nous savons que nous allons jouer contre une grande équipe et un grand joueur qui est Thierry Henry. C'est le leader d'Arsenal.
Arsenal a déjà battu deux clubs espagnols, le Real Madrid et Villarreal. Le Barça pourrait-il être le 3e ?
F.R. : Ça n'est pas parce que c'était des clubs espagnols. Arsenal a éliminé deux équipes espagnoles, mais aussi d'autres clubs. Leurs résultats sont bons et ça a donné confiance aux joueurs. C'est un effectif excellent, qui sait jouer en équipe. J'admire beaucoup Arsène Wenger. Il fait un travail merveilleux. Pour moi, ça n'est pas un hasard s'ils n'ont encaissé que deux buts cette saison en Ligue des Champions. C'est donc une finale entre deux équipes qui méritent d'être là. Ça promet d'être intéressant.
De votre côté, vous avez déjà battu Chelsea cette saison. C'est un avantage avant d'affronter un autre club anglais ?
F.R. : C'est différent. Disputer une finale de Coupe d'Europe, c'est une occasion unique. On ne peut pas comparer les deux équipes. Tout ce qu'on peut dire, c'est que ce sont toutes les deux de très fortes équipes. Chelsea a prouvé qu'elle était une super équipe en Angleterre et Arsenal joue actuellement à un très haut niveau grâce beaucoup de jeunes talents. De toute façon, il ne faut plus penser aux matches du passé. Nous avons battu une des meilleures équipes d'Angleterre mais je ne crois pas vraiment aux avantages psychologiques. C'est dangereux. Nous ne devons pas essayer de faire quelque chose de spécial. Nous devons simplement nous préparer et montrer comment nous savons jouer. Ni plus, ni moins.
On parle beaucoup du duel Henry-Ronaldinho...
F.R. : C'est une bonne chose que nous ayons de grandes stars dans notre équipe. Mais le plus important, c'est l'équipe. D'ailleurs, je la félicite pour tout le travail qu'elle est en train d'accomplir. Dans les vestiaires, il y a beaucoup de respect entre les joueurs. C'est la base pour réussir des choses importantes. Ce sont des choses qui ne sont pratiquement pas visibles mais qui sont très importantes pour le résultat final. Notre équipe a démontré qu'elle était toujours unie.
Ce sera le dernier match officiel de Dennis Bergkamp, votre compatriote et ancien coéquipier...
F.R. : Dennis est quelqu'un de spécial. Surtout pour moi car je le connais bien depuis qu'on a joué ensemble quand il était encore très jeune. On parle beaucoup ces derniers temps de football excitant, de football attractif, de beau jeu. C'est une source de motivation pour les gosses. Et Dennis, à sa manière, a été un précurseur, il a commencé à jouer ce football attractif il y a longtemps. C'est un de ces joueurs qui a fait venir les gens au stade. Si vous regardez ce qu'il a fait dans sa carrière, on peut comparer ça à de l'art. Il avait ce sens pour marquer les plus beaux buts, réussir les plus belles passes, faire les beaux mouvements. Je pense qu'il laisse quelque chose au monde du football en partant. Je l'apprécie énormément.
Ludovic Giuly a dû être très déçu de ne pas être retenu pour le Mondial. Comptez-vous sur lui ?
F.R. : Bien sûr ! Ça a été très, très difficile pour Ludovic Giuly d'accepter cette décision. Mais j'espère que c'est un joueur sur lequel je pourrai compter. C'est un grand joueur. Il est très important pour notre équipe. Mais c'est un choix qu'il faut accepter. C'est vraiment dommage pour lui...
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