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Ligue des champions, Barcelone - PSG (3-1) : Pourquoi Paris n'a pas (encore) tout d'un grand

Pourquoi le PSG n'a pas (encore) tout d'un grand

Le 11/12/2014 à 18:54Mis à jour Le 12/12/2014 à 10:10

La défaite à Barcelone (3-1), mercredi, a mis en lumière ce qui manque encore au PSG pour satisfaire ses hautes ambitions en Ligue des champions.

Ibrahimovic est trop seul

Zlatan Ibrahimovic n'a plus grand-chose à prouver. En ouvrant le score au Camp Nou, il a marqué pour la 43e fois en Ligue des champions, prenant ainsi seul la 10e place du classement des meilleurs buteurs de l'histoire de la compétition. Le problème, c'est qu'il est le seul à Paris à avoir un tel standing. Cavani et Lucas ont le talent pour faire trembler la Ligue 1. Mais ils ne peuvent pas en dire autant en Europe où l'Uruguayen avait déjà été critiqué la saison dernière pour son quart de finale raté contre Chelsea.

Mercredi, ils ont souffert de la comparaison avec Messi, Neymar et Luis Suarez, tous buteurs. C'est la première fois que les trois stars marquent dans le même match. Tout un symbole. Car qui peut se targuer de posséder un tel trio offensif dont le total des clauses libératoires s'élève à 640 millions d'euros, soit une fois et demie le budget du PSG ? Personne ou presque. Seules les grosses écuries peuvent prétendre rivaliser sur le plan sportif. Mais pas encore le PSG. Et quand le niveau grimpe vers les sommets de la Ligue des champions, ça fait une grosse différence.

Thiago Silva n'est plus "O Monstro"

Le PSG a investi  91.5 millions d'euros pour s'offrir la défense centrale la plus chère du monde. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il en tire aujourd'hui les dividendes. En tout cas, pas face au Barça où Thiago Silva et David Luiz ont été impliqués sur les trois buts espagnols. Le club de la capitale n'en avait plus encaissé autant depuis un déplacement à Sochaux en février 2013 (3-2).

Le constat est particulièrement inquiétant pour l'ancien du Milan AC qu'il dure depuis huit mois. Traumatisé par son Mondial et ralenti par une blessure, le "meilleur défenseur du monde" ne fait plus rien pour mériter cette appellation. Au Nou Camp, il a encore été fébrile. On l'a souvent vu reculer devant Messi ou Neymar. Et cette fois, ça a coûté cher. Pendant ce temps, Marquinhos trépigne sur le banc alors qu'il enchaîne les prestations convaincantes à chaque fois qu'on fait appel à lui notamment lors du match aller face au Barça (3-2). Mais le PSG osera-t-il mettre le capitaine et proche de Nasser El-Khelaïfi sur la touche ?

Blanc manque toujours de crédit

Laurent Blanc n'a pas tout raté mercredi soir. Son 4-4-2 à plat, avec notamment Blaise Matuidi à la place de Javier Pastore, a vraiment contrarié le Barça. Mais ses choix tactiques lui ont (encore) attiré de nombreuses critiques. Notamment celui de sortir à l'heure de jeu Marco Verratti, pourtant le meilleur parisien sur la pelouse. "Il fallait prendre des risques, on était mené 2-1, on avait un temps fort, j'ai décidé de faire renter des hommes frais, offensifs", a expliqué l'entraîneur en conférence de presse. Mais, sans l'Italien, son équipe a pris l'eau. Et même son président lui a reproché cette décision. Quelques minutes après Verratti, c'est Matuidi qui a cédé sa place à Lavezzi et laissé Thiago Motta seul dans l'entrejeu. "On a fini à quatre attaquants car il nous fallait faire un résultat à Barcelone", s'est encore justifié Blanc. L'intention était certes louable. Mais, au Camp Nou, cela s'apparentait plutôt à du suicide.

Des choix qui interpellent, surtout celui de Verratti. D'autant que ça n'est pas la première fois que le coaching de Blanc est pointé du doigt. L'an passé, lors du quart de finale retour face à Chelsea, il avait sorti Lucas au profit de Marquinhos alors que le PSG tenait sa qualification. Trois minutes plus tard, Demba Ba marquait et éliminait les Parisiens… Depuis le début de saison, Blanc doit aussi faire face au débat sur la qualité de jeu qui semble aller en régressant lors de sa deuxième année à la tête de l'équipe. Les matches ternes du PSG agacent. Et s'il serait injuste de renvoyer l'entière responsabilité de la défaite au Cévenol, force est de constater qu'il peine à trouver des solutions lorsque la belle machine parisienne s'enraye. Considéré par beaucoup comme un choix par défaut à Paris, Blanc a entamé un peu plus son crédit.

Laurent Blanc (PSG) face au Barça

Laurent Blanc (PSG) face au BarçaPanoramic

Le PSG coince encore loin du Parc

"Si on veut aller plus loin, il faut battre de grandes équipes". Nasser El-Khelaïfi n'a pas tort. A une précision près. Le PSG a déjà battu ces grandes équipes, notamment Chelsea et le Barça mais… au Parc des Princes. Ce qui manque à Paris, c'est une référence à l'extérieur. Or, loin de ses bases, il a enregistré en moins d'un an deux grosses déconvenues, la première en avril face à Chelsea à Stamford Bridge (2-0), et celle à Barcelone (3-1). Pourtant, le match nul ramené du Nou Camp sous l'ère Carlo Ancelotti en quart de finale (1-1) avait donné le sentiment que le PSG était proche du haut niveau européen. Un an et demi plus tard, il manque toujours ce petit truc qui ferait basculer le club de la capitale dans le gotha. Et rappelons que c'est à l'extérieur que les Parisiens devront jouer leur huitième de finale retour…

Même pour son président, l'écart est trop grand

Mercredi, le PSG a touché du doigt ce qui le sépare encore de l'élite. Des talents trop peu nombreux pour rivaliser avec la concurrence, des cadres et un coaching défaillants, un manque de réussite et/ou d'expérience dans les matches couperets… les raisons possibles ne manquent pas. Au point que son président semble déjà résigné sur l'issue de cette nouvelle campagne européenne : "Notre objectif c'est toujours de gagner la C1. Ce ne sera peut-être pas cette année, mais on va continuer à essayer." Un discours qui dénote avec les très hautes ambitions habituellement affichées par le PSG. A l'image des lacunes qu'il lui reste à combler pour pouvoir viser plus haut. Tout en haut.

David Luiz et Messi lors de Barça - PSG

David Luiz et Messi lors de Barça - PSGPanoramic

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