Eurosport
Ligue des champions I Bayer Leverkusen - PSG (3e journée) : C’était mission impossible : comme le Werkself s’est remis en route
Par
Mis à jour 21/10/2025 à 11:22 GMT+2
Dévitalisé par le départ, l'été dernier, de son entraîneur vedette Xabi Alonso et d'innombrables cadres du son effectif, déstabilisé par le limogeage dès la 2e journée de championnat d'Erik ten Hag, le Bayer Leverkusen, champion d'Allemagne 2024, a retrouvé, depuis l'arrivée comme coach du Danois Kasper Hjulmand, la voie de la raison... et du succès, avant de défier le PSG en Ligue des champions..
Le Bayer Leverkusen commence à digérer le départ de Xabi Alonso depuis l'arrivée de Kasper Hjulmand
Crédit: Getty Images
Par David Lortholary
Votre mission, si vous l'acceptez, sera d'initier le rebond après le départ de l'entraîneur qui a mené le club au premier titre de champion d'Allemagne de son histoire, qui l'a conduit à une saison sans la moindre défaite sur la scène nationale – sertie d'un doublé Coupe-championnat et d'une finale européenne –, et qui s'en est allé avec la plupart des cadres de l'effectif – le gardien Lukas Hradecky, le chef de la défense Jonathan Tah, ses acolytes Piero Hincapie et Odilon Kossounou, l'insaisissable piston droit Jeremie Frimpong, le métronome Granit Xhaka, le virtuose milieu offensif Florian Wirtz, l'ailier gauche Amine Adli ou le puissant avant-centre Victor Boniface. Mission, évidemment, impossible.
C'est le Néerlandais Erik ten Hag qui s'y est collé... et cassé les dents en un temps record. Jamais un entraîneur de Bundesliga n'avait dû jeter l'éponge après deux journées seulement. Mais l'ancien coach à succès de la réserve du Bayern n'a jamais fait émerger le moindre concept de jeu et surtout jamais pu faire passer son message, ni vers le haut – ses dirigeants l'ont laissé s'enfoncer dans la gestion de la prolongation de l'emblématique capitaine suisse Xhaka qui, actant l'inexorable dysharmonie, s'est finalement envolé vers l'Angleterre, plombant le crédit de son entraîneur –, ni vers le bas – la philosophie professorale de ten hag, ressentie comme d'un autre siècle, s'est dissoute dans les vapeurs du vestiaire. sans atmosphère, sans feeling, sans alchimie, son bail était voué à l'échec.
un discours de 20 minutes
Le bilan ? Une défaite inaugurale à domicile face à Hoffenheim (1-2) où, tel un soulier neuf, le Bayer a ostensiblement manqué de souplesse, de fluidité et de rythme – rien que de très normal après le ravalement de fond en comble de son effectif durant l'été – puis un nul rocambolesque et frustrant à Brême (3-3) où, en supériorité numérique pendant plus d'une demi-heure, le vice-champion d'Allemagne 2025 a laissé échapper dans le dernier quart d'heure un avantage de deux buts. Dans la tête du directeur sportif Simon Rolfes et de son président Fernando Carro, la décision était déjà prise : changer d'entraîneur au plus vite pour éviter que la situation n'empire et que le Bayer ne s'enfonce dans l'impasse.
De XL à la base, le chantier est passé à XXL puisqu'il a fallu recréer une harmonie alors que toute la préparation, plus deux journées de l'exercice 2025-2026, étaient passées. Hjulmand, pris par le temps, l'a jouée rationnel. Pas question de mener dans l'immédiat des discussions en tête-à-tête avec chacun. Le Danois, débarqué au bord du Rhin quelques dizaines d'heures avant le prochain match de sa nouvelle équipe, a réuni tout le monde d'un coup, staff compris, et tenu un discours d'une petite vingtaine de minutes. Qui visiblement a porté instantanément ses fruits : en battant l'épouvantail Francfort à la 3e journée (3-1), le Bayer a enfin lancé sa saison. Non sans jouer des coudes : il a terminé le match avec deux expulsions (Robert Andrich et Ezequiel Fernandez) !
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/10/06/image-cdfd0f38-b8d4-4f36-bf64-968f718e8d56-85-2560-1440.jpeg)
"Carragher a raison, Liverpool ne pourra pas être champion avec cette défense"
Video credit: Eurosport
Confiance et discipline
Leverkusen, sur cette partie, a largement improvisé : misant sur l'état d'esprit défensif, il a procédé par contre et abandonné, au moins provisoirement, le jeu de possession. Pour la première fois de la saison, les nombreuses recrues ont semblé jouer ensemble et former une unité, à défaut d'un inébranlable monolithe. Les mots-clefs martelés par le quinquagénaire danois : confiance et discipline. Sa base de travail et de progression. Confiance en soi, en son coéquipier, en une idée de jeu, en son staff. Discipline à chaque action, sur et en dehors du terrain. Effort défensif systématique. Mouvement collectif. Engagement total. À écouter les confidences des joueurs, ces fondamentaux avaient manqué durant le court mandat d'Erik ten Hag. Hjulmand a remis le courant.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/10/18/image-e2659d67-7123-45e7-a7c1-e40f7a9f3718.jpeg)
Mainz 05 - Bayer Leverkusen
Crédit: Getty Images
Si les rebondissements de la série cinématographique "Mission impossible" se jouent souvent à la fraction de seconde près, le Bayer, comme Tom Cruise et ses acolytes, n'est pas totalement dans l'improvisation non plus. Le technicien danois avait rassemblé de précieuses informations avant son arrivée, par téléphone, avec le directeur sportif Simon Rolfes. Avait visionné et revisionné des vidéos fournies par les analystes maison, sur les joueurs individuellement mais aussi sur les forces et les faiblesses de l'équipe sur le terrain. Dès la première séance d'entraînement, il savait où il voulait aller. Articulant le onze autour d'un axe fort : le gardien Mark Flekken, le défenseur Loïc Badé, le milieu défensif Exequiel Palacios et l'avant-centre Patrik Schick. Renforçant cette colonne vertébrale par des flancs musclés et expérimentés, les Espagnols Alejandro Grimaldo à gauche et Lucas Vazquez à droite. Avec ces six-là, le Danois dispose d'une pétoire sur laquelle il peut s'appuyer les yeux fermés.
L'esprit de Xabi Alonso
L'ancien entraîneur de Mayence – où, il y a dix ans, il n'a pas laissé un souvenir impérissable – n'est pas idiot : il a conscience qu'au Bayer, on n'oubliera pas de sitôt les exploits de Xabi Alonso. Il n'a pas l'intention de les jeter aux oubliettes. Ses entraînements sont chargés d'un abondant jeu de passes aux trajectoires franches et identifiées. Leur généalogie n'est pas un hasard : un an avant l'arrivée de Xabi Alonso, en 2021, et sur conseil de Hjulmand lui-même, Simon Rolfes avait recruté comme entraîneur adjoint Ismael Camenforte Lopez, qui a rejoint depuis le Basque à Madrid. Lopez avait filé un coup de main au Danois lorsque ce dernier dirigeait l'équipe nationale, ou plutôt avait aiguisé son expertise en matière de méthodes d'entraînement auprès du Scandinave.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/10/16/image-5f20e3ec-3586-4f61-9008-c99ff41d0ec3.jpeg)
Alejandro Grimaldo
Crédit: Getty Images
Visiblement, l'alchimie fonctionne. Le Bayer de Hjulmand est invaincu – 4 victoires, 3 nuls – et est revenu dans le top 5 de la Bundesliga, à deux points de la 2e place. Il serait prématuré de parler de fluidité mais l'état d'esprit, lui, est bien là. Hjulmand, qui ne voit pas l'intérêt d'attendre 2026 pour être ambitieux, parle même de titre. Avec une tête de gondole : Alejandro Grimaldo. L'Espagnol, déjà essentiel dans le dispositif de Xabi Alonso, est devenu fondamental pour son club. Exemplaire en défense, mordant dans ses interventions, il laisse parler sa classe dans le domaine offensif, multipliant buts et passes décisives. À 30 ans, Grimaldo est meilleur que jamais et fait office, plus ostensiblement encore que Schick, moins régulier, de trait d'union entre les anciens et les nouveaux.
Les paris du recrutement
Le Bayer, concernant ces derniers, a fait quelques paris mais n'a pas dépensé les 200 M€ disponibles n'importe comment : le défenseur central international anglais U21 Jarell Quansah, dans le profil de Jonathan Tah – puissance et technique –, est notamment arrivé de Liverpool pour 30 M€ environ. Le contrat s'étend sur cinq saisons, même si les Reds peuvent rapatrier le joueur dès 2027 moyennant 60 M€. En matière de défense, Mark Flekken, l'excellent gardien international néerlandais de Brentford, 32 ans, avait été préalablement le premier renfort du Werkself, moyennant environ 10 M€. Deux exemples qui témoignent que le vice-champion d'Allemagne cherche clairement le mix entre présent et avenir pour tenter de se maintenir au sommet. La mission, décidément, ne semble pas si impossible.
Sur le même sujet
Plus de détails
Bayer Leverkusen
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/sport/football/club/logo/300/4452.png)
2
7
Paris Saint-Germain
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/sport/football/club/logo/300/4094.png)
Commenté
Publicité
Publicité