Ligue des champions | Ce PSG - Bayern Munich (5-4), un match à vous réconcilier avec le foot

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Exceptionnel, monumental, colossal : cette fois, les mots ne sont pas galvaudés. La demi-finale aller de Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich, mardi soir (5-4) au Parc des Princes, a dépassé les limites de ce que l'on pouvait imaginer. Il a redonné foi en ce sport et lui a peut-être même ouvert de nouvelles perspectives.

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C'est donc à cela que l'on reconnaît un match d'anthologie ; lorsque tous ceux qui l'ont vécu, supporters, journalistes, entraîneurs et joueurs des deux équipes quittent le stade avec le même sentiment. Celui d'avoir vécu 90 minutes irrationnelles, à vous réconcilier avec un sport que l'on dit stéréotypé, et qui ne produirait plus rien d'autres que des matches que l'on a déjà vus cent fois.
Cette rencontre est à ranger bien précieusement dans le tiroir à souvenirs aux côtés, par exemple, des grands Clasicos. Ceux-ci nous avaient éblouis par leur qualité technique et leur niveau d'intensité. Et pourtant, le jeu s'est tant accéléré depuis quinze ans que l'on en vient à se demander si cette demi-finale aller de Ligue des champions ne fait pas office de nouvelle référence pour ce qu'est le football dans sa plus pure essence. Avec, il est vrai, une dimension dramaturgique en moins, puisqu'elle n'a pas vraiment fait avancer le schmilblick quant à l'issue de la double confrontation.
Mais il y avait tout le reste : le scénario sens dessus dessous, un stade devenu incandescent, des joueurs prêts à tout, et surtout à offrir le meilleur, pour marquer. C'était une ode à la prise de risques, une soirée pour les artistes, pour des musiciens qui jouaient toujours juste. C'était à la fois un combat de boxe et un match de ping pong. Et c'est peut-être pour cela que l'on a vu certains joueurs finir sur les genoux au coup de sifflet final.

Et s'il y avait un avant et un après ?

"Je suis tellement fatigué alors que je n'ai pas couru le moindre kilomètre", a soufflé Luis Enrique, marqué physiquement par ce match, après la rencontre. Face à lui, il avait un parterre de journalistes émerveillés et, il faut bien le dire, reconnaissants. "Je dois avouer que sur le trajet qui m'a mené jusqu'à cette salle de conférence, on me l'a beaucoup dit [qu'il s'agissait d'un match d'anthologie, NLDR]. Mais je n'ai pas tout de suite réalisé. Je me dis aussi que j'ai de la chance que ce n'était pas une finale, parce qu'on l'aurait perdue sur ce match magnifique."
Cela aurait au moins permis de ne pas se torturer l'esprit pour classer cette rencontre parmi les plus exceptionnelles de l'histoire de la Ligue des champions. Comme on le fait pour une œuvre d'art, il faudra la voir et la revoir, pour mesurer la grandeur de ce qu'ont réussi Khvicha Kvaratskhelia, Harry Kane, Ousmane Dembélé, Michael Olise, Luis Diaz et tous les autres.
Mardi soir, on a quitté le Parc des Princes avec la certitude de ne jamais avoir assisté à cela, et avec la gourmandise d'y regoûter dans tout juste une semaine. Aucune autre équipe que le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich ne peut réussir ce que ces deux références ont produit, ensemble. En cela, cette double confrontation là marquera peut-être un avant et un après. Mercredi matin, les autres géants d'Europe se réveilleront en constatant qu'il n'y a de la place que pour le talent, le jeu, l'envie et l'excellence. C'était un match à tirer tout le foot vers le haut.
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