A quelques lieues de la de la Place Rouge, les Blues préparent leur grand soir. Rêvé depuis toujours, espéré et rendu possible par l'arrivée de Roman Abramovich et de ses millions à la tête du club, le triomphe européen est à portée de fusil. Mercredi soir à Moscou, Chelsea soulèvera peut-être la coupe aux grandes oreilles pour la première fois de son histoire. L'occasion d'entrer dans la cour des très grands aux côtés du Real Madrid, du Milan AC et autres cadors du football européen. De Didier Drogba à Petr Cech, tous s'y voient déjà. Mais un tel épilogue se mérite. Et vaincre Manchester United, qui n'a jamais perdu la moindre finale européenne, ne sera pas une sinécure.
Footballistiquement parlant, les Blues, dans un style moins flamboyant, n'ont pas beaucoup à envier aux Red Devils. Comme MU, Chelsea a ses individualités, une identité de jeu bien définie et un groupe rompu aux âpres batailles. Les jambes fonctionnent bien. Mais la tête ? A la différence de Manchester United, Chelsea n'a pas l'expérience des grandes finales. Si les Blues ont remporté deux Coupes des vainqueurs de Coupes (1971, 1998), l'engouement autour d'une finale de C1 est sans commune mesure. Surtout aujourd'hui. Et Manchester United en est bien conscient. Vainqueur à deux reprises de la prestigieuse compétition, dont une fois en 1999 au terme d'une finale à déconseiller aux cardiaques, le club de Sir Alex Ferguson sait y faire.
"Nous sommes meilleurs et c'est un gros problème pour eux"
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En plus de préparer son groupe physiquement et tactiquement, Avram Grant aura donc eu à travailler l'aspect psychologique. D'autant que certains Mancuniens, à défaut de pouvoir en découdre rapidement sur le pré, ont décidé de mettre la pression sur les Blues. Carlos Tevez le premier. Dans les colonnes du Sun, l'Argentin n'a pas hésité à donner son avis sur la finale et Chelsea : "Nous sommes meilleurs et c'est un gros problème psychologique pour eux. Ils peuvent dire que la Premier League est une autre histoire mais nous sommes convaincus que le championnat aura un impact sur les événements." Comprenez : le titre de champion d'Angleterre glané au nez et à la barbe des Blues aura une incidence et Manchester en tire d'ores et déjà un avantage psychologique.
La thèse de Tevez est recevable mais fort peu crédible. Et pour cause, l'Argentin oublie de dire que Chelsea a battu Manchester United (2-1) lors de la 36e journée lors d'une rencontre qui avait déjà l'intensité, le goût et l'allure d'une finale. Dans les têtes londoniennes et mancuniennes, cette victoire compte peut-être autant que le titre qui s'est envolé vers MU. "Chelsea a besoin de gagner pour éviter une saison blanche. La pression est donc sur leurs épaules", insiste-t-il tout de même.
Chelsea a passé un cap cette saison. Après deux échecs face à Liverpool en demi-finale de la Ligue des Champions, le club londonien a enfin franchi l'obstacle et terrassé une bête noire qui pensait qu'elle aurait encore une fois le dessus cette année. De plus, le club possède quelques tauliers comme Claude Makelele, Andreï Shevchenko, Nicolas Anelka, Paulo Ferreira, Juliano Belletti et Ricardo Carvalho qui ont déjà remporté le trophée par le passé. Le dernier nommé pense que le statut de favori que l'on accorde à MU pourrait jouer des tours aux Red Devils. "Pour moi, il n'y a pas de favori. Mais si les gens penchent plus vers United, c'est bien mieux pour nous car ça leur met la pression." Didier Drogba, lui, n'a jamais gagné la Ligue des Champions. Mais l'Ivoirien assure dans les colonnes de France Football que les "finales ne (lui) font plus peur. Maintenant je m'y suis habitué et je ne crains rien ni personne."
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