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Le Real n'est pas encore spécial

Le Real n'est pas encore spécial
Par Eurosport

Le 28/09/2010 à 16:05

Un mois après son premier match officiel, le Real Madrid de José Mourinho est encore une équipe qui se cherche, malgré des résultats encourageants. Le projet de l'entraîneur portugais est ambitieux, à l'image du club où il a posé ses valises. Mais il lui faudra du temps pour le réaliser.

De Majorque à Levante, le Real Madrid a bouclé son premier mois de compétitions officielles sous l'ère Mourinho. L'empreinte du Special One est visible dans certains choix et comportements, mais le projet du manager portugais est encore inabouti. Entre ces deux matches nuls, les Merengue ont enregistré quatre succès consécutifs qui n'ont pas convaincu, d'autant que le club de la capitale n'a pas encore affronté un gros calibre. Avant son rendez-vous à Auxerre en Ligue des Champions, le Real a donné l'image d'une équipe encore bancale. La marge de progression des Madrilènes reste importante dans la qualité de jeu.

Quoi de plus logique? Le Real de Mourinho n'en est encore qu'à ses premiers balbutiements. Le technicien portugais est le premier à le reconnaître. Pour imprimer sa patte et donner une identité à son équipe, "Mou" a besoin de temps. "L'une des choses les plus importantes de cette identité est de savoir gagner, concédait-il dans Marca la semaine passée. Je ne suis pas capable de le faire en si peu de temps". Cette phase de rodage concerne plus que l'équipe : Mourinho lui-même, qui découvre la Liga et la culture du club. "Est-ce que je serais capable de faire avec le Real Madrid ce que j'ai fait avec l'Inter au niveau du jeu ? Impossible. L'aspect culturel est très important. La construction des équipes doit se faire en fonction de la culture et des qualités que nécessite le championnat", rappelait-il dans So Foot.

Se fondre dans la tradition du club

Au Real, les exigences sont plus fortes qu'ailleurs. "Mou" a dû concocter un projet de jeu des plus ambitieux. "Au Real je veux faire un Madrid qui correspond aux objectifs et à la tradition du club", a-t-il expliqué à l'émission Informe Robinson, sur Canal + Espagne. "Gagner avec un football offensif et un football de qualité. Je veux avoir la maîtrise du ballon. Mais pour ça, il faut savoir le faire. Et savoir quoi faire quand tu la perds. C’est pour ça que, des fois, il est préférable d’avoir moins le ballon. Beaucoup de gens parlent d’un jeu merveilleux, mais ce beau jeu n’a rien à voir avec l’organisation. Et mon équipe est une équipe organisée", nuance le technicien portugais.

Ce souci de l'organisation, c'est aussi une façon cachée d'accorder la priorité à la défense. La formation du "Special One" n'a encaissé qu'un but en six matches, toutes compétitions confondues, et semble avoir déjà trouvé sa stabilité défensive. L'arrivée de Ricardo Carvalho, que Mourinho avait eu sous ses ordres à Porto puis à Chelsea, n'y est pas étrangère. La belle forme d'Iker Casillas, en pleine confiance depuis la Coupe du monde, est aussi un paramètre à prendre en considération. Autour de ces individualités, le bloc défensif madrilène mis en place par le technicien portugais a rapidement trouvé ses repères. Ce n'est pas une mince performance. Mourinho n'a eu que peu de temps pour préparer la saison avec un effectif gavé d'internationaux qui ont disputé la Coupe du monde.

Six buts en 105 tirs !

C'est devant que le bât blesse. Six buts en cinq matches de championnat, c'est peu. Et six buts en 105 tirs, c'est carrément scandaleux. Avec un taux d'efficacité de 5,7%, l'attaque madrilène est tout ce qu'il y a de plus inoffensif depuis le début de la saison, malgré les noms prestigieux qui la composent. En moyenne, les Merengue ont besoin de près de 20 tirs pour inscrire un but. "On a des attaquants de qualité, ce n'est pas normal d'avoir besoin d'autant d'occasions : on a déjà perdu quatre points cette saison parce qu'on n'arrive pas à marquer", enrageait Mourinho après le match face à Levante (0-0). Xabi Alonso et Mesut Özil, qui s'affirment comme les vrais créateurs du Real, n'ont pas trop de soucis pour trouver le trio Di Maria-Ronaldo-Higuain. Si le ballon arrive assez vite vers l'avant, les positions de tir sont en revanche souvent lointaines ou excentrées. Et comme le réalisme fait défaut...

Si le Real est encore bancal, cela ne relève pas du hasard. A Madrid, l'ancien entraineur de l'Inter a hérité d'une formation qu'il jugeait lui-même instable à la base. "Je ne veux pas un Real qui défend à cinq et qui attaque à cinq. Et j'ai vu beaucoup de matches du Real avec cinq joueurs derrière la ligne médiane et cinq devant. Quand le ballon était perdu, les cinq de derrière se mettaient à courir et les cinq de devant se reposaient", faisait-il remarquer dans So Foot. Le chantier de l'entraîneur madrilène n'est pas encore terminé. Mais les fondations sont déjà creusées. "Il imprimera sa patte, c'est évident", affirme Arsène Wenger, le manager d'Arsenal. "La question, c'est : combien de temps met un entraîneur pour changer un style de jeu ? Deux ou trois mois sont généralement suffisants", estime l'Alsacien. En bon architecte du jeu, Mourinho veillera à la stabilité de son édifice. Quitte à prendre son temps.

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