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Ligue des champions | Finale | Thierry Henry :"Ça va être une soirée horrible pour moi"
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Mis à jour 28/05/2026 à 10:17 GMT+2
Consultant pour CBS Sports, diffuseur américain de la finale de Ligue des Champions ce samedi, Thierry Henry, légende d'Arsenal et de l'équipe de France, s'est confié lors d'une visioconférence avec des médias internationaux, avant un choc au parfum particulier : celui entre son club de cœur et le PSG, le club de la région parisienne qui l'a vu grandir.
Le PSG archi favori ? "Je pense qu'il y a un manque de respect pour Arsenal"
Video credit: Eurosport
Par Maxime Aubin
Que ressentirez-vous samedi au moment de couvrir ce match si décisif dans l'histoire d'Arsenal ?
Thierry Henry : Je n'ai pas peur de dire que ça va être une soirée horrible pour moi. D'habitude, quand je me rends à des finales de Ligue des Champions, mon équipe n'y est pas. Je suis très détendu, peu importe ce qu'il se passe, je fais mon travail, je regarde le match normalement, sans arrière-pensée. Ça va être complètement différent cette fois-ci. Je vais évidemment rester professionnel dans ce que j’ai à faire, mais sans mentir, je me sentirai totalement différent après le match, selon qu'ils auront gagné ou perdu.
Peut-on parler d’opposition entre la Belle et la Bête, entre ce PSG si flamboyant offensivement et un Arsenal plus pragmatique et défensif ?
T.H. : Tout dépend de quel côté on se place, et de ce que l'on considère comme la Belle ou la Bête. Certains aiment contrôler le jeu sans ballon, d'autres préfèrent le contrôler avec, et réagir immédiatement pour le récupérer dès qu'ils le perdent. J'ai vu des équipes réussir dans les deux styles. Il faut nuancer cette image, tout est question de préférences.
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Thierry Henry celebrates at the Bernabeu in 2006.
Crédit: Getty Images
Et vous, qu'est-ce que vous préférez ?
T.H. : Mon avis n'a aucun intérêt.
Le PSG, tenant du titre au jeu spectaculaire, pourrait-il prétendre au statut de plus grand club européen de l'histoire en cas de nouveau sacre ?
T.H. : Je ne comprends pas pourquoi les gens aiment tant comparer et chercher le plus grand parmi les grands. Ce sur quoi je serais d'accord, c'est que c'est une équipe très agréable à regarder, très compétitive dans les deux phases de jeu. C'était difficile pour eux en cours de saison, ils avaient beaucoup de blessés et une régularité difficile à trouver. Mais quand tout le monde est disponible et que l'équipe peut s'exprimer pleinement, ce que Luis Enrique a accompli est tout simplement remarquable. Je vous laisse décider qui est le plus grand dans l'histoire. Mais ce que je reconnais, comme tout le monde, c'est que le PSG est exceptionnel dans sa façon de jouer.
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"Arsenal champion, pas sûr que ça rende un fier service au PSG"
Video credit: Eurosport
Mikel Arteta a essuyé des critiques depuis son arrivée sur le banc d'Arsenal en 2019, certains doutaient qu'il soit l'homme de la situation. Êtes-vous heureux qu'il ait finalement prouvé que la patience paie, lui qui vient d'offrir aux Gunners leur premier titre de champion d'Angleterre depuis 22 ans ?
T.H. : Il ne s'agit pas de faire taire les critiques. Les gens jugent ce qu'ils voient, et ils ont le droit de le faire. Il nous a fallu sept ans et des investissements importants pour réussir à performer. Si vous regardez certains clubs aujourd'hui, ils ne laissent pas ce temps à leur entraîneur de montrer ce dont il est capable. Rien ne se construit du jour au lendemain. Mikel Arteta a eu ce temps et l'argent nécessaire pour aller chercher les joueurs qu'il souhaitait. On lui a donné les moyens. Et aujourd'hui, il répond présent. Et les gens le reconnaissent, ce qui est très bien.
À quel point le joueur que vous avez été a-t-il été façonné par ces deux cultures : celle de vos débuts dans des clubs de la région parisienne, et celle de votre épanouissement professionnel à Arsenal dans le championnat anglais ?
T.H. : Mon ADN est français, c'est là que tout a commencé, là que j'ai appris le football. Je suis passé par Clairefontaine, et on connaît la qualité de cette formation. Ensuite, quand j'arrive en Premier League, après un passage à la Juventus, c'est un monde complètement différent. Beaucoup de gens parlent du french flair, de cette élégance propre aux joueurs européens qui a transformé le championnat anglais. Mais pour ma part, c'est le mélange de ces deux cultures qui m'a rendu meilleur, et qui nous a rendus meilleurs collectivement, comme l'ont été Zola, Gullit, Cantona, Ginola, et tant d'autres.
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Mikel Arteta, Arsene Wenger
Crédit: Getty Images
Que gardez-vous de la finale perdue 2-1 par les Gunners face à Barcelone en mai 2006, avec ce carton rouge en début de match ? (NDLR : le gardien allemand Jens Lehmann avait été expulsé après 18 minutes). Est-ce un souvenir douloureux qui vous laisse des regrets ?
T.H. : Non, je ne vois pas les choses comme ça. Quand on pense aux finales, que ce soit la Coupe du Monde 2006 (défaite aux penalties face à l’Italie) ou n'importe quelle finale perdue, on se dit toujours : "J’ai perdu celle-ci, certes, mais j'en ai quand même gagné d'autres." On ne revient pas sur ce qui aurait pu se passer. C'était un fait de match d’être contraint de jouer contre Barcelone, sans être favori, à dix après seulement quelques minutes. Mais on ne peut pas revenir en arrière. Aujourd'hui, j'espère juste que, si Arsenal arrive à remporter la C1, ils entreront dans l'histoire comme les inoubliables (the unforgettables). Parce qu'on n'a évidemment jamais remporté ce trophée.
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