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Ligue des champions | 128 buts cette saison : Décryptage de la méthode Vincent Kompany avec le Bayern Munich
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Publié 10/03/2026 à 00:08 GMT+1
Unanimité auprès de ses dirigeants, de ses joueurs, des supporters et des médias, jeu emballant, collectif parmi les plus au point physiquement : Vincent Kompany, qui impressionne sur tous les plans, a fait de son équipe, en course pour un triplé championnat-Coupe-Ligue des champions, une machine à gagner. Le Bayern Munich affronte mardi soir l'Atalanta Bergame en C1.
Le Bayern est-il le grand favori de la Ligue des champions ?
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Par David Lortholary
Bien sûr, ce monologue virtuose et nuancé de douze minutes, en conférence de presse à la veille du match de Bundesliga Bayern-Francfort, le 20 février, pour dénoncer le racisme, restera comme l'un des moments forts de la saison. Mais Vincent Kompany, l'entraîneur des champions d'Allemagne, n'avait pas besoin de cela pour s'assurer le respect de ses joueurs et l'admiration des suiveurs du football.
Dans un environnement professionnel où la communication est extrêmement contrôlée, les conférences de presse sont l'une des rares ouvertures à travers lesquelles les médias tentent de picorer des miettes d'information et, a minima, de humer l'air du temps.
Dans ce cadre, le technicien belge n'a cessé d'offrir, depuis son arrivée en Bavière fin mai 2024, une démonstration de sérénité, de maîtrise, de maturité, de clarté et d'humanité, dans un échange à la fois réfléchi et spontané, toujours constructif, avec des journalistes dont il a toujours respecté la démarche et qui, sur ce plan de la forme tout autant que sur le fond, lui accordent en retour un crédit légitime, généreux et unanime.
Ils ne sont pas les seuls : Kompany, et c'est une vraie rareté historique en Bavière, jouit aussi d'une confiance unanime de ses dirigeants – Il faut en effet se lever de bonne heure pour convaincre, au siège du Bayern, à la fois Uli Hoeness, Karl-Heinz Rummenigge, Herbert Hainer et Jan-Christian Dreesen –, de ses joueurs et de ses supporters, de même que du respect de ses pairs.
Le bonhomme dégage une force tranquille impressionnante qui reflète certes sa personnalité et sa riche expérience de joueur au plus haut niveau mais qui est d'autant plus surprenante qu'à l'origine, il n'a pu débarquer en Bavière que parce que personne, parmi les techniciens ciblés par le club après le départ de Thomas Tuchel, n'avait accepté la mission avant lui. Cette genèse, l'ancien capitaine de Manchester City n'en a cure : il assure ne pas s'appesantir sur le passé et marche effectivement, semaine après semaine, droit devant, vers les objectifs les plus ambitieux, armé d'une exigence dans le jeu qui l'est tout autant.
92 buts en Bundesliga
Le Bayern de Kompany s'est affirmé, de l'avis général, comme l'équipe proposant le meilleur football offensif d'Europe. Avec 92 buts inscrits en 25 matches de championnat, il s'apprête à exploser bien avant le terme de la saison le mythique record de 101 buts, sur les 34 journées que compte l'exercice, établi en 1972 par Gerd Müller et ses congénères. Il l'a encore répété la semaine dernière : "au Bayern, on joue toujours à fond".
C'est du moins ainsi qu'il interprète sa partition et surtout sa mission : à l'opposé de son challenger le plus féroce, Niko Kovac, qui a tout basé à Dortmund sur la stabilité et la culture du résultat au détriment du fond de jeu, Kompany n'entend gagner que par la voie d'un concert offensif particulièrement spectaculaire – sans doute son ancien entraîneur à City, un certain Josep Guardiola, y est-il pour quelque chose.
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Vincent Kompany und Aleksandar Pavlovic
Crédit: Getty Images
Le 24 juillet 2024, alors qu'il dirige ses premiers entraînements et que le scepticisme des joueurs bavarois plane encore vis-à-vis de ce jeune coach qui vient d'arriver, Kompany délivre à sa troupe, dans le vestiaire de Rottach-Egern, au moment d'affronter en amical de pré-saison l'équipe locale, le message suivant : "chaque match est une finale de Ligue des champions !"
Incongrue à ce moment-là aux yeux de certains, la formule ne demandait qu'à infuser. Vainqueur 14-1, le Bayern fut bien loin, ce jour-là, de sa performance de l'année précédente au même endroit (27-0), mais le virus de la gagne et du spectacle était inoculé. Et personne, lorsque le Belge a prolongé fin octobre dernier son contrat jusqu'en 2029, n'y a trouvé quoi que ce soit à redire.
Une tornade de victoires pour un mental fort
Avec Kompany aux commandes, le Bayern déploie un tel volume de jeu que les sorties de route sont particulièrement rares. Une défaite contre Arsenal à Londres (1-3), qui a coûté la première place de la phase de ligue de la C1 au bénéfice des Gunners, ainsi qu'un revers sans conséquence face au voisin d'Augsbourg en championnat (1-2), tels sont les deux seuls accrocs vécus par le Rekordmeister depuis le mois d'août.
De sorte que l'ancien entraîneur peut régulièrement se livrer à son rituel d'après-match : à chaque victoire, il adresse à ses joueurs, dans le vestiaire, un petit discours motivant et gorgé de louanges. Remettre en permanence l'ouvrage sur le métier, l'une des lignes directrices du Bayern, est une attitude naturelle chez Kompany, qui de ce point de vue colle parfaitement à la mentalité de l'institution.
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Les blessures peuvent-elles ruiner la fin de saison de l'OL ?
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Le Belge ne déroge jamais à une autre de ses règles d'or : ne pas critiquer l'une de ses ouailles en public, ni même devant le groupe. Au siège du club, les joueurs passent devant son bureau pour se rendre à la salle de fitness et le coach en prend régulièrement un par l'épaule s'il entend lui faire passer un message individualisé. C'est en diffusant, lors des briefings, des phases de jeu ou des attitudes exemplaires que Kompany veut faire comprendre à un éventuel fautif comment réparer son erreur.
Profitant de la mentalité ultra-professionnelle de ses cadres les plus éminents – Neuer, Kane ou Kimmich –, qu'il prend pour exemple, l'entraîneur propage à tous son exigence de constance sur le court comme sur le long terme. Du style : "Vous menez 3-0 ? Allez chercher le 4e ! C'est en gagnant largement qu'on construit un mental de champion." Et que l'on entame celui des adversaires, partout sur le continent. Sans jamais se chercher d'excuse.
Tantôt rigide, tantôt souple
La panoplie du coach du Bayern ne s'arrête pas à la psychologie pour autant. Ses joueurs s'appuient sur des principes de jeu aussi clairs qu'exigeants. Proposer au gardien, à la genèse des actions, des solutions pour qu'il relance au sol, telle est la mission des défenseurs. Une consigne qui vaut, ensuite, pour leurs coéquipiers, partout sur le terrain : se démarquer pour donner des options au porteur de balle, pour du jeu court comme pour du jeu long.
Se jeter ainsi en permanence dans les espaces nécessite, évidemment, une intense activité et explique que le Bayern apparaît, en Bundesliga cette saison, comme la formation qui court le plus. Contre des adversaires qui défendent bas, le Belge demande à ses joueurs de fréquents renversements de jeu, un art perfectionné par Harry Kane lorsque l'Anglais décroche en position de meneur.
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"On l'a trop stéréotypé" : le foot est-il vraiment devenu "horrible" ?
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Avec Kompany, chaque situation de jeu est travaillée avec exigence et précision, et sa gestion répond à des règles qui dépassent le cadre du terrain. Au Bayern, on assume discipline, ponctualité et altruisme, qui deviennent culturellement source de plaisir : le zèle avec lequel un Harry Kane se plie aux tâches défensives et s'engage dans les duels en est l'illustration la plus ostensible.
Un joueur parmi les plus expérimentés et les plus cotés qui s'arrache pour ses partenaires, même à la dernière minute alors que son équipe mène 9-2 contre le Dinamo Zagreb, la saison passée ? Tout bénéf' pour donner l'exemple aux jeunes talents qui pointent leur nez dans le groupe mais aussi pour entretenir le "flow" parmi les stars.
Un Laimer, un Upamecano, un Kane, un Gnabry sont, sous Kompany, meilleurs qu'ils n'ont jamais été. Et le coach, dès lors, peut ménager à sa troupe, qui apprécie sa loyauté au plus haut point, ces moments de liberté qui sont peut-être ce qu'un footballeur professionnel apprécie avant tout, dès lors qu'il a du temps de jeu. Or, avec un effectif resserré, chacun se sent concerné. Sans doute l'une des clefs du succès.
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