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PSV, vices et vertus du jeunisme
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Publié 19/08/2013 à 18:02 GMT+2
Loin du géant d'Europe qu'il fut, le PSV Eindhoven, qui défie le Milan mardi, s'appuie sur une équipe rajeunie à l'extrême. Pour le meilleur ou le pire ?
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Ce PSV n'est assurément plus le grand PSV des années 1970 et 1980. À cette époque, il gagnait deux Coupes d'Europe et dominait le championnat néerlandais. Ce PSV n'a plus grand chose à voir non plus avec celui des dernières années : une équipe belle, parfois magnifique, attrayante et surtout qualifiée de "perdante" avec à peine une Coupe des Pays-Bas et une Supercoupe nationale en six ans.
À qui la faute ? Elle est partagée par le PSV, qui s'est vu trop beau et a dépensé beaucoup d'argent, ne misant pas toujours sur les bons entraîneurs, mais aussi par l'Ajax, qui a su faire sa révolution au bon moment, avant de se retrouver au pied du mur. Ce PSV ne ressemble à aucun autre. Il est jeune, ambitieux et inexpérimenté. Ce PSV est prometteur, mais les promesses d'un jour ne sont pas toujours les vérités du lendemain. Et le premier vrai test a lieu ce mardi soir face à l'ogre milanais, en Ligue des Champions, une compétition que le PSV redécouvre après trois années d'absence.
Un rajeunissement nécessaire
Le club d'Eindhoven a entamé sa révolution cet été. Il faut dire que la dernière saison a été celle de trop. Certes deuxième du championnat, le PSV s'est effondré dans le sprint final et a terminé sans aucun titre majeur. Une fois de plus. Pourtant, les dirigeants avaient nommé le mercenaire Dick Advocaat pour arrêter l'hégémonie de l'Ajax depuis deux saisons, mais l'expérience de l'entraîneur néerlandais n'a pas suffi, pas plus que son effectif cinq étoiles. Après cet échec cuisant, les dirigeants du PSV ont viré à 180 degrés et nommé Philip Cocu à la tête de l'équipe. L'ancien milieu du Barça connaît le club par cœur : il y a joué, il a entraîné une équipe de jeunes, a été entraineur-adjoint et a même remplacé Fred Rutten lorsque celui-ci a été débarqué avant la fin de la saison 2011-2012.
En nommant l'inexpérimenté Cocu, les dirigeants du PSV ont procédé à un vrai choix sportif autour de la nouvelle stratégie du club : enfin miser sur les jeunes joueurs de son centre de formation. Un transfert a accéléré le processus de rajeunissement de l'équipe et la mise en place de cette nouvelle politique : le départ de Riechedly Bazoer à l'Ajax. Ce jeune défenseur néerlandais était l'un des plus prometteurs de sa catégorie aux Pays-Bas. Conscient qu'il aurait peu de chances de percer dans l'équipe première d'Eindhoven, Bazoer avait signé à fin 2012 à l'Ajax, sans qu'aucune compensation financière soit versée à son club, car il était âgé de moins de seize ans. Vexés, et souhaitant à tout prix éviter l'exode, les dirigeants du PSV ont alors envoyé un signal fort aux autres jeunes en modifiant la politique sportive du club.
Un rajeunissement salutaire ?
Si le rajeunissement est une volonté sportive, il est aussi une contrainte économique. En effet, le PSV a extrêmement mal géré l'argent récolté des transferts de la première moitié des années 2000 et a accumulé les pertes financières. En 2011, il a eu le bonheur de voir la municipalité d'Eindhoven intervenir pour éviter le pire. Elle a en effet acheté le terrain sur lequel est construit le stade plus le centre d'entraînement pour 48M€ avant de le louer au club pour une somme de 2,3M€ par an. L'entreprise Philips, sponsor principal du club, a accordé un prêt de 20 millions d'euros et d'autres partenaires ont été sollicités à hauteur de 10 autres millions.
Après cette aide financière, le club a été contraint de faire lui aussi sa part du boulot : réduction des dépenses et masse salariale plus raisonnable. Aucun grand joueur n'a rejoint le club pour des sommes extravagantes : Van Bommel est arrivé libre, Narsingh pour environ 4M€, Oscar Hiljemark et Zanka Jørgensen pour 2M€ chacun. Sans la Ligue des Champions et ses recettes vitales pour les grands clubs européens, le PSV a dû vendre ses meilleurs éléments : d'abord Labyad et Dzsudzsák, puis, cet été, Strootman, Pieters, Lens, Mertens et Marcelo. Le tout pour réduire la masse salariale et remplir les caisses du club avec un trésor d'environ 45M€ sur ce seul mercato estival.
Un rajeunissement spectaculaire
Avec le départ de tous ces joueurs expérimentés, auxquels on peut ajouter Van Bommel (retraite), le PSV a été obligé de se réorganiser totalement. Aujourd'hui, le leader et capitaine de l'équipe est Wijnaldum, qui a seulement 22 ans mais compte déjà plus de 180 matchs d'Eredivisie. Dans l'effectif, on trouve ensuite Schaars (29 ans), qui fait son retour aux Pays-Bas après une expérience guère convaincante au Portugal, Matavz (24 ans) et Toivonen (27 ans). Ce dernier est d'ailleurs toujours sur le départ puisqu'il refuse de prolonger son contrat à Eindhoven alors qu'il expire en juin prochain.
Il faut se rendre compte que pour la première journée du championnat néerlandais, sur la pelouse de l'ADO Den Haag, l'âge moyen de l'équipe alignée par Cocu était de 20,7 ans, avec trois attaquants de moins de vingt ans : Depay, Locadia et Bakkali. D'ailleurs, lors de ce match, on a pu apercevoir les bienfaits et les limites de ce "jeunisme" à tout va : après une première mi-temps canon, bordée d'enthousiasme (0-3), les gamins du PSV se sont fait peur en seconde période en encaissant deux buts et en frôlant le match nul. L'enthousiasme de ces jeunes sera une force cette saison, mais leur inexpérience sera un handicap pour viser le titre de champion des Pays-Bas. Mais après tout, Cocu et les dirigeants ont décrété qu'ils ne viseraient pas trop haut cette saison, laissant le temps à cette jeune équipe de s'affirmer et de progresser.
Une semaine plus tard, contre Nimègue, Cocu a fait encore mieux avec un onze titulaire âgé, en moyenne, de 20,5 ans. Le même week-end, l'équipe réserve du PSV, censée être l'équipe de jeunes, était plus âgée que l'équipe première ! Cela n'a pas empêché le club d'Eindhoven d'écraser le NEC 5-0 avec un triplé du jeune belge Bakkali, sur qui Cocu compte cette saison, après l'avoir observé avec les équipes de jeunes depuis quelques mois. C'est la force de l'ancien milieu du Barça : le plus fort joue toujours et ce, quel que soit son âge.
Le Milan sur les nerfs
L'AC Milan n'a pas vraiment été gâté par le tirage au sort, même si cette équipe du PSV est clairement inexpérimentée. Outre le talent de la jeune garde d'Eindhoven, ce que redoute Milan c'est la différence de forme physique entre les deux clubs. Le PSV a déjà joué cinq matchs officiels cette saison, alors que l'AC Milan s'est contenté de matches amicaux. On sait que, traditionnellement, les clubs italiens sont souvent en retard physiquement au mois d'août, et cette double confrontation est terriblement importante pour les Rossoneri, tant sur le plan économique, que pour le prestige.
Le Milan affrontera un PSV dans son classique 4-3-3. Sur les côtés, Depay et Bakkali (si ce dernier est parfaitement remis de sa blessure) sont virevoltants et les défenseurs milanais ne devront pas les perdre de vue. Au poste d'attaquant, Locadia a été le moins impressionnant du trident offensif et Cocu pourrait opter pour la sécurité avec Tim Matavz. Le milieu de terrain est le point fort de cette jeune équipe car le trio aligné est complémentaire : Schaars fait le sale boulot au poste de numéro 6 permettant aux deux relayeurs Maher et Wijnaldum de se concentrer sur la construction des actions offensives. Le premier est le roi des passes décisives, est impressionnant sur coups de pieds arrêtés et il peut trouver des angles de passes incroyables. Le second joue plus sur son explosivité et sa rapidité. Il est également doué techniquement et possède une frappe de balle intéressante. C'est d'ailleurs une caractéristique de cette équipe : ses joueurs n'hésitent pas à frapper de loin et, avec Maher, Wijnaldum, Bakkali et Depay, elle possède des artilleurs redoutables et redoutés. Le pressing aux abords de la surface sera donc déterminant côté AC Milan.
C'est défensivement que cette équipe du PSV a affiché quelques limites, notamment à La Haye. Bruma et Rekik sont très jeunes et ne se connaissent pas encore très bien : le premier est arrivé cet été après une expérience catastrophique à Hambourg, tandis que le second vit sa première saison de titulaire et a été prêté par Manchester City. Sur les côtés, Jetro Willems affiche toujours certaines lacunes défensives, tout comme Arias à droite.
Le PSV n'a pas la pression. Il tentera d'éliminer l'AC Milan après avoir frôlé cet exploit en demi-finale de Ligue des Champions 2004-2005. Lors du match retour (3-1), les Néerlandais avaient archi dominé les Italiens, mais avaient craqué sur un but d'Ambrosini, de la tête, dans les arrêts de jeu. C'est donc l'heure de la revanche.
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